Extrait du livre « L’estomac des favélas » de Souleymane Boel

La marginalisation est rarement le choix d’un individu, mais plutôt le sort que peut réserver une société qui organise le racisme et la misère des autres.

Ce processus de séparatisme social est profondément dangereux car il enracine les esprits à la frustration du rejet en les rendant fertile à l’éclosion de la haine jusqu’à ce qu’elle finisse par germer.

La première favela fut construite à Rio de Janeiro en 1897 à la suite d’une guerre où des soldats avaient combattu durant la guerre de Canudos, par la suite ces habitations collectives furent habitées en grande majorité par des afro-descendants brésiliens en raison de la marginalisation et le rejet que leur infligea la société brésilienne.

La favéla la plus grande de Rio est la Rocinha dans laquelle se déroule l’histoire qui va suivre.

Ce quartier pauvre se situe entre les quartiers aisés de Sao Conradao et Gaéva.

Tous les systèmes ségrégatifs fabriquent des théâtres pour la violence dont ses victimes finissent par en devenir un jour les spectateurs.

Un gouvernement corrompu n’est que le moule d’une génération sacrifiée laissée à l’abandon au bord d’un gouffre social.

Il n’y a pas de construction sociale saine lorsqu’un système criminalise ou ne fait que sous représenter des individus en fonction de leurs couleurs de peaux, ou de leurs indigences.

Le danger d’une société nourri par un racisme culturel est qu’elle freine toutes interactions des populations qui en sont les victimes en ne fait que programmer une révolte inévitable.

Lorsqu’on se penche sur la plupart des victimes des violences policières majoritairement noires on en déduit rapidement qu’ils proviennent d’un mécanisme d’exclusion sociale mis en place par la société brésilienne depuis la fin de l’esclavage.

Les poncifs ne sont que des raccourcis pour

Chaque bidonville qui peut exister à travers le monde nous ramène à la réalité brute que chaque exclu par une société a dû devoir être un architecte et un maçon pour avoir un toit sur la tête.

Au Brésil la violence fait parti du quotidien de la population pauvre ou dans ce pays l’héritage d’un passé esclavagiste persiste à exclure plutot qu’à intégrer ses minorités pour en faire des citoyens à part entière.

Lorsqu’on fouille dans le passé du Brésil on constate nous trouvons qu’il est le premier pays esclavagiste d’Amérique,et la dernière nation du continent à décréter l’abolition de l’esclavage en date du 13 mai 1888.

Au Brésil la police est l’une des plus meurtrières au monde.

À Rio on ne compte plus les morts violentes qu’a laissées sa police.

Il est évident que la pacification des favélas ne peut durer par une répression sanglante ou des innocents perdent leurs vies.

Dans la société brésilienne le nombre d’assassinats des jeunes hommes noirs révèle une véritable hécatombe.

Dans cette société inégalitaire la corruption des valeurs humanistes a toujours garantie l’impunité des coupables et la condamnation d’innocents.

Écorchée par des siècles d’esclavage, la société brésilienne reste profondément inégalitaire et violente pour les plus pauvres.

Sa violence s’explique à travers le rejet de ses minorités et le souvenir de l’esclavage.

Les souillures des drames historiques comme l’esclavage et la colonisation n’ont pas épargné les mentalités des dirigeants des sociétés actuelles.

De nombreuses dérives sanglantes ont démontré qu’un État qui protège les crimes de sa police fait qu ‘automatiquement le bas peuple n’a plus la garantie de pouvoir être convenablement protégé par des hommes ayant fait le choix de tuer des innocents ou de de rester coéquipier avec des criminels.

La criminalisation des individus noirs et de leurs lieux d’habitation représente l’une des facettes du racisme structurel brésilien.

Au Brésil les pauvres sont confinés entre-eux, préts à subir les tirs croisés par une équipe de la police ou une bande de narcotrafiquants.

L’Etat brésilien utilise depuis des années sa police comme des chiens d’attaques sur les habitants des favélas.

Les violences policières au Brésil font partie des plus violentes à travers le monde.

À Travers cette histoire j’ai souhaité démontré qu’un État qui impose une culture institutionnelle de la violence en défendant l’impunité des dérives de sa police ne fait que souffler sur des braises mais en offrant son briquet à un pyromane.

En festoyant avec les fonds publics détournés, les voleurs de cet état ont toujours privés les sans abris de logements, les pauvres de repas, et les misèreux d’une insertion dans la société.

Dans les pays aux régimes politiques fascistes produisant les plus grandes inégalités on peut y retrouver les mêmes processus d’exclusion à caractère ethnique pour y maintenir les sous-prolétariats de ces minorités socialement assassinés par ces institutions.

Le monde politique est rempli de donneurs de leçons de morale, de muets volontaires quand il s’agit de dénoncer ceux qui piétinent les droits des hommes pauvres.

Il y a dans l’accusation permanente des indigeants par les élites un évident stratège consistant à les annihiler et ainsi subtilement détourner l’opinion publique des véritables coupables de leurs situations.

Le monde politique est malheureusement truffé de mauvaises personnes ayant commencé par tuer leurs morales avant de tuer l’avenir sociale des plus démunis .

Une meute de loups affamés ne s’intéressent pas aux légumes d’un potager tous comme des élus délinquants ne s’intéressent pas aux sorts des pauvres qui attendent un changement de leurs situations.

La vérité est une ordonnance à prescrire pour soigner la désynchronisation des politiques publiques sur la réalité sociale des zones des classes populaires et de la corruption dont le corps policier est profondément affecté.