Extrait du livre « L’estomac des favélas » de Souleymane Boel

La marginalisation est rarement le choix d’un individu, mais plutôt le sort que peut réserver une société qui organise le racisme et la misère des autres.

Ce processus de séparatisme social est profondément dangereux car il enracine les esprits à la frustration du rejet en les rendant fertile à l’éclosion de la haine jusqu’à ce qu’elle finisse par germer.

La première favela fut construite à Rio de Janeiro en 1897 à la suite d’une guerre où des soldats avaient combattu durant la guerre de Canudos, par la suite ces habitations collectives furent habitées en grande majorité par des afro-descendants brésiliens en raison de la marginalisation et le rejet que leur infligea la société brésilienne.

La favéla la plus grande de Rio est la Rocinha dans laquelle se déroule l’histoire qui va suivre.

Ce quartier pauvre se situe entre les quartiers aisés de Sao Conradao et Gaéva.

Tous les systèmes ségrégatifs fabriquent des théâtres pour la violence dont ses victimes finissent par en devenir un jour les spectateurs.

Un gouvernement corrompu n’est que le moule d’une génération sacrifiée laissée à l’abandon au bord d’un gouffre social.

Il n’y a pas de construction sociale saine lorsqu’un système criminalise ou ne fait que sous représenter des individus en fonction de leurs couleurs de peaux, ou de leurs indigences.

Le danger d’une société nourri par un racisme culturel est qu’elle freine toutes interactions des populations qui en sont les victimes en ne fait que programmer une révolte inévitable.

Lorsqu’on se penche sur la plupart des victimes des violences policières majoritairement noires on en déduit rapidement qu’ils proviennent d’un mécanisme d’exclusion sociale mis en place par la société brésilienne depuis la fin de l’esclavage.

Les poncifs ne sont que des raccourcis pour

Chaque bidonville qui peut exister à travers le monde nous ramène à la réalité brute que chaque exclu par une société a dû devoir être un architecte et un maçon pour avoir un toit sur la tête.

Au Brésil la violence fait parti du quotidien de la population pauvre ou dans ce pays l’héritage d’un passé esclavagiste persiste à exclure plutot qu’à intégrer ses minorités pour en faire des citoyens à part entière.

Lorsqu’on fouille dans le passé du Brésil on constate nous trouvons qu’il est le premier pays esclavagiste d’Amérique,et la dernière nation du continent à décréter l’abolition de l’esclavage en date du 13 mai 1888.

Au Brésil la police est l’une des plus meurtrières au monde.

À Rio on ne compte plus les morts violentes qu’a laissées sa police.

Il est évident que la pacification des favélas ne peut durer par une répression sanglante ou des innocents perdent leurs vies.

Dans la société brésilienne le nombre d’assassinats des jeunes hommes noirs révèle une véritable hécatombe.

Dans cette société inégalitaire la corruption des valeurs humanistes a toujours garantie l’impunité des coupables et la condamnation d’innocents.

Écorchée par des siècles d’esclavage, la société brésilienne reste profondément inégalitaire et violente pour les plus pauvres.

Sa violence s’explique à travers le rejet de ses minorités et le souvenir de l’esclavage.

Les souillures des drames historiques comme l’esclavage et la colonisation n’ont pas épargné les mentalités des dirigeants des sociétés actuelles.

De nombreuses dérives sanglantes ont démontré qu’un État qui protège les crimes de sa police fait qu ‘automatiquement le bas peuple n’a plus la garantie de pouvoir être convenablement protégé par des hommes ayant fait le choix de tuer des innocents ou de de rester coéquipier avec des criminels.

La criminalisation des individus noirs et de leurs lieux d’habitation représente l’une des facettes du racisme structurel brésilien.

Au Brésil les pauvres sont confinés entre-eux, préts à subir les tirs croisés par une équipe de la police ou une bande de narcotrafiquants.

L’Etat brésilien utilise depuis des années sa police comme des chiens d’attaques sur les habitants des favélas.

Les violences policières au Brésil font partie des plus violentes à travers le monde.

À Travers cette histoire j’ai souhaité démontré qu’un État qui impose une culture institutionnelle de la violence en défendant l’impunité des dérives de sa police ne fait que souffler sur des braises mais en offrant son briquet à un pyromane.

En festoyant avec les fonds publics détournés, les voleurs de cet état ont toujours privés les sans abris de logements, les pauvres de repas, et les misèreux d’une insertion dans la société.

Dans les pays aux régimes politiques fascistes produisant les plus grandes inégalités on peut y retrouver les mêmes processus d’exclusion à caractère ethnique pour y maintenir les sous-prolétariats de ces minorités socialement assassinés par ces institutions.

Le monde politique est rempli de donneurs de leçons de morale, de muets volontaires quand il s’agit de dénoncer ceux qui piétinent les droits des hommes pauvres.

Il y a dans l’accusation permanente des indigeants par les élites un évident stratège consistant à les annihiler et ainsi subtilement détourner l’opinion publique des véritables coupables de leurs situations.

Le monde politique est malheureusement truffé de mauvaises personnes ayant commencé par tuer leurs morales avant de tuer l’avenir sociale des plus démunis .

Une meute de loups affamés ne s’intéressent pas aux légumes d’un potager tous comme des élus délinquants ne s’intéressent pas aux sorts des pauvres qui attendent un changement de leurs situations.

La vérité est une ordonnance à prescrire pour soigner la désynchronisation des politiques publiques sur la réalité sociale des zones des classes populaires et de la corruption dont le corps policier est profondément affecté.

Publicités

Extrait du livre « L’estomac des favélas » de Souleymane Boel

« si tu ne nous avais pas abandonner rien de tout cela ne serait arrivé.
Maman a complètement disjoncté à ton départ. Elle est devenue dépressive et s’est mis à taper dans la coke. En cherchant à t’oublier elle a viré vers tous les excès possibles. Elle a utilisé la drogue pour compenser ton absence.
Quelque temps après l’enterrement de maman j’ai vu Gaeliano mourir sous mes yeux.
Pourtant il t’a toujours écouté tes conseils en se tenant à l’écart des propositions d’embauche des dealers du quartier.
À l’instant où il est parti c’est un homme inconnu qui m’a serré dans ses bras au lieu de mon propre père. »
« je regrette Carlos je comprend que tu puisses ne jamais me pardonner.
je ne peux que te dire cela.
je pensais pas que mon éloignement aurait pu engendrer tout cela.
Je voulais réussir et revenir vous faire changer de vie.
J’étais parti pour me faire du fric pour vous en bossant pour une chanteuse américaine.
Je comptais partir et revenir pour vous assurer un avenir. »
« Un avenir!
Hé bien c’est raté en nous tournant le dos pour une pute c’est la rue qui nous a pris dans ses bras.
En partant pour cette fille fortunée je pense que tu ne t’attendais pas à revoir un de tes fils avec une arme dans la main en train d’exploser le crâne du plus gros trafiquant de la ville?
Sèche tes larmes cela ne serre à rien de pleurer. Tu sais je n’aurais jamais pensé tuer quelqu’un je ne suis qu’un enfant qui ne sait à peine ce qu’est la vie.
Tu es la seule personne qui me reste, j’espère que tu t’en rend compte et que tu ne m’abandonneras plus. »
Extrait du livre: « l’estomac des favélas »

Auteur: Souleymane Boel
Sortie prévue courant 2019
Inchaa’Allah

Résumé du livre « L’estomac des favélas » de Souleymane Boel

Résumé du livre «L’estomac des favelas» Évadé de prison depuis deux ans et usé par le rythme de son passé d’écorché vif par deux années de cavale après sa fuite d’une centrale pour le crime du meurtrier de son frère. Alejandro vient enfin d’obtenir ses faux papiers lui permettant d’obtenir sa nouvelle identité. Après une rencontre avec une hôtesse de l’air il décide de tenter un dernier coup pour s’enfuir loin au soleil pour trouver une sérénité qu’il n’a jamais eue. Après un braquage éclaire d’une vente privée il réussit avec sang-froid à rafler 200 000 euros à un commissaire-priseur. Deux jours plus tard il s’envole pour Rio après avoir fixé un rendez-vous avec sa nouvelle petite amie qu’il lui a garanti pouvoir facilement rapatrier les fonds du braquage par le biais d’un pilote d’avion de sa compagnie aérienne. Seulement le jour du rendez-vous la jeune femme demeure absente et durant une attente insoutenable il devient le témoin d’une tentative d’homicide d’un caïd ou un gosse ramasse une rafale de balles perdues l’obligeant à prendre la fuite avec le frère de la victime dans l’une des plus grandes favelas de Rio.

Extrait du livre « L’estomac des favélas  » de Souleymane Boel

Extrait du livre « L’estomac des favélas  » de Souleymane Boel

-« Faire confiance ça peut coûter cher Marco. »
Cette phrase que lui avait dite Bobby le yougoslave en tentant de le dissuader de faire confiance à Olivia résonna dans sa tête presque aussi fort que le haut-parleur d’un flic souhaitant s’adresser à un preneur d’otages retranché dans une baraque.
En taule il lui avait dit que son ex-femme l’avait balancé aux flics pour trafic d’armes international.
Cela pouvait expliquer la répétition de son conseil.
Néanmoins tous sembla louche à Marco une fois arrivée au point de rendez-vous fixé avec elle et l’attente sous la chaleur ne faisait que dissoudre son espérance et commencer à lui laisser croire qu’il venait de se faire salement entuber.
L’amour tous comme l’argent peut rendre très vulnérable.
Sous des petites gorgées de son troisième verre de diabolo menthe il se mit à repenser à son court passé de voyous après avoir entendu les deux types assis au coin d’une table se disputer entre eux:
« Sale petit fils de pute tu crois que je ne t’ai pas vu regarder à travers le reflet du miroir de derrière mon jeu de cartes. »
L’homme rigola jusqu’à finir par se racler la gorge.
« Oh tu ne vas pas commencer à faire chier.
On joue pour le plaisir pas pour le fric aujourd’hui.»
-« Ouais mais attend je viens de me rendre compte d’un truc à chaque fois qu’on jouait pour du fric je comprends mieux pourquoi tu insistais pour t’asseoir ici.
c’était en fait une stratégie pour me niquer mon fric. »
-« Hé bah bravo tu viens de comprendre que maintenant que depuis plus deux ans j’utilise cette technique.
Tu ne peux pas t’imaginer tout ce que ce petit miroir m’a fait gagner comme fric. »
« Tu as de la chance raclure que j’ai oublié mon flingue chez moi sinon je t’aurais buté en finissant ton verre. » « Oh relax il y a assez de personnes comme ça qui veulent me faire la peau ici.
Tu ne vas pas t’y mettre.
Pas plus tard qu’avant-hier Thiago a fait envoyer un petit chez ma sœur avec un paquet d’argent en lui disant que c’était pour le financement de mes obsèques parce qu’il comptait me buter avait la fin de la semaine.
Tiens-je te le file parce que je n’ai pas envie qu’on s’embrouille à cause du fric. »
L’homme déposa une liasse de fric sur la table.
-« tiens prend-les ça m’a fait un petit pincement au cœur de t’avoir fourré durant tout ce temps » « parce que tu as un cœur toi?
Hé si Thiago tiennes paroles dans quel cercueil on va t’enterrer?
Il n’y a que moi à qui ta famille pourra demander du fric car tu sais aussi bien que moi que tu as arnaqué presque toute la ville de Rio.» «Ouais mais ce n’est vraiment pas ce que j’ai fait de pire.
Ma conscience s’est éteinte lorsque je suis tombé accroc aux jeux d’argent.
si je commence à rentrer dans les détails de ma vie je vais t’obliger à retourner chez toi et devancer Thiago.
Alors dis-moins juste ce que tu veux boire parce que je compte payer ma tournée. » « Tu es complètement dingue tu le sais?
Thiago veut te faire la peau et tu viens ici jouer encore aux cartes.
Tu es complètement ravagé du ciboulot c’est pour ça que j’aime rester avec toi. » « Dis-moi ce que tu veux boire Thiago sait que je viens régulièrement ici.
Alors on finit nos verres et on décampe.»
Drôle d’endroit pour des retrouvailles et récupérer une grosse somme d’argent.
Plus le temps pouvait passer et plus Marco avait des raisons de se dire: et si au final ce rendez-vous n’était pas juste un crapuleux guet-apens tendu pour le faire liquider et ensuite permettre à cette femme de continuer sa vie comme s’il ne s’était jamais rencontré .
Évidemment qui allait réclamer la dépouille d’un braqueur en cavale venu à Rio sous une fausse identité?
Absolument personne!
Ce doute grossi au fil des minutes comme un gâteau truffé de levure dans un four et l’instinct de survie de Marco ne cessaient de faire résonner une question dans les couloirs de la prison de ses pensées:
« Hé mais pourquoi tu te casses pas? »
Mais pour aller où ?
L’amour peut conduire loin une personne pour une autre et la raison vous dire qu’il s’agit d’un cul-de-sac.
La conversation de ses deux vieux gangsters assis aux coins d’une table poussa Carlos à commencer à penser à réfléchir à un plan B.
Extrait du livre « l’estomac des favélas »
Auteur: Souleymane Boel
Sortie prévue 2019

Extrait du livre « L’estomac des favélas » de Souleymane Boel (le mal de l’air)

Extrait du livre « L’estomac des favélas » de Souleymane Boel (le mal de l’air)

L’ amour comme la haine est souvent fusionnel et instantané.
Ces deux sentiments sont comme un sachet de thé qu’on immerge dans une tasse d’eau bouillante.
Ils ne tardent jamais à laisser leurs saveurs apparaitre pour laisser le gout dans l’eau de leurs saveurs
L’amour ne prévient pas il peut venir âprement comme une tempête de sable et vous emporter en vous empêchant d’ouvrir les yeux.
À son retour de Rio ils se sont revu.
Elle lui a laissé un message sur son portable et il l’a rappelée aussitôt dans la foulée pour fixer un rendez-vous avec elle dans une chic glacerie en plein coeur de Paris.
Leur première rencontre eut lieu chez chez Raimo Glacier.
Il n’était pas question pour lui de la ramener dans un endroit qui n’était pas à la hauteur de son élégance.
Il a commencé par faire plus ample connaissance avec elle en déclenchant son rire très rapidement en laissant sa glace fondre tellement il fut absorbé par les anecdotes burlesques qu’elle avait eues à son travail d’hôtesse de l’air:
– «Toi! Tu dois avoir un paquet d’histoires à me raconter sur toutes les allées retour Paris-Rio que tu as pu faire?
J’aimerai biens que tu me racontes des histoires croustillantes de dingues que tu as pu vivre.
Ça m’intéresse beaucoup à savoir pourquoi une aussi jeune et belle hôtesse de l’air est déjà blasée de son travail?»
-«Oh c’est facile à comprendre.
Mais quel genre de situation?»
-«Je ne sais pas un jour où tu t’es dit: franchement j’aurais mieux fait de ne pas embarquer dans cet avion.»
-«J’ai deux anecdotes que je n’oublierai jamais de ma vie qui furent un véritable cauchemar pour les passagers qui prirent le même vol que moi. L’avion dans lesquel j’étais s’est retrouvé dans très grande tempête avec des vents très forts avant d’arriver sur Paris.
Au point que les gens criaient et hurlaient en voyant les plateaux déjeuner tourbillonner dans l’avion comme des feuilles mortes emportées par une tornade jusqu’à ce que la secousse fasse perdre le dentier d’une vieille dame après un choc brutal.
La vieille dame était une diplomate à la retraite et nous a demandés à ceux qu’on lui retrouve son dentier. On a dû le chercher pendant une demi-heure avant le retrouver à dix mètres de son siège à l’intérieur sous un plateau-repas qui était sur le sol. Après cet incident je me suis dit que ce serait mieux pour moi de penser à un autre projet professionnel.»
-«Et le deuxième c’était quoi?»
-«Oh quelques choses de vraiment triste qui a fait que je me suis mis en arrêt pendant un mois. Une passagère qui voyageait avec son petit garçon est morte en plein vol d’une overdose.
Alors que je me suis mis à la servir elle a commencé à violemment convulsée et subitement perdre connaissance.
Un médecin voyageant parmi les passagers lui a prodigué les premiers soins, mais malgré ses efforts il était trop tard, cette jeune femme est décédée d’une overdose suite à capsule de cocaïne qui s’est ouverte dans son estomac devant son fils en larmes.
Et sinon toi par rapport à ton boulot tu ne m’as pas dit ce que tu faisais pour que je retourne la question.
Peut-être que ce sera beaucoup moins triste.»
-« C’est délicat d’en parler à un premier rendez-vous.
On va dire que je travaillais à mon compte mais ce je faisais n’étais pas légale alors j’ai décidé de tout arrêter avant qu’on m’arrête .”
-« Est-ce que tu es sérieux ou bien il s’agit encore d’une de tes blagues!?»
-«Non c’est sérieux je braquais des entrepôts et j’ai faits ça sur plusieurs années.
Autant que tu saches avec qui tu manges une glace non?»

Extrait du livre « L’estomac des favélas » auteur Souleymane Souleymane Boel
sortie prévue prochainement inchaa’Allah

Extrait du livre « L’estomac des favélas » de Boel Souleymane

Des coups de feu se firent entendre pour ensuite laisser place à un long angoissant silence.
Une unité des forces spéciales a tenté de procéder à l’arrestation d’un repère de narco trafiquants.
Le début de l’opération s’était pourtant bien déroulé mais des renforts sont arrivés pour tendre aux flics une embuscade.
Des coups de feu ont à nouveau éclaté.
De longs échanges de tirs dans une baraque d’infortune pour laisser des
Cadavres troués par des balles.
Dans la rue une femme enceinte gisait morte au sol avec le bébé qu’elle portait après avoir reçu une balle de Smiff et Wesson dans la cage thoracique.
Carlos et Marco ont vu son corps au loin mais il était déjà trop tard.
En rentrant dans la baraque des impacts de balles et des giclées de sang avaient maculées les lieux.
Carlos n’osa pas rentrer de peur qu’ils y aient encore des hommes armés et de voir des amas de corps les uns sur les autres:
-« qu’est-ce que tu fous Carlos !?
Reviens! Tu ne sais même pas si des hommes armés sont encore à l’intérieur.»
Le gamin n’en fit qu’à sa tête en décidant de braver tous les dangers.
Il explora en vitesse la baraque ramassant un flingue au sol.
Il descendit en vitesse au sous-sol il fouilla une pièce pour trouver une sacoche remplie de billets.
Alors qu’il allait sortir de cette baraque il fut un corps rampant dans une flaque d’hémoglobine.
Carlos se retourna et reconnut l’homme qui avait tenté de tuer l’homme dans le bar et qui avait abattu son frère accidentellement.
L’homme tendu la main vers lui mais Carlos décida de lui tirer une balle en pleine tête en repensant à la perte de son frère.
Marco s’éloigna de la baraque après avoir entendu une détonation raisonnée.
En continuant d’observer la baraque à environ vingtaine de mètres.
Après plusieurs minutes pesantes il aperçut Carlos sortir à vif allures.
Marco siffla pour l’avertir qu’il l’avait attendue.
Carlos courra à cet instant dans sa direction et ils partirent loin en traversant une dizaine de ruelles étroites.
Un gros paquet de fric dans les mains d’un gosse qui n’en a jamais eu.
110 000 Real brésilien (BRL) des grosses coupures au fond d’ une sacoche marron en cuir qui allaient finir entre ses doigts provenant des fonds monétaires d’un trafic de drogue locale.

De quoi partir très loin de cette endroit où cette argent sale fût trouvé
Un béant désir de voir autre chose que là crasse où les fontaines de sang et sanglots que pouvaient laisser les règlements de comptes à la kalachnikov au centre des bidonvilles de la Rocinha qui s’enchaînaient jour après jour à une allure effrénée.

Carlos éclata de rire devant Marco comme pour tenter de désarticuler son visage glacé depuis la mort de son frère.
Marco s’interrogea sur son attitude désinvolte et énigmatique cherchant en savoir d’avantage sur ce qu’il venait de se passer à l’intérieur de cette baraque de narco trafiquants dont il avait décidé de rentrer après avoir entendu une série de coups de feu.
Marco ne pût s’empêcher d’interroger Carlos :

-« Carlos qui a tiré ?
Et Pourquoi as tu pris autant de risque pour partir las bas? »

-« j’en sais rien!
sûrement parce que J’ai rien à perdre Marco.
Et que si j’allais me faire trouer par des balles personnes n’allait vraiment me regretter»
-« ne dit pas ça Carlos.
on est devenu pote non!?
Si tu meurs je deviens quoi moi?
qui d’autre que toi irait me guider dans les labyrinthes boueux de cette favélas ?»
-«je sais mec mais un pote ça ne remplacera jamais un frère »
Un silence interrompu le rythme de la conversation.
-« je sais que je te rendrai jamais ce les balles t’ont volé.
Mais je peux t’offrir une loyauté que personne ne te donnera.
J’ai eût des amis qui m’ont aimé plus que mon propre frère.»
« C’est sûr que tu es quelqu’un à part.
En tous cas tant que je suis vivant tu ne te perdras pas ici.
Tu sais Depuis que j’ai vu mon frère mourir sous mes yeux j’ai perdu le goût de la vie en même temps que celui de mon sommeil.
J’ai l’impression de dormir les yeux ouverts comme si la nuit n’était jamais tombée.
C’est sûrement pour cela que je n’ai pas réalisé l’importance du danger au moment j’ai décidé de me dirigé vers cette baraque.
En rentrant dans cette baraque tous le monde à l’intérieur était morts.»
– « Mais qu’est ce qui t’a amusé autant? Parce que je t’ai vu sourire en sortant.»
-« tu veux vraiment le savoir ?»
-« Non!je me suis juste posé la question »
-« j’ai prit ma revanche sur l’assassin de mon frère.
En rentrant à l’intérieur j’ai rapidement fouillé les lieux j’ai trouvé Une sacoche pleine de fric au moment où j’allais sortir j’ai entendu un homme gémir en rampant dans son hémoglobine.
Je l’ai reconnu au premier regard et je pense que lui aussi lorsque j’ai tendu le smiff et wesson que j’ai ramassé par terre à côté d’un cadavre avant de lui exploser la cervelle. »
favelasooo1
favelaso2favélaso3FAVELASO4Favélaso5favelasO6CANAL ALGERIE FRANCE 2

Extrait du livre « L’estomac des favélas » de Boel Souleymane les drames des sociétés inégalitaires

Plusieurs hélicoptères militaires survolèrent le ciel de la favéla de Rocinha après la fusillade mortelle d’une guerre liée à la quête du monopole du trafic de drogue de cette région dont les impacts de balles avaient fini par décrocher une cabine d’un téléphérique tuant quatre personnes à bord et blessant grièvement une petite fille en tombant au sol.
Le passage des hélicoptères dans un ciel dégagé laissait présager un assaut violent et imminent d’une très importantees envergure par les forces armées du pays qui souhaitaient reprendre le contrôle de cette zone abandonnée par la société brésilienne.
Au même moment que la population aisée de Rio avaient envahi les gradins du stade olympique pour devenir les téléspectateurs d’une course d’athlétisme.
Un pilote d’un hélicoptère suivi les trois tueurs à la trace qui partirent se réfugier dans une baraque à environ cinq cents mètres où ces tueurs en fuite avaient fait cracher leurs fusils d’assaut sur une cabine du téléphérique en marche.
Le pilote indiqua la position des hommes au responsable du groupe d’intervention des opérations antidrogue avec qui il était en communication en plein ciel :
-« Ça y est !
Leurs repères viennent d’être localisés.
Ils viennent de rentrer dans une baraque où devant quatre pneus sont les uns sur les autres au bord d’un portail rouillé » « Reçus cinq sur cinq.
Je lance immédiatement le déclenchement du début de l’assaut des troupes au sol.
Mission terminée pour toutes les équipes de surveillance aérienne.
Je répète mission terminée pour toutes les patrouilles du ciel.
On va prendre ces salopards par surprise.»
Au sous-sol de cette baraque des petits gamins à peine pubère servant de mains d’œuvres pour des bandits du coin s’envoyaient des vannes en emballant des sachets de cocaïne, Cloud Line, et sel de bains sous la surveillance d’un gros moustachu armé comme un soldat de l’armée américaine partie en patrouille dans les rues d’une ville irakienne assiégée .
-« tu mets trop de temps à peser la coke.
Bordel!
Occupes-toi de l’emballage ça évitera les erreurs de dosages. »
-« merde! C’est toujours moi qui emballe. »
– «Tu t’occupes de l’emballage comme ça aucun risque qu’on vienne nous dire qu’on sait tromper sur les doses et pas la peine de me regarder avec tes gros yeux comme si tu venais de te faire fourrer par une meute de taureau en rut. »
Le gros moustachu s’énerva séparant les deux gosses qui allaient en venir aux mains:
-« Répète ça!?? »
– « Oh! Oh! C’est quoi ce bordel!?
Vous voulez retourner à dormir dehors.
On vous paie pour ce travail. »
Au même moment un groupe d’intervention défonça la porte en ouvrant le feu.
Le gros moustachu riposta en prenant un gosse qui reçut un déluge de balle le ventre.
Les échanges de tirs se poursuivirent jusqu’à ne faire aucun survivant.

Auteur : Boel Souleymane

Extrait du livre « l’estomac des favélas »

Sortie prévue courant 2018

Opération arméeeeeeeeeeeeeeeee

favoléfavolé1favolé2Favolé4Favolé5Favolé6Favolé7Favolé8