Livre « Le voile des esprits » (l’ornière de l’islamophobie) de Boel Souleymane

Résumé du livre:le voile des esprits (L’ornière de l’islamophobie)
Après un terrible accident à l’occasion d’un programme humanitaire au Mali.Chantal Durieux est incroyablement la seule survivante d’un épouvantable crash aérien.En sortant indemne des débris des corps d’un A360 parti s’écraser en pleine région désertique à plusieurs kilomètres de la ville de Kidal. Cet événement bouleversant l’amène à s’interroger sur son existence.Pourquoi vit elle sur terre?Après avoir fait la rencontre d’une très jeune touareg, elle décide de se convertir à l’islam.Seulement dés son retour chez ses parents, elle ne s’attendait pas à ce que son choix spirituel provoque au sein de sa famille un aussi violent choc et une si grande incompréhension.Le crash n’est cette fois plus aérien mais mentale.
Lorsqu’elle retrouve une famille avec qui le dialogue est un obstacle quasi infranchissable par la dureté de leurs préjugés et d’un rejet viscérale de comprendre son choix..

 

 

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(L’ornière de l’islamophobie )

Indexe des chapitres:

-Citation de l’auteur sur les maux et les racines de l’islamophobie

-Préface de l’auteur

-La seule rescapée d’un crash aérien
(Perdue en plein milieu des dunes)

-Rejetée par sa famille après avoir frôlée la mort
(Le poids d’une décision)

-Le silence de l’amour
(Une revanche sur son passé)

-Attendre un enfant sans son père
(Enceinte et veuve)

-Vue sur violent règlement de compte
(Le salaire du crime)

-Une gâchette sous pression
(Sans avoir eu le choix)

-Les puits du bien être en terre africaine
(Un second souffle)

-Le cimetière des migrants
(A bout de force en plein désert sahélien)

-Un kidnapping qui tourne mal
(Une crise cardiaque au fond d’ un coffre)

-Au fond d’une cellule ou s’échappe le temps
( Des liens particuliers à travers une détention)

-La force de pardonner ce que la mémoire refuse d’oublier
(L’éducation par l’amour pour faire disparaître le spectre d’une une haine aveugle)

Épilogue
Citation de l’auteur sur les racines et les maux de l’islamophobie
« La langue de l’ignorant est comme la gâchette d’un flingue dont le canon a été monté à l’envers.Une fois que la détente a été pressée, il lui est presque impossible d’esquiver ses balles »

Citation de Boel Souleymane
« Lorsque le cœur a fait le choix le plus beau, la paix devient sa demeure et l’empathie pour l’humanité ne cesse de grandir en devenant une évidence traité avec le plus grand des respects »
Citation de Boel Souleymane
« Penser par soi-même devient possible que lorsqu’on connaît les pièges qui peuvent freiner l’activité de l’autonomie de notre pensée.»

Citation de Boel Souleymane
« On ne crache pas dans la soupe sauf quand elle est toxique, comme celle que les médias veulent vous faire avaler.»

Citation de Boel Souleymane
«La plupart des médias sont des amplificateurs de la confusion instillant subtilement dans vos esprits, le courant de pensée de celui qui en est détenteur»

Citation de Boel Souleymane

« Une des plus grandes vertus intellectuelles d’un homme est la rectitude de sa pensée.
L’ouverture d’esprit est une voie pour permettre à cette effet d’exister.
La mort du dialogue, permet à l’orgueil de naître »

Citation de Boel Souleymane

« La peur et la vision péjorative de l’islam s’est fortement accrue par un acharnement sans gène des médias.
Comment éviter les amalgames lorsque ceux qui tiennent le pouvoir de l’information désigne sans cesse l’intégrisme par un dérivée de son nom? »

Citation de Boel Souleymane

« Ne soyez jamais avec votre esprit comme un étau qui se resserre en le comprimant chaque jour d’avantage jusqu’à ce que son étroitesse devienne plus étroit que la geôle d’un pénitencier.
Faites en au contraire un nomade à la quête des plus beaux horizons. »

Citation de Boel Souleymane

« Le réel danger des médias et d’avoir un pouvoir d’influence pouvant transformer dans l’esprit d’une grande partie de son public une fausse information par une réalité. »

Citation de Boel Souleymane

«On lève toutes les ambiguïtés par le savoir, car si elles se développent elles deviennent rapidement les embryons des préjugés pour devenir la naissance du racisme tout en finissant par devenir une torture pour les esprits.
Tout cela arrivera chez un homme si son ignorance subsiste.»

Citation de Boel Souleymane

« La perte de l’amour du savoir et la sous instruction n’a fait que décupler la dure réalité des crimes engendré par les désastres de l’ignorance produit par la non vigilance des parents face des programmes télévisés de plus en plus abrutissants et des médias aux mains de très puissant lobbies »

Citation de Boel Souleymane

«L’analyse, la patience et la réflexion sont les seules voies pour garder l’indépendance de son esprit.»

Citation de Boel Souleymane

«Les préjugés ont la dent dure parce que peu de personnes ont le cran de leurs casser la mâchoire.»
Citation de Boel Souleymane
«L’hostilité à l’égard des miens s’est traduite par entendre quotidiennement des vagues de discours stigmatisant, par des harangues les plus discriminatoires et racistes colportées par les grands médias.
On nous regarde comme des poseurs de bombes alors qu’en réalité ces préjugés cachent le fait que certains d’entre nous pourraient être formateur pour le service de déminage de la sécurité civile»

Citation de Boel Souleymane

«Lorsque les actes se produisent sans l’instant d’une réflexion.
Les remords peuvent hanté votre esprit jusqu’à la fin de vos jours.
La science avant la parole et les actes est un principe qui ne peut en aucun cas être inversé »
Citation de Boel Souleymane
«  Le maniement des paroles influentes aboutissant à pouvoir convaincre les gens d’accomplir le bien aura toujours plus d’impact que les crachats d’un flingue »

Citation de Boel Souleymane

«Les gâchettes n’ont pas de cœur, mais juste des envies pressantes de se faire doigter par n’importe qui !»

Citation de Boel Souleymane
«Enfant de la guerre, si l’essor de ta tristesse est en pleine effervescence. C’est parce que les chants des balles c’est inscrit dans ta mémoires, sans que tu ne puisse oublier ce refrain. »
Citation de Boel Souleymane

« Le sentiment de la peur et la vision péjorative de l’islam taillé sur mesure par les grands médias de masse disparaissent
Instantanément, lorsque les gens ne prêtent pas attention à leurs propagandes mais prennent le temps d’ouvrir les yeux sur ce qu’il en est réellement »

Citation de Boel Souleymane

«Ce n’est pas par les hommes que l’on connais la vérité, mais par la vérité que l’on connais les hommes»

Citation du sens de la parole de Aliyy ibnou Abou Talib
« Lorsque les gens de la vérité se taisent sur le faux, les gens du faux croient qu’ils sont dans le vrai »

Citation du sens de la parole de Aliyy ibnou Abou Talib

« Si le seul siège qu’on vous offre pour vous asseoir dans la vie est un banc d’accusé.
Alors restez debout! »

Citation de Boel Souleymane

«Tous les préjugés sont moralement condamnables.
Fonder un avis sur une quelconque
pensée qui ne s’ appuie sur rien, est comme de faire entendre un verdict à un homme avant le début de son procès. »

Citation de Boel Souleymane
« Quand la raison s’effondre, l’humanité perd tout ses droits. »

Citation de Boel Souleymane

« Les gens ont l’habitude de juger les autres en s’oubliant eux mêmes de passer à la barre du tribunal de leurs consciences. »

Citation de Boel Souleymane

« Le savoir est une arme qu’il faut s’attacher à parfaitement manier pour ne jamais finir par se tirer dessus.
La plupart des flingues ont dans leurs mécanismes un cran de sûreté qui se doit de toujours être engagé quand une arme à feu est chargée. »
Citation de Boel Souleymane
«La liberté d’un sujet débute là ou son ignorance prend fin.»

Citation de Boel Souleymane
«Le portrait avilissant que les médias dominants véhicule sur l’islam, est une menace dangereuse pour la sérénité du climat du défit de vivre ensemble.»

Citation de Boel Souleymane

«L’apparence des gens respectables sont souvent comme les mirages dans le désert.
C’est une fois proche d’eux qu’on réalise que cela n’était que la façade d’une illusion née. »

Citation de Boel Souleymane
«La religion de l’islam est souvent perçu comme on vous la renvoie.
Si l’anorexie du savoir ne se voit pas sur une personne,
Il peut s’ entendre ou se lire à travers ses propos.»

Citation de Boel Souleymane
Le messager de Allah ( صلى الله عليه وسلم) a dit ce qui signifie:
« Dieu accorde à ce qui est fait avec douceur ce qu’il n’accorde pas à ce qui est fait avec violence.»

« Le fort n’est pas celui qui a vaincu les gens, mais le fort est celui qui a vaincu les mauvais penchants de son âme »

Mouhammad ibnou Abdllah le prophète de l’islam.
« En remettant toujours à demain ce qu’on peut faire aujourd’hui.On ne fait qu’augmenter nos risques de mourir avec les regrets de n’avoir rien fait de nos vies.
La lutte pour la dignité et contre les persécutions des nôtres ne doit jamais se reporter à plus tard.
Parce que nos lendemains ne sont finalement que des incertitudes. »

Citation de Boel Souleymane
« L’expansion des méthodes du contrôle de notre façon de penser.
Ne peut que nous faire prudemment d’avantage réfléchir.»

Citation de Boel Souleymane

« La paix n’a pas de prix, mais les armes en ont un.
Aucun des pays étant considéré comme les plus gros fabricants d’armes est un pays musulmans. »

Citation de Boel Souleymane
« Seul les lacs d’essences peuvent être enflammés.
Provoquer ou haïr un homme raisonnable et comme tenté d’allumer du feu sur un ruisseau.
Son calme finira par vous essouffler. »

Citation de Boel Souleymane

«L’usage du terme islamiste est totalement inconvenant et erroné
Car il est employé pour désigner le contraire de la racine du mot.
Les confusions et les amalgames ne peuvent qu’existé lorsque les hommes prennent la décision de changer la signification des mots.»

Citation de Boel Souleymane

« Peu importe combien vous étes conspirationiste ou parano, ce que le gouvernement fait est encore pire que ce que vous l’imaginez. »

Citation de William Blum
« La population en général ne sait pas ce qu’il est entrain de se passer.Et elle ne sait pas qu’elle ne le sait pas.»

Citation de Noam Chomsky

«Ce qui est le plus négligé dans nos écoles est justement ce dont nous avons le plus besoins dans la vie.»

Citation de Herbert Spencer

« L’ignorance est un ennemi silencieux ayant la faculté de se retrancher en nous, et de nous attaquer par le biais de tout nos organes.»

Citation de Boel Souleymane

« La peur irraisonnée se soigne par l’effort de connaître, et non par la paresse d’accuser à tort.»

Citation de Boel Souleymane

« Il est plus aisé de laisser une arme dans la mains d’un homme pour lui apprendre à tirer, que de lui laisser une partie de notre savoir dans la tête pour qu’il puisse en tirer profit. »

Citation de Boel Souleymane

« La meilleure façon de tuer un préjugé et de connaître les gens pour être objectif dans votre jugement sur eux, sans les condamnés d’avances
Les verdicts les plus injustes viennent des mauvaises pensées venant s’appuyer sur aucune pièces à convictions. »

Citation de Boel Souleymane

«Le traitement médiatique de l’islam est toujours désigné comme le spectre d’une menace responsable de tous les maux.
La méconnaissance de l’islam est une usine à angoisses pour les esprits.
En réalité les gens ne doivent pas plus avoir peur d’aller dans une mosquée que sur un campus d’une université américaine. »

Citation de Boel Souleymane
Lorsque le boxeur Mouhammad Ali a refusé son étoile sur Hollywood Boulevard il a dit ce qui signifie:

«Je porte le nom de mon Prophète, je ne souhaite vraiment pas que les gens marche dessus.

(La seule étoile qui n’est pas sur le sol mais sur un mur et actuellement la sienne)»

Citation de Mouhammad Ali

« Si vous Tourner le dos au faite d’apprendre à connaître les gens avant de vous faire un avis sur eux. Alors vous résterez toute votre vie l’esclave de vos préjugés.»

Citation de Boel Souleymane
« La force de l’écriture est d’avoir le talent d’arrivée à trouver les mots justes.Lorsqu’une situation tragique fait que tous le monde les a perdu.»
Citation de Boel Souleymane

« Le savoir associer à un acte de militantisme est incontestablement ce qu’il y a de plus efficace pour obtenir les droits d’un peuple.»
Citation de Boel Souleymane
« Si il y a une chose qui ne me gênera jamais aux regards de quiconque.C’est de pratiquer ma religion l’Islam qui m’a enseigné d’être un exemple de bonté et de profit pour les gens. »

Citation de Boel Souleymane
«Un des plus grands danger est de perdre la soif d’apprendre au point de finir par désaltérer son esprits auprès d’ignorants. »

Citation de Boel Souleymane
Préface de l’auteur
Par le biais des médias l’islam fait très régulièrement l’objet d’un grand nombre d’allégations mensongères,dédain, mépris, outrecuidance et d’une surexposition négative et exagéré en stigmatisant sans cesse l’ensemble d’une communauté ou sur le coup des émotions d’ événement dramatiques d’un fait d’actualité se construisent dangereusement le piège des amalgames par la sournoiserie de comment peut être traité l’information.
Autant la langue est molle est souple que ce qu’elle peu prononcer peut être dure et tranchant lorsque elle est utilisée par des présentateurs de journaux télévisées.
Lorsque la syntaxe est négligée,que le sens des mots est tronqué et que les analyses avant toutes les prononciations des textes des prompteurs par des journalistes demeurent inexistantes.
Une phrase peut très vite ressembler à un tir sans sommation ou conduire à l’influence des préjugés.
La redevance télé serai tenté de nous persuadé qu’il existe aujourd’hui une forme d’ impôt à l’insulte sur les minorités qu’on stigmatise lorsqu’on laisse dangereusement l’islamophobie et la négrophobie vivent à travers les émissions du petit écran.
L’enchaînement des syllabes maladroites aboutissent souvent à des discours offensants.
Dans les journaux télévisés, ou les mots à la vitesse des balles laissent très souvent dans les esprits des blessures marquantes et indélébiles par des béants impacts psychologiques renvoyé verbalement par l’expression d’ une forme d’un certain rejet d’une catégorie de classe sociale ou des minorités musulmanes souvent assimilés aux personnes dirigeants les plus grandes organisations de groupes terroristes.
Ma réflexion et mon analyse ne cesseront jamais de scier les barreaux idéologiques aux travers lesquelles les médias ont voulu nous retenir prisonnier.
L’influence des médias sur l’opinion publique a produit que du négatif sur la vision de l’Islam en réveillant toutes les psychoses et toutes les terreurs par une douche gelée de dénaturation du traitement de l’information.Un manque d’investigation et d’objectivité avant d’aborder un fait d’actualité mène automatiquement à produire une nappe épaisse de brouillard dans les esprits.
Le fanatisme n’appartient pas l’Islam.
C’est juste une minorité néfaste qui pensent à tort appartenir à cette religion.
L’histoire qui va suivre m’a été inspirée par la situation dans lesquels peuvent se retrouver parfois certaines jeunes femmes après avoir fait délibérément le choix de prendre l’Islam comme religion en devenant rapidement la cible des amalgames et l’exclusion d’une société fermant les yeux sur la pluralité de la religion de ses concitoyens français et francaises.Cette ouvrage aspire a incité la communauté musulmane et autres citoyens issu des milieux défavorisé à s’instruire et se diriger vers l’entrepreneuriat pour contrer les discriminations à l’embauche, les poncifs qu’ils peuvent abondamment subir
Écrire à cœur ouvert permet parfois de guérir certains préjugés qui continu à s’opérer dans l’imaginaire collectif des hommes
Les oreilles les plus sensibles aux rappels finissent avec le temps par avoir les cœurs les plus tendres.
Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) un exemple de conduite pour l’humanité quelques un de ses nobles attributs
Il était doté de nobles qualité comme l’honnêteté, la véracité, la chasteté, la générosité, le courage , la compassion, la miséricorde,la tendresse, l’éloquence, la bienfaisance, l’éblouissante, le conseil absolu,le réconfort des miséreux,des orphelins ,des veuves, et des plus faibles,l’obéissance à Dieu dans toutes les situations ,en tout temps, à chaque instant et à chaque souffle qui pouvait sortir de ses lèvres, le plus modeste des gens, il aimait les gens malgré leurs pauvreté il assistait à leurs convois funèbres et rendait visite à leurs malades.Il exerçait l’administration d’une justice de façon scrupuleuse et impartial.Si bien que ses ennemies les plus redoutables reconnaissaient qu’il n’a jamais menti.

Seulement que quelques gouttes d’encre des citations de grands penseurs au sujet prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم ) par rapport aux océans d’éloge que les plus grands hommes ont pu lui faire:

Alphonse de LAMARTINE (Écrivain) – Les grands hommes de l’Orient (1985), a dit à son sujet :
« Jamais un homme n’entreprit, avec de si faibles moyens, une œuvre si démesurée aux forces humaines, puisqu’il n’a eu dans la conception et dans l’exécution d’un si grand dessein, d’autres instruments que lui-même. »

Edward Gibbon et Simon Ocklay ont dit à son sujet :
« Ce n’est pas la propagation, mais la permanence de sa religion qui mérite notre émerveillement; la même impression, pure et parfaite, qu’il laissa à la Mecque et à Médine, se retrouve, après douze siècles, chez les Indiens, les Africains et les Turcs. »

« Les hommages rendu au Prophète n’ont jamais franchi la mesure de la vertu humaine. »
(Edward Gibbon et Simon Ocklay, History of The Saracen Empire, London, 1870, p. 54)

Georges Bernard Shaw (Politicien et écrivain anglais du XXe siècle)
« Si Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) vivait encore, il réussirait à résoudre tous les problèmes qui menacent notre civilisation. »

« Il mérite le titre de Sauveur de l’humanité. Je crois que si un homme comme lui prenait la dictature du monde moderne, il réussirait à résoudre ses problèmes d’une façon qui lui apporterait la paix et le bonheur si nécessaires. »

Napoléon Bonaparte (Empereur des Français)
« J’aime mieux la religion de Mouhammad (صلى الله عليه وسلم). Elle est moins ridicule que la nôtre. »

Goethe (Poète allemand – 1749-1832)  :
«  J’ai cherché dans toute l’histoire un modèle d’homme parfait et je l’ai trouvé chez le prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم). »

Michael H. Hart (Astronome, Mathématicien et Historien) a dit à son sujet :
«  Certains lecteurs seront peut-être étonnés de me voir placer Mouhammad en tête des personnalités ayant exercé le plus d’influence en ce monde, et d’autres contesteront probablement mon choix. Cependant, Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) est le seul homme au monde qui ait réussi par excellence sur les plans religieux et séculier. »
Michael H. Hart, The 100: A Ranking of the Most Influential Persons in History (Classement des plus influentes personnalités de l’Histoire), Hart Publishing Co. Inc. (New-York), 1978, p. 33.

Mahatma K. Gandhi a dit à son sujet :
« Je voulais mieux connaître la vie de celui qui aujourd’hui détient indiscutablement les cœurs de millions d’êtres humains. Je suis désormais plus que jamais convaincu que ce ne fut pas l’épée qui créa une place pour l’Islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. »

W. Montgomery a dit à son sujet :
« La façon dont il accepta les persécutions dues à sa foi, la haute moralité des hommes qui vécurent à ses côtés et qui le prirent pour guide, la grandeur de son œuvre ultime, tout cela ne fait que démontrer son intégrité fondamentale. »
(W. Montgomery, Mouhammad at Mecca, Oxford, 1953, p. 52)

Maurice Bucaille (Scientifique français) a dit à son sujet :
« Comment un homme, illettré au départ, aurait-il pu, en devenant par ailleurs, du point de vue de la valeur littéraire, le premier auteur de toute la littérature arabe, énoncer des vérités d’ordre scientifique, que nul être humain ne pouvait élaborer en ce temps-là, et cela, sans faire la moindre déclaration erronée sous ce rapport. »

Thomas Carlyle (Écrivain anglais célèbre) a dit à son sujet :
« Depuis sa tendre enfance, Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) était considéré comme étant un jeune doué de raison. D’ailleurs, les personnes avec lesquelles il vivait l’avaient surnommé Al-Amine (l’honnête, le sincère et le loyal). Ses paroles, ses actes et sa pensée étaient véridiques. Ceux qui le croyaient avaient également remarqué que toute parole qui exhalait de lui renfermait une édifiante sagesse.

Il se souciait du malheur des autres, était généreux et bienfaisant, clément, faisant preuve de piété et de mérite et était vertueux. Extrêmement sérieux et sincère, il était néanmoins d’un naturel doux, accueillant et accessible. Il était réjouissant, agréable, sociable, et sa compagnie était appréciée. On pouvait parfois le voir plaisanter et s’amuser. Selon les témoignages, son sourire éclatant, qui illuminait son visage, provenait d’un cœur sincère. Il était très intelligent et possédait un cœur magnanime. Il était naturellement grandiose, sans qu’une école lui inculquât la science ni qu’un enseignant se chargeât de son éducation, car il n’en avait aucunement besoin. »

(Thomas Carlyle, Heroes, Hero Worship, and the Heroic in History, Londres, 1841, p 50-51.)

Annie Besant (Intellectuelle anglaise – 1847-1933) a dit à son sujet peu avant sa mort :
« Il est impossible pour quelqu’un qui étudie la vie et le caractère du grand Prophète d’Arabie, pour quelqu’un qui sait comment il enseignait et de quelle façon il vivait, d’avoir d’autres sentiments que le respect pour ce prophète prodigieux. »

Boel Souleymane (écrivain contemporain, inventeur du Mind Jacking, un style littéraire générant l’ouverture aux champs de la réflexion de façon directe) a dit à son sujet :
« L’héritage du Prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) a nourri mon cœur d’humanisme, éveillé mon savoir-vivre avec les autres et parfait mon éclaircissement sur l’importance de savoir avant de parler comme le levé du jour peut nous dévoiler sur quoi l’on peut marcher.»
«J’ai la conviction que si le programme scolaire de l’éducation nationale avait enseigné les bons caractères du prophète Mouhammad et convenablement transmis son histoire en ayant su correctement écrire son nom, notre époque serait très certainement moins touchée par les maux de l’islamophobie. »
Jules Barbez d’Aurevelliy a dit à son sujet  :
« Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) est une des trois ou quatre figures qui dominent l’humanité et son histoire.  »
(Les œuvres et les hommes  (1860-1909), Jules Barbey d’Aurevilly, éd. Slatkine Reprints, 1968, t. 17,)
Alphonse de Lamartine (Poète, romancier et homme politique français)  a dit à son sujet :
« Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité de la réussite sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mouhammad (صلى الله عليه وسلم)  ? »

Voltaire a dit à son sujet  :
« Ce fut un très grand homme qui forma de très grands hommes. Il joua le plus grand rôle qu’on puisse jouer sur la terre aux yeux du commun des hommes. »

« Et c’est une œuvre immense qu’il a accomplie, par le seul concept de l’Unique il a soumis le monde entier. »

Gustave Le Bon  (Sociologue français) a dit à son sujet  :
« S’il faut juger de la valeur des hommes par la grandeur qu’ils ont fondées, nous pouvons dire que Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) fut l’un des plus grands hommes qu’ait connu l’Histoire. »

Edgard Quinet (Historien français) a dit à son sujet  :
« L’histoire de l’Orient moderne avec toutes ses vicissitudes, n’est rien d’autre que la grande âme de Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) déployée comme un drapeau de siècle en siècle. »

Jules Barthlemy Saint-Hilaire  (Philosophe, journaliste et homme d’état Français) a dit à son sujet  :
« La religion prêchée par lui a été un immense bienfait pour les hommes qui l’ont adoptée. »

Victor hugo a dit à son sujet  :
« Il écoutait en silence et parlait le dernier.»

Conclusion :
La plupart des grands hommes ont fait l’éloge du Messager de l’Islam reconnaissant ses valeurs et son message universel.
Ne pensez pas par épidémie en vous laissant contaminer par des opinions comme des gens pourraient être atteints par un virus comme Ebola. Une opinion juste et impartiale sur un homme passe obligatoirement par une réflexion de soi-même en s’appuyant sur des éléments concrets.

L’histoire qui va suivre est une œuvre de fiction, contrairement à la montée des actes islamophobes et la propagande de cette idéologie accrue par le pouvoir médiatique qui demeurent une réalité…

Par conséquent, tous les noms qui se trouvent dans cette histoire ayant une ressemblance avec des personnes vivantes ou mortes, ayant existé, ne sont qu’une pure coïncidence.

Il se peut qu’un jour une femme convertie à la religion de l’Islam vous raconte une histoire ressemblant à celle qui va suivre…

La seule rescapée d’un crash aérien
(Perdue en plein milieu des dunes)

« Je vous appellerai dès que j’arrive au Mali, promis! Bisou et à très bientot. »
Voilà les dernières phrases que j’ai dite à mes parents avant que mon avion ne s’écrase en plein désert sahélien, situé à plusieurs bornes de la ville de Kidal….

Une brusque tempête de sable a transformé notre mission humanitaire en tragédie humaine. Le pilote n’a même pas eu le temps d’annoncer que l’appareil allait traverser une zone de turbulences qu’une pluie de bagages à main s’est mise à tomber violemment sur les passagers dans un vacarme de cris de panique.
Une brute dépression et quelques secondes après l’avion partit immédiatement s’écraser….

Je me rappelle juste du grondement de l’appareil et des cris d’effrois, allongée sur le sol à côté d’un bout de jambe d’un cadavre déchiqueté et des morceaux de l’avion encore fumant.
Je me demande si tout cela est bien réel….
L’odeur des débris fumant me faisait tousser.
Je criais, paniquée pour savoir s’il y avait d’autres survivants.
Mais seul le bruit du vent sifflait dans mes oreilles emportant le sable qui m’aveuglait les yeux et partait éteindre le reste de la fumée s’échappant de l’appareil.
Quelques heures plus tard, les vautours commencèrent à venir faire leurs festins avec les morceaux de choix des cadavres des victimes de mon crash aérien.
Impuissante, je les vis descendre du ciel pour venir consommer la chair de ces corps sans vie et me disais que dans quelques heures cela sera prochainement mon tour.
Ma vie ne tenait qu’à un morceau d’aile de l’avion ayant pu me faire un peu d’ombre en plein milieu de ce désert et un bout de rideau retrouvé dans les débris fumants des restes de l’avion ayant fini en pièces détachées.
Au fil des heures je m’étais préparée à mourir de soif en plein milieu de cet océan de sable.
Je m’assoupis en attendant que mon heure vienne.
Finalement, l’horloge de mon échéance n’a pas sonné ce jour-là.

Engouffrée sous un bout d’aile d’avion cassée pour tenter de trouver un peu d’ombre, je finis par m’évanouir sous la chaleur de la torture du soleil.
J’attendais allongée, en restant inerte, la gorge sèche et le corps déshydraté pensant que la mort n’allait pas tarder à venir me ramener dans son camp.
A peine consciente je sentis une main se poser sur mon épaule et en me retournant je vis le visage d’une petite fille Touareg me sourire.
S’agissait-il d’un mirage ?
Une fillette en plein milieu d’un horizon de dunes s’étendant à perte de vue.
Quand je vis l’éclat de son sourire, je me le suis alors demandée.
Mais lorsque je sentis l’eau qu’elle me passa sur le visage et qu’elle me tendit à boire, je savais qu’elle était bien réelle…

Une petite chapelière d’à peine douze ans, bifurquant seule en plein milieu de cette zone désertique dont la température flirtait avec les 50 degrés, et où la beauté d’un paysage siégeait avec la dureté des variations climatiques.
Je commençais à lui parler tout en lui demandant son aide et, en la regardant attacher son chameau chargé d’énormes plaques de sel à un morceau de débris de l’avion :
« Comment tu t’appelles ?
« Aida. Et toi ?
« Dianna »
« Que fais-tu ici ? »
« Mon avion s’est écrasé il y a plusieurs heures après avoir été pris dans une tempête de sable. »
« Il y a d’autres personnes avec toi ? »
« Non, je suis la seule survivante. »
« En voyant dans le ciel les vautours tournoyer et les pièces de l’avion au loin, j’ai deviné qu’une catastrophe s’est produite  ! »
« Ma meilleur amie était dans l’avion. »
La petite me regarda en disant :
« Ne parle pas trop et étanche ta soif. Tu dois te réhydrater avant que l’on parte d’ici.
Sinon tu ne dépasseras pas une heure en marchant avant de mourir desséchée.
Sous une chaleur accablante j’ai dû boire presque toute la réserve d’eau de la petite fille qui insistait pour que je me réhydrate :
« Bois ! Bois ! Bismi-llah, il faut que tu boives davantage. Le désert ça ne plaisante ça tue sans prévenir  !! »
« Qu’est-ce que ça veut dire Bismi-llah ? »
« Cela signifie mon commencement est par le nom de Allah par la recherche de sa protection et de ses bénédictions.
Chez nous, on commence toujours par citer le nom de Dieu avant de boire ou de manger pour rechercher les bénédictions de ce qu’il a pu nous accorder. »
« Mais si je continue à boire tu n’auras plus d’eau ? »
« Termine et ne t’inquiète pas. Nous les Touaregs nous savons où en trouver quant nous en avons besoin.
Comme toi tu sais où se trouve le robinet de ta cuisine. »
Ma joie de vivre en parlant avec cette enfant réapparu aussitôt après avoir réalisé qu’une seconde fois j’avais échappé de nouveau à la mort.
Une courte heure après sa venue et nous nous sommes mises en route directement pour rejoindre un campement de Touaregs situé à trente-cinq kilomètres de Kidal.
Malgré mon engourdissement, nous ne devions pas traîner car si les journées vous pouvez mourir de chaud dans le désert, les nuits, vous pouvez facilement mourir de froid.
La température peut chuter presque aussi vite que l’avion dans lequel je me trouvais.
Au bout d’une demi-heure de marche, sous un soleil brûlant, je commençais à me sentir mal sous les soufflements d’un air poussiéreux, très chaud et étouffant.
La petite fille soucieuse et bienveillante de mon sort, remarqua tout de suite que je ne pouvais plus allez plus loin.
Elle arrêta son chameau en desserrant les nœuds qui portaient l’attelage de la cargaison de son sel.
La fillette fit agenouiller son chameau en me disant :
« Yallah irkaabi ! »
« Qu’est-ce que ça veut dire ? »
« Allez, monte ! »
« Et ton sel ? »
« Si la vie humaine est plus précieuse que l’or alors que représente à côté d’elle quelques kilos de sel  ? »

Au bout de deux longues heures de marche nous arrivâmes au campement des Touaregs dans lequel quelques tentes blanches apparaissaient au loin dans cet horizon et où seul le bleu du ciel venait atténuer la lueur du sable jaune décuplé par de forts rayons du soleil.

Après avoir franchi les crêtes des dunes, nous arrivâmes aux pieds des tentes.
Le père de Aida faisait tranquillement du thé quand il vit sa fille débarquer avec une étrangère sur la scelle de son chameau à la place du sel qu’il attendait.
En nous voyant arriver, il ne put s’empêcher de s’exclamer de surprise tant il était rare de voir des touristes dans cette zone aride :
« Soubhaana-Llaah (La louange est pour Celui qui est totalement exempt d’imperfections). »
Il semblait plus content de recevoir une invitée que d’avoir perdu une marchandise précieuse qu’il attendait.
Content de me recevoir, il m’accueillit très respectueusement comme si nous nous connaissions déjà.
Son épouse prépara de la galette cuite sous le sable qu’on me tendit avec un verre de thé. L’affinité fut immédiate, comme si nous avions appris que nous avions en commun des liens de parenté.
Puis il enchaîna rapidement la discussion :
« Vous vous êtes perdue dans le désert ? »
« C’est plus compliqué que cela.
L’avion dans lequel je me trouvais s’est écrasé.
Si votre fille ne m’avait pas trouvée, j’aurais fini comme le reste des passagers. »
« Allah te veut le bien jeune fille.
Sache que tu peux rester ici le temps que tu veux.
Sois à ton aise n’oublie jamais que tu es ici chez toi  ! »
« Merci beaucoup mais je dois au plus vite rassurer ma famille que je suis encore en vie.
Vous avez un téléphone ? »
« Non c’est à Kidal que tu pourras en trouver.
Nous n’en avons pas ici.
Aida te ramènera demain là-bas ‘inchaa’ Allah car le coucher du soleil est proche.
En attendant, reprends des forces et fais comme chez toi…. »

A l’aube du jour, Aida se leva comme à son habitude pour effectuer ses ablutions et mettre son tapis de prière sur le sable et prier avant que nous partions pour Kidal, la première ville à la porte du désert la plus proche d’où nous nous trouvions.
Je sentais déjà chez les membres de sa famille la tristesse de devoir affronter notre séparation. Alors que les premières lumières de l’horizon venaient d’éteindre la nuit, faisant apparaître la vastitude des plaines désertique, toute la famille de Aida était restée debout après avoir fait la prière.
Ils n’avaient pas dormi de la nuit pour me préparer un copieux petit-déjeuner pour mon départ.
Leurs émotions pouvaient se lire dans l’expression de leurs regards alors que je n’étais restée seulement que quelques heures chez eux.
Jamais un tel art de recevoir ne m’avait autant séduite, de par une hospitalité si majestueuse.
La mère de Aida me dit, en retenant ses larmes :
« Tu n’es pas encore partie que l’idée de savoir que tu vas devoir y aller dans quelques minutes nous attriste  ! »
Finalement mes larmes ont devancé les siennes.
« Je reviendrai, je vous le promets  !! »
« Inchaa’ Allaah yaa binti. »
« Qu’est-ce que cela veut dire ? »
« Si Dieu le veut ma fille.
Couvre-toi bien et sois très prudente. Reste avec Aida jusqu’à ce que tu auras contacté tes parents et salue-les de notre part dès que tu rentres.
Avant que tu ne partes, je vais t’offrir une robe de touareg que je viens d’acheter mais que je n’ai jamais mise.
Tiens, prends-la, c’est un cadeau  ! »
Le père de Aida se mit à me dire  :
« Yaa Rouwaydah, reviens-nous bientôt  ! »
« Vous m’avez appelée comment ? »
Aida se mit à rire en me disant :
« Apparemment il t’a trouvé un nouveau prénom. Cela signifie celle qui agit avec douceur.
Tu sais, dans le désert il n’y a pas grand-chose mais quand on revient de chez nous c’est toujours avec plein de nouvelles choses. »
Les chocs psychologiques sont parfois le meilleur réveil pour la réflexion.
Après une séparation poignante avec la famille de Aida, nous prîmes la route pour Kidal peu après le lever du jour. Aida me dit en route quelques temps après notre départ en pointant son doigt vers le ciel :
« Lorsque le soleil sera environ à ce niveau nous serons arrivées à Kidal inchaa’ Allaah. »
Alors que nous progressions peu à peu dans le désert nous fîmes la découverte macabre d’un cadavre complètement ensablé.
Nous allions presque passer sans le voir tellement il était recouvert par le sable.
Lorsque je vis le relief d’une silhouette :
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Très certainement un migrant qui a échoué sa traversée.
Il est très probable que son passeur l’a abandonné.
Sinon nous aurions retrouvé à coté une voiture en panne avec d’autres corps.
L’emprise de l’Occident sur les pays africains a transformé le désert en véritable tombeau des clandestins africains en quête d’une vie meilleure.
J’aurais aimé que tu ne vois pas ce que tu as vu.
Mais que ce soit les politiciens nombrilistes qui provoquent ce genre de situations qui puissent regardé en face le résultat de leurs infames politiques. »
L’air était si sec et chaud que je pensais respirer du sable.
Au fur et à mesure que je découvrais les vastitudes d’une terre vide dans le silence du désert, Aida au cours de notre voyage brisa le calme pour me dire sur un ton enthousiasmé  :
« Avant de partir tu vas voir mon jardin. »
« Ton jardin ? Mais il n’y a que du sable ici ! »
J’avais parlé trop vite.
En relevant ma tête, j’aperçus le contraste d’un espace verdoyant à côté d’une splendide source d’eau au voisinage d’un jardin luxuriant.
« Regarde !
C’est ici que mon chameau se désaltère et qu’on prend notre réserve d’eau.
Si tu souhaites te rafraîchir n’oublie pas de dire Bismi-Llah.
Les djinns aiment les endroits comme celui-ci.
Il y a dans cette parole un secret contre leurs nuisances. »
« D’accord !
Mais qu’est-ce que c’est au juste ? »
« Des créatures d’un monde invisible qui ont été créés par Allah à partir d’une flamme sans fumée.
Eux peuvent nous voir, mais nous, nous ne pouvons pas les voir.
Il ne s’agit pas d’un conte Rouwaydah mais bien d’une réalité.
Alors que Aida poursuivait ses explications limpides liées aux fondements de sa religion, autour de moi, je n’avais jamais rien vu d’aussi beau. Une végétation à côté d’un espace aussi aride, un magnifique jardin en plein désert.
« Regarde autour de toi Rouwaydah. Tout ce que tu vois est la preuve de l’existence d’un Dieu Unique Qui n’a absolument aucune ressemblance avec ce qu’Il a créé car aucune de nos imaginations ne peuvent atteindre sa réalité.
Créateur des cieux et de la terre et de tout l’univers.
Aucun espace ne le circonscrit car il est exempt des limites, des fins, des côtés, des directions.
Toutes Ses créatures ont besoin de Lui, alors que Lui n’a besoin de rien.
Son prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) a été envoyé pour appeler à l’adoration d’un Dieu Unique envoyé pour l’ensemble de l’humanité et des djinns.
Et certes l’héritage de son appel est une sauvegarde pour les cœurs et les trésors de son enseignement une voie pour embellir son comportement. »
« Aida j’ai la conviction en moi que tes paroles ne sont que la vérité. »
« Sache qu’en attestant de cela tu ne pourras que valider la plus belle des choses que renferme ton cœur. »

Après cette halte au milieu d’une source d’eau limpide entourée d’une splendide verdure au centre d’un oasis en plein désert, je prononçais mon attestation de foi, après que Aida m’ait invitée à le faire.
Nous nous sommes ensuite rafraîchies environ une heure en nageant dans cette source que les fissures de la nappe phréatique avaient fait abondamment jaillir.
Le bien-être et la quiétude m’avait envahi à telle point que j’en avais le désir d’arrêter le temps en ayant trouvé chez Aida la sœur que je n’avais eue.
Seulement, je savais très bien qu’une fois arrivées à Kidal, nos chemins allaient se séparer.
Les bons moments sont comme le vent que l’on tente de brasser. On ne peut les retenir à travers la paume de nos mains.

Alors que nous allions repartir, nous vîmes un 4×4 gris foncer à toute vitesse dans notre direction. L’endroit où nous nous trouvions n’était en réalité qu’une importante zone de transit pour le trafic de cocaïne vers l’Europe, fréquenté par de redoutables bandits du désert.
Les gros cartels de la coke colombiens et vénézuéliens avaient pour habitude de contourner les routes maritimes et aériennes directes, qu’ils estimaient beaucoup trop surveillées.
Ayant mis sur place une coalition pour la sécurité de leurs acheminements avec certains chefs de grands groupes terroristes habitués à sillonner le désert en esquivant les drones et ayant la capacité d’assurer la sécurité d’importants transports de cocaïne destinées au marché européen.
A chaque fois le mode opératoire était le même.
Les sacs de coke sont enterrés en plein désert, récupérés ensuite par une autre équipe dans un lieu identifié par sa position GPS.
La voiture s’arrêta à seulement quelques mètres, trois hommes enturbannés sortirent pour s’empresser de creuser et récupérer une dizaine de sacs remplis de cocaïne.
Un homme sortit son téléphone cellulaire. Le silence du désert dévoila le contenu de sa conversation  :
« Allô ! C’est moi la neige est bien arrivée dans le désert.
On vient de récupérer la coke  ! »
En plongeant dans la source d’eau, le chameau de Aida attira l’attention d’un des narcotrafiquants :
« Vous avez entendu ? »
« Il y a une source d’eau par là-bas.
Cela doit être des Touaregs qui font boire leurs chameaux  ! »
L’homme empoigna sa kalachnikov et se déplaça pour en avoir en avoir le cœur net.
« J’arrive, je vais faire le plein d’eau  ! »
En tombant nez à nez devant Rouwaydah, l’homme s’arrêta sec et vicieusement par un regard lubrique sur elle.
« Tiens, tiens, tiens !
Ça tombe très bien, j’avais justement envie de me faire soulager  ! »
Aida saisit vivement son couteau attaché sur sa ceinture pour le lancer adroitement jusqu’à ce qu’il se plante dans la nuque de l’assaillant avant de le faire plonger dans la source d’eau qui prit soudainement une couleur écarlate.
Les deux hommes rappliquèrent après avoir entendu le corps de l’homme plonger dans l’eau.
Aida s’était cachée derrière un cactus sur lequel elle avait effectué un léger trou pour laisser passer le bout du canon de la kalachnikov qu’elle venait de ramasser au sol.
Quand les deux hommes arrivèrent pour constater le cadavre flottant dans la source de l’oasis, Aida les arrosa de balles froidement…
Aida jeta la kalachnikov dans l’eau après avoir abattu les deux derniers narcotrafiquants.
Les chameaux s’enfuirent de peur après avoir entendu le cri des balles parties trouer la peau des deux hommes.
Aida s’exclama froidement :
« C’était eux ou nous !
Pour mes chameaux, ils reviendront au campement. Ils se sont déjà sauvés plus d’une fois.
Tu sais conduire ? »
« Oui  ! »
« Dépêchons-nous  ! Mieux vaut ne pas traîner ici ! »
Aida s’empressa de récupérer la clef du véhicule dans la poche du cadavre du premier homme qu’elle avait abattu et qui flottait à la surface de l’eau.
En montant dans la Jeep, elle s’aperçut que l’arrière du véhicule recouvert d’une bâche était lourdement chargé d’un grand nombre de paquets de cinq kilos de cocaïne.
Il devait y avoir très largement plus de quarante kilos à bord.
Alors que je conduisais sur une route poussiéreuse, Aida vida par la fenêtre tout le contenu des paquets de coke laissant ainsi derrière nous de grosse traînées de poudre blanche dans le sable.
Aida se mit à dire pour détendre l’atmosphère et en pouffant de rire :
« J’espère que mes chameaux ne snifferont pas ce qu’on a laissé sur notre route sinon ils ne retrouveront jamais leurs chemins  !! »

Le temps est comme une balle il ne s’arrête pas avant de prendre ou se perdre.
Sur une route savonneuse de poussière et à pleine vitesse, la voiture tanguait tout en glissant et en projetant de hauts jets de sable sous le rythme effréné des grands coups d’accélérateur pour ne pas que les pneus de la voiture finissent par s’enliser. Nous étions seulement à quelques kilomètres de Kidal, lorsqu’en plein milieu de la route des hommes armés, le visage recouvert par des cagoules surgirent au loin pour tenter de braquer le véhicule :
« Arrêtez-vous ! »
J’allais m’arrêter quand Aida cria :
« Baisse toi et fonce !
Ce sont des coupeurs de routes ! »
Sous une averse de balles explosant les vitres et nos rétros, nous leur avons foncés dedans jusqu’à entendre un des leurs passer au-dessus du capot.
En relevant la tête il n’y avait plus de pare-brise, mais une chose est sûre, la route était libre.
Nous arrivâmes à Kidal, une ville représentant la porte du désert, située à 350 km au nord de Gao, au cœur de l’Adrar des Ifoghas.
Nous brûlâmes la 4X4 aux remparts de la ville pour poursuivre notre chemin à pied.
Des casques bleus sur le qui-vive se trouvaient en faction à l’entrée de la ville.
Ils surveillaient les allées et venues pour y établir soi-disant la sécurité.
La tension était palpable lorsqu’un des militaires s’adressa à nous en nous voyant débarquer.
Surpris de nous voir arriver d’une zone si aride et dangereuse, il nous dit :
« Qu’est-ce que vous foutez-là !?
Il s’agit d’une p-tain de zone surveillée  ! »
Les différentes collusions qui pouvaient exister dans le secteur avaient rendu paranoïaque ce militaire n’ayant pas l’air très commode.
Aida lui expliqua très simplement la situation :
« L’avion de cette fille s’est écrasé hier dans le désert. Je l’accompagne juste à Kidal pour qu’elle puisse trouver un téléphone pour rentrer dans son pays. »
L’homme s’adressa abasourdi à Rouwaydah :
« Vous étiez dans l’avion qui s’est écrasé ?
Mais les médias ont annoncé hier qu’il n’y avait eu aucun survivant  ! »
« Voici ma pièce d’identité.
Vous n’avez qu’à vérifier sur la liste des passagers de l’embarquement si je n’étais pas présente.
Ce n’est pas ce que tout véhiculent les médias qui s’avèrent être une vérité.
Il est plus prudent de retrouver les morts pour ne pas faire l’erreur d’enterrer des vivants. »
L’homme resta muet un instant tellement sa gêne s’était davantage appesantie.
Puis il sorti de son mutisme.
« P-tain de m-rde ça alors ! »
L’homme s’adressa à ses subordonnés :
« Dépêchez-vous d’escorter cette petite jeune fille à la base pour la mettre en sécurité et contacter son ambassade au plus vite afin d’organiser son rapatriement  !! »
Un hélicoptère militaire de l’Armée française qui survolait le secteur atterrit pour me ramener avec Aida à la base militaire de Gao.
Une fois sur place, on mit à ma disposition un téléphone puis un officier me demanda si je désirais manger quelque chose :
« Vous avez peut-être faim mademoiselle Durieux  ? Souhaitez-vous manger quelque chose ? »
« Oui, volontiers. Si vous proposez un repas qui est halal, dans ce cas ce sera avec plaisir  ! »
« Ça alors ! Mademoiselle je ne pensais vraiment pas que vous étiez Musulmane.
A première vue vous ne m’avez pas du tout parue arabe  ! »
« L’Islam est universel très cher Monsieur. Il n’est pas restreint à une région ou à un peuple.
Le pays où se trouve le plus de Musulmans au monde est un pays d’Asie. »
L’homme resta bouche-bée et partit nous chercher deux salades de crudités après lui avoir signalé que la petite fille qui m’accompagnait devais avoir aussi certainement faim.
Je me suis assise sur une chaise en prenant un téléphone, Aida me sourit et me dit :
« Bi fadli LlAh (par la grâce de Dieu), ils vont être contents d’apprendre la nouvelle. »
En les appelant et les informer que j’étais toujours en vie, j’ignorais pleinement à cet instant précis que tous les médias m’avaient déclarée morte sans aucune preuve.
Repassant en boucle les miettes de l’Airbus dans lequel je me trouvais telle la lame d’un couteau qui vous rentre dans la chair et que l’on remue lentement dans la plaie du morale des familles.
Je composais le numéro de ma famille et ma mère répondit au bout de la deuxième sonnerie :
« Allô maman  ? C’est moi Chantal  ! Rassure-toi je suis toujours en vie  ! »
Une seule phrase suffit pour l’assommer par le choc, au point que je l’entendis depuis le bout du téléphone tomber au sol, comme si un revenant venait de vous passer un coup de fil….
Difficile de trouver les mots justes au téléphone en parlant avec une personne dont on vous a certifié la mort il y a tout juste quelques heures. On se fait à l’idée de ne plus jamais la revoir ni l’entendre. Quand jusqu’au lendemain, en plein milieu de l’après-midi, le téléphone se met à sonner et vous avez cette personne déclarée morte au bout du fil.
Tout cela parce que de débiles chaînes d’informations avaient déclaré faussement que le crash aérien n’avait fait aucun survivant :
« Allô papa  ? C’est moi  ! Je t’en prie ne raccroche pas ! C’est moi Chantal  ! Je me trouve sur une base militaire au Nord du Mali.
Rassure maman, je suis toujours vivante  ! »
« Mais Chantal ! Comment est-ce possible ?!
Je ne comprends plus rien  !! Toutes les chaînes d’informations ont annoncé que le crash aérien du vol dans lequel tu te trouvais n’a fait aucun survivant. Depuis hier nous sommes partis à l’aéroport où une cellule de crise psychologique nous a formellement annoncé que les débris de la carcasse de l’appareil a été entièrement retrouvé carbonisé autour de restes humains brûlés. Pour eux, tous les passagers du vol ont péri. Ils ont ajouté que l’identification des corps allait prendre plusieurs jours après que la tempête de sable ait recouvert toute la zone  ! »
« Dieu soit loué !
Je ne sais pas exactement comment j’ai pu me retrouver vivante lorsque l’avion s’est fissuré  !! Mais je suis bel et bien en vie et un avion militaire va dans quelques heures me rapatrier en France. »

Les médias allaient m’enterrer vivante sans même avoir vu mon corps.
Un cercueil en bois massif était déjà prêt, réglé par l’assurance de la compagnie aérienne alors que je venais tout juste de décoller du Mali pour l’aéroport du Bourget, tandis que tous les plus grands médias sortaient de façon débile et en boucle les faits d’une tragédie avec les plus béantes inexactitudes sur la catastrophe aérienne dont j’ai pu sortir indemne.
Leurs programmes avaient perdu tout à coup leur sens lorsqu’ils apprirent brusquement l’information  : une rescapée survivante du crash aérien avait été retrouvée dans la ville de Kidal et se trouve actuellement en chemin pour rentrer en France. Une dépêche inattendue tombée comme un cheveu dans leur ragoût de carottes.
Mon retour était pour moi une évidence précise comme le lever du jour.
Je m’attendais à ce qu’à mon arrivée il y ait une dure bataille pour obtenir l’exclusivité des premières images et des explications sur les circonstances d’un tel événement.
Un moyen pour moi de prendre une exquise revanche sur les données fallacieuses et frelatées de toutes ces chaînes malfaisantes qui, ne faisaient que la plupart du temps stigmatiser ma nouvelle religion ou à dissimuler la plupart du temps de l’origine des conflits dans le monde.
Lorsque l’avion atterrit sur la piste, j’aperçus à travers le hublot qu’à seulement quelques mètres de la piste se tenait une horde de journalistes qui avaient déjà commencé à mitrailler frénétiquement l’avion avec le flash de leurs appareils photos.
Tout arriva exactement comme je l’avais prévu.
En sortant de l’appareil, quatre policiers étaient venus m’escorter jusqu’à un taxi afin de me ramener chez mes parents.
En prenant la direction de la sortie, un groupe de journalistes m’interpella sauvagement alors que je m’apprêtais à grimper à l’arrière du véhicule :
« Mademoiselle Durieux, un petit mot s’il-vous-plaît pour BHMTv. Nous sommes actuellement en direct ! »
« Attendez avec certitude avant d’officialiser la mort d’une personne cela vous évitera de perdre totalement la crédibilité de la diffusion de votre programme et surtout de passer pour les derniers des co-s ! »
Un des journalistes tenta une technique sans succès pour récupérer la situation d’un scoop qui venait de leur passer sous les narines :
« Nous sommes vraiment heureux que vous aillez pu vous en sortir vivante et nous tenons à nous excuser si nous avons pu commettre certaines erreurs.
Que voudriez-vous dire aux Français qui n’y sont pour rien et qui attendaient impatiemment votre retour ? »
« Changez radicalement de programme avant de se rendre compte que ce qu’ils ont pris pour informations n’étaient en réalité qu’un tas de foutus mensonges.
Ah, autre chose vous concernant cette fois Monsieur. Pensez à changer la marque de votre dentifrice. Votre haleine est vraiment insupportable ! »
Lorsque mes parents me retrouvèrent après avoir pensé que je faisais partie de la macabre liste des passagers de l’avion, morts, et dans lequel je me trouvais, les retrouvailles ne pouvaient qu’être surchargées d’émotions.
Un sentiment inénarrable que peu de gens vivent et que j’étais la seule survivante de ce drame à vivre.

Dès que je suis rentrée, mes parents m’ont accueillie chaleureusement.
Je préférai attendre le lendemain pour leur expliquer mon choix spirituel de conversion à l’Islam.
Rejetée par sa famille après avoir frôlé la mort
(Le poids d’une décision)
Ma mère préparait le petit déjeuner, et m’avait entendu à l’aurore me lever pour faire mes ablutions le matin, à cause du bruit grinçant de notre robinet.
Elle enchaîna la discussion de manière curieuse et complètement inhabituel :
« Tu avais soif ce matin  chérie? Je t’ai entendu te lever en ouvrant le robinet  !? »
« Non maman, j’étais partie faire mes ablutions avant de faire ma prière du Fajr. »
Un regard dur et froid de mon père qui, lisait un article du journal au sujet de la tragédie avec en bas un article sur Daesh. Il jeta son journal sur le coin de la table et se mit à crier :
« C’est pas vrai Chantal !
Tu n’es tout de même pas devenue Musulmane ? »

« Et bien si  ! Ne vous en déplaise, j’ai fait ce choix  et toute seule ! »
« Je ne te crois pas tu es avec un Arabe c’est ça  ?!
Il a du t’endoctrinée.
Ou un Malien c’est bien cela ?!
Je sais qu’ils sont Musulmans dans la région où tu as été  !!
Chèrie va fouillée sa chambre elle peut étre ramenée une ceinture d’explosif ou c’est peut étre elle qui a fait sautée l’avion!? »
« Mais non ! Je n’ai côtoyé que Aida, une enfant nomade dans la région de l’Azawad au Nord du Mali  ! »
« Écoute Chantal, je comprends ton ouverture d’esprit, mais elle doit quand même avoir des limites. Tu dois bien comprendre que nous n’avons pas du tout la même culture que ces gens-là  !!
Et que notre pays est en état d’urgence.
Tu es Européenne Chantal, pas Africaine du Nord ou de l’Ouest ou Afghane ! »
« Mais maman  ! L’Islam est une croyance universelle pas une culture locale »

Mon père, furieux, renversa sa tasse sur la table et se mit à hurler :
« Jamais Chantal  !! Tu m’entends  !! Plutôt mourir que d’accepter ça  !!! »
J’aurais pu me noyer dans mes larmes lorsque mes parents m’ont rejetée.
Mais ma patience et ma foi ont été mon gilet de sauvetage.
Les éclats de la lune ne sont pas plus beaux qu’une femme qui garde sa vertu malgré la chaleur du soleil par foi en Celui qui a créé les astres.
Une voie escarpée menant à une impasse voilà à quoi ressemblaient les dialogues avec mes parents quand ils ont su que je suis devenue Musulmane.
Des brimades et des joutes verbales blessantes sont devenues mon quotidien, épluchant mon cœur comme la peau d’un légume qu’on finit par découper en tranches sur le plan de travail d’une cuisine :
« Tu as pensé à ce que sera ton futur ?
Qu’est-ce que tu veux devenir  ? La femme d’un membre d’Al-Qaida ou d’un lieutenant de Daesh ?
Après Kidal tu iras où ? Raqqua en Syrie ?!!
Ou faire quoi de ta vie ? Détourner un avion ou faire sauter un train Thallys en route ?!! »
« Maman calme-toi, je te répète que je suis partie au Mali dans l’unique but d’une mission humanitaire afin d’encadrer une équipe de forage d’un puits.
Mais qu’est-ce que tu t’imaginais  ??!
Les premières victimes de ces actes barbares sont les Musulmans à qui les médias osent imputer ce genre d’actes inhumains qui en font fréquemment la cible.
Combien de Musulmans en Afrique se sont fait tuer par des groupes comme Boko Haram  ?
Où va le sens de ta réflexion ?!
Un avis objectif ne se construit pas sur une propagande médiatique, ni d’ailleurs sur le refus de savoir et, comprendre que l’Islam n’autorise pas les crimes d’innocents!
La vie humaine est honnorée dans notre religion »
« Tous les jours on entend parler des réseaux djihadistes !
Chantal je ne l’accepterai jamais !
Tu nous déçois à un point que ta présence ici ne peut être acceptée si tu n’abandonnes pas ta décision  !! »
« Maman dois-je te rappeler que je me trouvais dans un avion il y a seulement quelques heures, où les médias ont annoncé ma mort sans aucune vérification, et aujourd’hui je suis face à toi en train de te parler  ?
Qui m’a sauvé la vie ?
Hein  ??! Et bien c’est une petite Musulmane.
Tout cela devrait quand même te faire réfléchir ! … »

Malgré mes tentatives d’explications cohérentes, reformulées de diverses manières, ils n’ont pas accepté.
Trop assourdis par les rengaines habituelles mensongères des chaînes de télévision et dérangés par la gêne du regard des autres.
Alors ils m’ont demandé de choisir entre rester ou abandonner pour faire ma vie ailleurs.
Comment pouvaient-ils agir ainsi ?
J’étais leur fille. Je n’avais rien fait qui pouvait justifier ce type de traitement.
J’appelais un taxi et ramassais mes affaires.
A ce moment-là, je pensais qu’ils allaient me retenir, mais ce n’était qu’un désir que je n’ai vu se réaliser.
Le taxi venait d’arriver et mes larmes ne pouvaient être retenues comme la fuite d’eau d’un robinet qui attend l’intervention d’un plombier devant tant d’incompréhension et de haine venant de ma propre famille.
Avant de franchir la porte de chez mes parents, ma mère qui se tenait dans le salon exhala un profond soupir avant de lâcher cruellement sa blessure verbale :
« Finalement j’aurais préféré qu’on m’ait annoncé ta mort dans cet accident aérien plutôt que tu te convertisses à l’Islam  !! »
J’essuyais mes larmes tout en gardant mon sang-froid pour lui répondre :
« J’aurais aimé que ton ignorance ne te conduise pas être injuste envers toi-même.
Je demanderai la bonne guidée pour toi dans chacune de mes prières  ! »
Malgré ma gorge nouée par la peine de sa parole, je partis de façon exemplaire.
Lorsque je suis montée dans le taxi, il était 16h15 et je ne savais même pas où aller. J’ai alors envoyé sur le chemin un SMS à Oumou, ma meilleure amie, afin de lui expliquer la situation.
Elle me demanda de venir. En route je demandai au chauffeur de changer d’itinéraire pour qu’il me conduise chez elle.
Arrivés devant chez elle, alors que le chauffeur sortit pour me remettre ma valise, un homme surgit sur le même trottoir à quelques mètres pour arracher le sac d’une vieille dame :
« Lâche ton sac vielle p-te ! »
L’homme tirait sur le sac violemment tout en lui assénant de violents coups de poings au visage. Mais la dame s’agrippait tenacement, en ne voulant pas lâcher les lanières de son sac.
L’homme prit la fuite après nous avoir vus venir, à son secours.
Un jeune homme noir qui se trouvait assis sur un banc sursauta pour pousser d’un coup de pied frontal le caddie d’un homme du Bangladesh qui faisait cuire du pop-corn sur la voie publique afin de couper la route au voleur.
L’homme passa par-dessus le caddie pour faire un vol plané sur le sol avant de se faire tabasser salement par un groupe de jeunes du quartier.
Lorsque l’avidité et la cupidité fusionnent pour devenir une obsession, la compassion pour les autres devient alors une tombe pour votre cœur…
La mort est comme un parfum dont on n’oublie jamais l’odeur.
Un encens fort que tout le monde va sentir.
Lorsqu’on perd un proche, l’une des choses les plus dures est de ne même pas avoir pu regarder une dernière fois son visage avant de l’avoir enterré et, de partir au service de l’état civil avec un certificat de décès digne des films de Martin Scorcesse.
Telle était le cas pour le petit frère de Oumou.
Trois balles à bout portant dans le crâne d’un gamin de dix-sept ans.
Certains en le voyant auraient pu dire qu’il avait la vie devant lui mais lorsque l’on côtoie l’illicite on a plutôt que les flingues et la mort devant soi…

Les vrais amis sont ceux qui restent présents et disponibles lorsque tout le monde aura eu un empêchement pour venir à l’enterrement d’un de vos proches.
Ceux qui arrivent à se libérer pour vous quand un drame cherche à vous emprisonner.
Ceux qui vous confortent lorsque le poids du deuil vous écrase le cœur.
Ceux qui portent le cercueil des membres des vôtres, comme ils porteraient ceux des leurs.
Ils n’attendent rien de leur présence à par votre apaisement car votre ami est seulement tranquille lorsque vous l’êtes.
Oumou a toujours été là pour moi, même quand je n’étais pas Musulmane. Son comportement était tellement charitable, doux et exemplaire, que cela m’avait fortement poussé à savoir ce qu’il l’a rendait aussi bienveillante et appréciable.
En rencontrant Aida dans le désert j’ai retrouvé chez elle les mêmes caractéristiques, la même projection de l’excellence du comportement.

Au fil du temps en approfondissant mon savoir sur l’Islam, je compris que les gens vertueux aiment se conduire avec les autres, tout comme ils aimeraient qu’on se conduise avec eux.
Les anges écrivent nos faits et gestes et nous ne sommes que les auteurs du livre de nos actes que nous allons trouver le jour de notre rétribution….
Le silence de l’amour
(Une revanche sur son passé)

Le cœur peut contenir aussi bien de l’amour que de la haine.
Le silence de nos sentiments ne peut se faire entendre que par des attentions qui remplacent l’absence de nos mots.
Aimer en silence c’est savoir prendre tous les risques pour rendre heureux, celui ou celle avec qui on aimerait finir par toujours être.
Mille cinq cents euros, c’est la somme que j’ai donné à un passeur afin que Hassane rejoigne les siens en se cachant dans une planque dissimulée derrière une fausse paroi d’un camion de  pneus qui allait partir dans quelques heures pour Londres.
Il n’était pas encore parti, que mon angoisse me torturait en me disant que j’allais ressentir un très grand manque lorsque je serai loin de lui.
Le passage que je lui avais offert était un cadeau que j’ai voulu lui faire. Comme lui donner une revanche sur son passé en l’aidant à oublier la mort de sa petite sœur renversée sur une autoroute près de Calais.
Lorsque Demba est mort, Oumou accepta que Hassane vienne chez elle, quelques heures avant le rendez-vous avec ses passeurs.
Je n’osai pas lui dire ce que je ressentais pour lui de peur qu’il pense que mon acte était dans le seul but d’attendre une attention particulière en retour qu’il aurait pu se sentir obligé de me rendre.
Je me suis dit que si son bonheur était ailleurs au moins je l’aurai aidé à l’atteindre.
J’ai préféré ne rien lui dire, ligotée par ma timidité et cherchant à préserver la vie de mon rêve.
On ne fait jamais le même rêve quand on se réveille brutalement même si on arrive à se rendormir.
J’ai confié à Oumou mes sentiments pour Hassane, seulement deux heures avant son départ.
Elle m’a conseillé d’être prudente sur le fait qu’il attendait peut-être quelqu’un derrière la Manche.
Sans me le dire, Oumou lui a parlé de mes sentiments sachant éperdument que je ne lui aurais jamais dit.
Elle sortit discrètement acheter une bague et la lui remettre à l’abri des regards.
Finalement Hassane n’est jamais parti, à moins d’un quart d’heure avant son départ, en partant pour me remercier.
Il me demanda si j’accepterais un jour de devenir sa femme me tendant une bague que Oumou lui avait remise furtivement en rentrant.
C’est à ce moment-là que j’ai su que Oumou lui avait tout révélé.
Si l’amour n’a pas de frontière, il s’arrête souvent devant la difficulté de trouver comment savoir dévoiler ses sentiments.
Le cœur renferme aussi bien l’amour que la haine.
Le silence de nos sentiments ne peut se faire entendre que par des attentions qui remplacent les mots.
J’ai eu une jeunesse ayant souhaité tuer le temps.
Puis j’ai vu mourir ceux qui ont essayé avant moi en constatant que les aiguilles des montres tournaient encore.
Alors je me suis dit que j’allais m’en faire un allié plutôt qu’un ennemi.
Les sentiments les plus agréables d’un désir enfoui au fond de moi-même ont vu le jour où je me suis mariée.
La grande sœur de Hassane était venue de Londres exclusivement pour l’événement.
Quant à mes parents, ils n’ont pas donné suite à mon faire-part ni à mes messages vocaux laissés sur leurs répondeurs. Toute tentative de renouer un contact avec eux ressemblait à un labyrinthe sans sortie.
Au fond de moi une inextricable peine se mélangeait à mon bonheur après avoir été rejetée par les miens pour une chose aussi belle que l’Islam.
Oumou s’était habillée comme si elle allait se marier.
Elle me fit la surprise de me faire une robe africaine qu’elle m’offrit le jour de mon mariage.
Je sentais au fond d’elle le bonheur tellement se dégager pour moi, que sa présence à presque combler toutes les absences.
Sur le quai de la gare du bonheur, les trains ont des fois des problèmes d’aiguillage.
Le lendemain, Oumou ne s’était pas réveillée. Elle a eu une crise cardiaque durant son sommeil.
Sa plus jeune sœur, Kankou, m’appela pour m’annoncer sa mort au bout du fil.
Mon téléphone portable sonna le lendemain en milieu de matinée et je répondis en voyant le numéro de Oumou s’afficher :
« Allô!!, Oumou ? »
A ma plus grande surprise ce n’était pas elle mais sa sœur qui m’annonçait le décès de celle qui était ma meilleure amie.
La mort est comme une longue file d’attente qu’on rejoint dès notre naissance sans que personne ne se bouscule pour prendre la place des autres, et sans savoir par quel ordre alphabétique ou quelle zone géographique elle suivra son cours.
Les joies viennent toujours après les peines.
Et le langage de la mort est celui que même les sourds et les muets peuvent comprendre en la côtoyant
La tristesse aurait pu me pendre, tellement que sa corde invisible s’était glissée autour de mon cou et avait brusquement nouée ma gorge par le chagrin.
Lorsqu’on est face au linceul de sa meilleure amie, on pense inévitablement à quand viendra notre tour.
Les éclats de ses rires raisonnent encore dans le vide de ma tête.
J’aimerai avoir seulement une minute supplémentaire pour lui dire ce qu’elle représentait pour moi.
Mais je sais et j’accepte le fait que je n’aurai pas une seule seconde pour la revoir dans ce bas-monde…

Un raz-de-marée de larmes a noyé mes yeux.
Mon mari Hassane avait tellement de la peine pour moi ce jour-là qu’il m’a demandé si je voulais partir au Mali avec elle pour le rapatriement de son corps.
Je lui ai répondu que cela m’aidera beaucoup pour mon deuil.
Alors je repartis au Mali.
On ne montre jamais assez à nos proches qu’on les aime alors que le sursis de la mort peut tomber à n’importe quel moment pour nous priver de leur présence.
Notre amour qui aime tant se cacher en nous se désole du fait d’avoir bafoué les instants présents sans avoir pu leur dire au revoir.

Les vivants attendent de nous de ne pas être traités comme des morts.
Et les morts croyants attendent de nous des invocations pour sentir que vous les avez sincèrement aimés.
La mémoire enregistre les meilleures séquences du film de nos vies, parfois nos esprits deviennent des salles de projection dans lesquelles défilent tous les détails de notre passé, nous rappelant que nous ne sommes que des êtres mortels ne laissant aux gens que des souvenirs.

Kangaba, ville du Mali, située dans la région de Kiloukoro, voilà où j’ai accompagné la famille de Oumou pour son enterrement.
Je suis restée quatre jours avec Astou, la plus jeune sœur de Oumou, chez sa famille
Les gens du quartier étaient tristes pour le décès, mais contents de voir que nous étions venus accompagner Oumou auprès des siens.
Une femme blanche, voilée, aux yeux verts, il faut dire que c’était un peu inattendu pour les habitants.
Deux jours après l’enterrement, un oncle à Oumou nous reçut chez lui et nous conseilla de passer voir Chaykh Salahou Dine un homme très modeste et vertueux ayant l’habitude d’avoir ses invocations exaucées.
Âgé de 80 ans, il devait paraître seulement n’en faire que 45 ans.
Portant la bienveillance sur les traits de son visage, il passait ses journées à évoquer le nom de Dieu ou à être en prière, quand il ne s’occupait pas de nourrir les enfants abandonnés.
En rentrant chez lui, il n’y avait qu’une petite table et un coin aménagé pour qu’il puisse dormir.
En nous voyant arriver il demanda à un enfant qui jouait devant chez lui de ramener des brochettes de viande.
Lorsqu’il me vit, nous discutâmes et je lui racontais l’histoire de mon avion qui s’était écrasé et comment je me suis convertie à l’Islam.
Il versa une larme de joie et me demanda comment mes parents avaient pris la nouvelle :
« Comment tes parents ont-ils réagi ? »
« Très mal. Ils m’ont rejetée en ne voulant rien comprendre.
Il y a peu de temps, je me suis mariée et ils n’ont même pas répondu à mon invitation.
Ils ont une vision faussée de l’Islam, nourrit par les médias qui ne font absolument pas la distinction entre le terrorisme et la réalité de l’Islam. »
« Que  Allah les guide. Je ferai des invocations dans ce sens pour eux.
La sérénité s’obtient après les efforts du savoir. Quant à l’agressivité, elle est le résultat de la plus grande des faiblesses intellectuelles qui découle des ignorants. »
De retour du Mali, Hassane et moi avons emménagé dans une cité beaucoup plus au nord de Paris.
La Seine-Saint-Denis, un département où la crise du logement a transformé cette région de la banlieue parisienne en l’un des plus grands territoires de marchands de sommeil, tous entassés dans des logements vétustes dangereux aux installations insalubres.
Un lieu glauque ressemblant à un club échangiste pour cafards ou parfois les rats font leurs apparitions dans les couloirs mal éclairés de l’immeuble cherchant à se faire la dent sur le stock de courses des prolétaires qui ronflent, fatigués par cette vie si peu radieuse.
L’installation électrique ressemblait à la préparation d’un acte terroriste parce que le gardien avait honteusement baissé les bras et la rumeur disait que dans quelques mois il sera loin au soleil en retraite dans le sud de la France.
Un mois après notre arrivée, un incendie s’est déclaré. Si mon mari ne m’avait pas réveillée, je serais partie rejoindre Oumou :
« Rouwaydah, lève-toi vite ! Il y a des flammes partout ! »
Hassane immergea notre couette de lit d’eau sous la douche et nous l’avions mise sur nous pour sortir d’un immeuble en feu.
Hassane porta deux enfants en pleurs dans un couloir en fumée.
Des cris de douleur de gens en train de se faire carboniser :
« Aaaaaahhhhhh !!! »
Une panique collective où chacun pensait à sauver sa peau et celles de ses enfants.
Par la grâce de Dieu, je sortis indemne depuis le huitième étage avec Hassane et deux enfants d’origine guinéenne.
Devant l’immeuble en flamme, ils furent pris en charge par les pompiers.
Ils ne cessaient de demander après leur mère :
« Et maman ? Elle est sortie par où maman ? »
Hélas, ils n’ont jamais revu leur mère après qu’elle ait péri dans les flammes d’un taudis de la banlieue nord.
Ce jour-là mes larmes ressemblaient à la lance à eau des pompiers.
Comment retenir ses larmes lorsque vous voyez des enfants attendre quelqu’un qui ne reviendra plus  ?
Habitat indigne à hauts risques d’incendie où les bailleurs véreux se moquent de faire rôtir les populations les plus démunies en majeure partie, originaires du Maghreb ou d’Afrique subsaharienne.
Après l’incendie ayant tué la mère des enfants, ces derniers furent placés dans un foyer d’accueil.
Et nous comme la plupart des gens de l’immeuble relogés dans des hôtels sociaux miteux de la Seine-Saint-Denis.
Nous atterrîmes à Saint-Denis, au quartier de la gare plus précisément à l’hôtel d’Anjou au bord du passage du tramway, un repaire de squatte délabré loué aux migrants en attente de régularisation de leurs papiers.
Le supermarché de la drogue dure et la piste des arracheurs de téléphones mobiles.

Un soir de la première de la première semaine que nous emménageâmes, un dealer se prit deux balles dans la tête vers 21 heures, laissant une trace de sang sur la vitre de la cabine téléphonique dans laquelle il se trouvait pour passer son coup de fil.
L’ambulance arriva bien longtemps après.
Lorsque je vis par la fenêtre qu’elle resta si longtemps stationnée, je sus qu’elle venait prendre un cadavre, mais qu’avant, elle attendait la balistique pour qu’elle détermine avec quel type d’armes il venait de se faire trouer.
Les punaises de lit et le bruit des dents des rats qui rongent les murs nous rendaient insomniaques.
Quand le bruit des balles ne venaient pas siffler sur quelqu’un, des logements devenaient vite des cercueils pour leurs habitants comme des drames déjà vus et ressemblant à la tragédie du boulevard Vincent Auriol.
L’insécurité en termes de logement faisait partie de notre décor.
L’insalubrité est un pyromane qui aime allumer le feu quand tout le monde dort.
Des logements dangereux en sur occupation, des familles en attente de régularisation de papiers ne pouvant même pas dormir à cause des rats qui s’introduisent par effraction pour ronger tout ce qu’il y aura à gratter.
Au départ je pensais naïvement que tous les logements sociaux étaient censés nous mettre à l’abri, mais en réalité beaucoup d’entre eux présentent des signes annonciateurs de mise en dangers mortels.
Dur de vivre sous un toit, qui risque à tout moment de s’écrouler.
J’ai vu des gens se voiler la face concernant le choix de mon voile.
Me regardant avec haine,incompréhension, inquiétude ou parfois tristesse me poussant à nerveusement sourire comme si le choix que j’avais prise n’était pas le mien.
Mais une sorte d’injonction provenant d’une toute autre personne que moi, ayant décidé de recouvrir ma zone de pudeur.
Les mentalités sont souvent lentes et parfois déréglées lorsque les publicitaires utilisent à outrance le nudisme du corps de la femme pour vous vendre n’importe quel nouveau produit et que les médias derrière vous, désignent comme un nouvel ennemi pour masquer l’échec d’un gouvernement politique en place.
J’ai souvent entendu des remarques désobligeantes auxquelles je n’ai pas vraiment porté attention, car ma religion m’a plus apprise à patienter face aux épreuves, plutôt que de réagir sans aucun self contrôle….
L’amour ne peut voir le jour que quand la haine ressemble au vent qui déplace les nuages cachant le soleil.
En théorie, les logements d’urgence sont provisoires mais en réalité vous pouvez finir par y rester des années comme cette dame qui habitait au rez-de-chaussée avec ses trois enfants, après être venu avec ses enfants du Niger.
Le quartier était toujours agité par quelque chose d’imprévue  : règlement de compte ou tentative de vol à l’arraché qui finissait souvent par un sprint du voleur bousculant tout le monde avant de subir un lynchage public.
Tantôt c’était les plus jeunes qui étaient recherchés après avoir dérobé la recette de l’argent dans la cachette aux dealers. Tantôt c’était un junkie en manque qui partait en solitaire, braquer un autre junkie ayant tout juste acheté son crack.
L’alcool et le trafic de drogues dures ont formé les marécages de la violence et beaucoup de jeunes ont posé leurs deux pieds sur ces sables mouvants….
Si les regards des vôtres deviennent vides alors n’attendez pas pour les remplir d’amour.
Un cœur qui bat pour une personne qu’on aime, fera toujours moins de bruit qu’un flingue qui tire sur une personne qu’on tue.

Attendre un enfant sans son père
(Enceinte et veuve)

Deux mois après la mort de Oumou, je perdis cette fois mon mari.
Sa mort est arrivée brusquement.
Un jour, en rentrant du travail et à seulement quelques mètres d’où nous habitions, deux balles se perdirent sur Hassane. Une lui arriva en plein cœur, l’autre dans l’abdomen.
Si la foi n’avait pas été dans mon cœur, je pense que ce jour-là je me serais jetée sous la première voiture qui passait.

Hassane avait l’habitude de toujours rentrer vers 19 heures.
Mais cette fois, il avait fait une halte pour prendre quelques pâtisseries dans une boulangerie du quartier.
En entrant dans la boutique, un homme surgit pour abattre un autre homme qui réglait ce qu’il venait d’acheter. Apparemment un différend les opposait. Une sombre histoire d’argent liée à un trafic de stupéfiants.
Il a commencé par lui tirer une balle dans le mollet avant de lui tirer plusieurs fois dessus. Hassane fut touché à deux reprises :
« Tu me dois du fric sale fils de p-te et tu t’achètes des chouquettes !
Je vais t’en mettre des chouquettes faites maison. »
L’homme sous l’emprise de drogue, ouvrit le feu.
Bang ! Bang ! Bang !
Il tirait sur tout le monde et s’était barré avec une part de flan et une cannette.
Il laissa d’ailleurs ses empreintes sur la porte du frigo après s’être servi.
A 20 heures, je descendis en bas, dans le quartier, après avoir entendu deux coups de feu, et me disais que j’allais sûrement le croiser en le voyant marcher près de l’arrêt du tramway Gérard Philippe.
En sortant deux femmes discutaient entre elles en parlant du drame qui venait de se produire :
« Il a tiré sur tout le monde dans la boulangerie.
J’ai eu de la chance, j’allais chercher une baguette  ! »

Sur les lieux, la Police avait bloqué entièrement le passage.
J’appelais sur son téléphone. Sa ligne sonnait mais personne ne répondait.
En avançant vers le périmètre, je retentais. Au bout de la troisième sonnerie, en plein milieu du bruit de la rue, j’entendis la sonnerie de mon mari qui provenait d’un homme allongé dans une civière, à l’intérieur de la boulangerie.
Au loin je vis un pompier retirer de sa veste son téléphone alors qu’il se trouvait inerte.
Je commençais à brutalement trembler et à me sentir mal, en ayant des vertiges de dégoût jusqu’à brusquement m’évanouir sur le sol.
Ce soir-là dans cette boulangerie de quartier les cerises n’étaient plus sur les gâteaux, mais l’équipe de la balistique a retrouvé des douilles sur le dessus des fraisiers.
A l’hôpital lorsque je repris connaissance, on m’annonça deux choses  : que mon mari était mort et que j’attendais un enfant de lui….

Puisque la mort est inévitable, toute tentative d’ignorer cette réalité  finit  tôt  ou tard par nous en dissuader….
Toute ma vie a encore basculé dans une salle de réveil de l’hôpital  Delafontaine de la ville de Saint-Denis (93).
A quelques minutes d’intervalle, des médecins m’annoncèrent que mon mari a succombé à ses blessures par balle et que j’étais enceinte de lui de deux mois.
Deux balles de fusille à pompe ont condamné la naissance de mon futur enfant à une famille mono parentale.
Dans ce lit  d’hôpital,  mes larmes coulèrent comme une fuite due à des dégâts des eaux, mais je sais maintenant que je dois me battre seule pour l’enfant que mon mari m’a laissé avant qu’il naisse.
Tout était confus dans ma tête en pensant tristement que je n’entendrai jamais l’enfant que je porte dire un jour papa.

Les sœurs  de Oumou étaient venues pour me serrer dans leurs bras et m’inviter à venir habiter désormais chez eux.

Sept mois plus tard, mon enfant est né. C’était un garçon. JE lui ai donné deux prénoms  : Mouhammad et Hassan.
Avant les douleurs de l’accouchement, je m’étais privée de sourire avant de voir le visage du fils que je portais.
Le jour de sa naissance j’ai pleuré à la fois de joie et de tristesse en voyant qu’il ressemblait beaucoup à son père.
Reconstruire sa vie et parfois dur. Et croire encore au bonheur devient nouveau et possible que lorsque vous voyez les premiers sourires de votre enfant.

La première semaine où j’ai pu commencer à travailler avec mon voile, il y a eu cet attentat sanglant en plein Paris, dans les locaux d’un journal satirique.
Plusieurs journalistes ayant fait des caricatures sur le prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) ont été tués à l’arme lourde par des individus en fuite.
Une psychose et une atmosphère de méfiance à l’égard des Musulmanes travaillant dans l’entreprise s’est alors très vite installée alors que nous étions aussi secouées d’apprendre cette nouvelle comme si déjà nous n’étions pas assez stigmatisées.

Ce matin, je m’étais juste levée pour partir au boulot afin que mon fils ne manque de rien et je me retrouvais à être dévisagée comme une intégriste prête à tuer n’importe qui si quelqu’un ne pensait pas comme moi.

Dans la journée notre responsable de plateau est venu pour que l’on fasse une minute de silence pour le meurtre des dessinateurs en nous invitant à porter des affiches je suis Charlie.
Nous étions deux à ne pas y avoir été.
Autant que je pouvais ressentir de la peine pour la famille des victimes je ne pouvais cautionner l’insulte et le blasphème sous couvert de la liberté d’expression.
Je n’étais pas ce jour-là celle qu’il voulait que je sois.
Je suis restée insoumise à ne pas cautionner le non-respect du sacré.
Mon mari est mort par balles sans avoir droit à une seconde de silence comme tous ces êtres humains qui meurent chaque jour dans différents pays, dans l’indifférence la plus totale, que ce soit au Congo, en Irak, en Palestine, en Syrie, en Birmanie ou encore en Centrafrique.
Si le respect des minutes de silence s’était appliqué pour tous ceux qu’on assassine à travers le Monde, alors le silence de la compassion aurait fait taire le bruit de l’indifférence.
Dans les heures qui ont suivi l’attentat dans les locaux de la rédaction du magazine Charlie Hebdo, les actes islamophobes se sont fortement accrus à l’égard d’une communauté innocente de telles actes.
La peur était palpable dans les regards des passants et entretenue sournoisement par l’influence des grandes chaînes de médias en ébullition sur la traque des auteurs des faits ayant réussi à prendre la fuite.
Incompréhensions, peurs, malentendus, psychoses et délits d’intolérance étaient apparus au grand jour, en s’étant incrustés de façon malveillante dans la plupart des discussions des usagers des trains de grandes gares parisiennes.
Dans les transports publics, certains voyageurs ne se gênaient pas pour dénigrer à outrance l’Islam en la tenant responsable de l’origine de l’extrémisme ou de tout acte émanant du terrorisme religieux.
Je me sentais être devenue injustement une cible dans mon propre pays par le fait d’être constamment assimilée au contraire de mes propres valeurs.
L’intolérance qui sommeillait chez certains s’était réveillée très férocement. Alors que j’espérais le meilleur à tous ces gens. Je me suis mise à penser :
« A qui profiterait le choc des civilisations si ce n’est aux plus grands oligarques de la planète ? »

En revenant d’une journée de travail stressante et répétitive, je vis la jumelle de Coumba, Hawwa, assise sur le canapé du salon. Elle n’avait vraiment pas l’air d’être dans son assiette. Habituellement, à l’heure à laquelle je rentre, elle joue toujours follement avec mon fils Hassan en faisant un boucan pas possible. Comme les parents de Oumou étaient restés au pays depuis son enterrement, il y avait parfois un peu d’abus forcément.
Quand j’étais rentrée, j’ai remarqué son air abattu tellement elle semblait pensive et mélancolique, comme préoccupée par quelque chose de personnel. Je décidais de rester un peu en sa compagnie et elle se confia rapidement.
« J’en ai vraiment marre, Rouwaydah.
J’ai appelé mes parents au bled pour leur dire qu’un homme veut m’épouser, mais ils refusent catégoriquement  ! »
« Patiente  ! Peut-être qu’ils s’inquiètent simplement de savoir qui il est, mais qu’à leur retour en faisant connaissance avec lui, cela leur passera. »
« Rouwaydah, ils m’ont dit que je dois l’oublier, tout ça parce que sa famille est de caste forgeron.
Bi-Llaahi (Par Dieu) il est clean, il m’a toujours grave respectée et il est bien dans le dine (la religion).
Je ne sais plus quoi faire pour arranger cette situation  ! »
« Demande à un imam de leur parler pour arranger la situation.
Il pourra leur donner le conseil et des preuves religieuses qu’il n’y a pas de raison de s’ opposer à votre union.
Qu’ils n’oublient pas que le plus honorable selon le jugement de Allah est celui qui Lui accorde le plus de crainte.
Un nom de famille comme une couleur ne garantit pas la droiture chez un homme. »

J’ai donc appelé l’imam pour lui expliquer la situation.
Compréhensif et à notre écoute, il comprit tout de suite que cela était un problème de caste. Il s’est alors déplacé et a ensuite parlé dans la langue des parents de Hawwa et finalement, ces derniers acceptèrent raisonnablement.
Depuis que Hawwa savait qu’elle allait se marier dans deux semaines, elle a recommencé à jouer frénétiquement avec mon fils Hassan jusqu’à ce que le jour du mariage arrive……

Deux jours avant le mariage de Hawwa, j’ai été licenciée abusivement de mon travail après être tombée sur un flagrant délit de harcèlement sexuel.
Au lieu de partir à ma pause rejoindre un groupe parti encrasser leurs poumons de tabac, j’étais restée tranquillement à mon poste de travail pour surfer sur les pages du net afin de trouver une idée de cadeau pour le mariage de Hawwa. Lorsque brusquement, j’entendis une conversation sordide et perverse provenant du responsable du plateau en train de faire des avances à une nouvelle recrue, tentant d’exercer un odieux chantage concernant la période d’essai de son contrat.
Il n’avait même pas remarqué que j’étais restée à mon poste :
« Sabrina, dis-moi, tu te sens bien au sein de notre entreprise ?
J’ai remarqué que tu commençais à nettement mieux t’améliorer. Cela me ferait très plaisir que tu restes parmi nous.
Mais tu sais, tu es encore en période d’essai.
Il te reste certaines preuves à faire si tu veux rester.
Est-ce que tu es vraiment prête pour cela ? »
« Oui, je suis prête à accepter tous les bons conseils pour rester. J’en suis consciente et je suis prête à faire tout ce qu’il faudra pour m’améliorer afin de pouvoir rester  ! »
« Voilà le genre de discours que j’aime. »
L’homme se mit à trembler nerveusement et à outrageusement sortir son phallus en érection tout en se montrant extrêmement menaçant :
« Allez sois gentille, mets ça dans ta bouche et je te garantis un CDI  ! »
La jeune fille hurla de peur en reculant.
Il fut totalement surpris de me voir levée de mon siège.
Je suis immédiatement intervenue en lui jetant à la figure un verre de thé tiède.
L’homme se mit à crier en étant légèrement brûlé au visage.
« Aaaaaahhhhhh !!!! »
Des agents de la sécurité intervinrent sur le champ et l’affaire se retourna contre nous deux.
Une heure plus tard le responsable donna une version entièrement fabriquée :
« Bon j’aimerai vraiment avoir une explication Mr Khan sur ce qui s’est passé  ! »
« Mr Guntberg, je plaisantais avec Sabrina et Rouwaydah est venue sauvagement m’asperger de son thé. »
Je n’ai pas résisté à l’envie de répondre :
« Vous mentez Monsieur !
Vous lui avez fait du chantage pour obtenir des avances car elle est toujours en période d’essai et vous le savez ! »
« Écoutez Madame Durieux, ce sont quand même des accusations graves. »
Le directeur très mal l’aise me demanda de rentrer en me précisant d’un air agacé que je recevrai mon solde de tout compte par La Poste.
La jeune fille n’a pas été renouvelée après sa période d’essai car l’affaire avait fait un grand bruit.
Monsieur Khan quant à lui, était revenu reprendre son poste après une semaine d’interruption de travail.
Il faut vous préciser que l’exhibitionniste jouait dans le même club de tennis que le grand directeur.

Vue sur un violent règlement de compte
(Le salaire du crime)

Le jour du mariage de Hawwa, je reçus une lettre de l’Office des HLM de la Seine-Saint-Denis pour me signifier l’obtention d’un F2 à la Cité Salvador Allendé à Saint-Denis (93)
Je remerciais Allah car certains attendent des années avant d’avoir un logement. Mon fils Hassan allait enfin avoir sa chambre.
Quatre mois après avoir emménagés, un drame survint alors que j’accompagnais mon fils à la crèche. Mon fils s’est fait renverser par la voiture d’un caïd du quartier qui effectuait une imprudente marche arrière. Il sortit de son véhicule complètement tétanisé en restant immobile par son geste.
Puis il réagit et se mit à crier à certains guetteurs postés dans différents recoins du quartier :
« Au secours ! Appelez les secours pu- ain de m-rde ! Je n’ai pas mon téléphone sur moi !
Dépêchez-vous d’appeler une ambulance !
Ça va allez petit ! Ça va allez, tu vas t’en sortir  !! »
Paniquée en voyant mon fils au sol, je me suis mise à lui dire, les yeux papillonnant de chagrin :
« Hassan, ne me laisse pas toute seule tu es le seul souvenir qui me reste de ton père ! Yaa Rabbi laisse-le moi ! »
L’homme me voyant invoquer ne savait plus comment réagir. Un médecin généraliste qui était en consultation dans un immeuble en face, accourut et se mit à genoux puis le tourna sur le côté afin de prendre son pouls :
« Il respire et est seulement assommé. Par chance, son cartable a amorti la chute. Si il ne l’aurait pas eu, cela aurait été sans doute beaucoup plus grave  !! »
Le caïd à ce moment ne put refouler ses larmes :
« Je vous demande pardon Madame, j’ai deux petites sœurs, je ne voudrai pas qu’il leur arrive quoi que ce soit  ! »
« Qui suis-je pour ne pas pardonner  ?
Demande d’abord pardon à Dieu d’avoir failli ôter l’âme d’un innocent. »
L’homme resta secoué et hagard par son geste et par la franchise de mes paroles jusqu’à ce qu’un camion de pompier rapplique.
Muet et honteux, l’homme ne faisait qu’écouter les commentaires des plus jeunes de la cité  :
« Ouais mais c’est un ouf lui de taper une marche arrière aussi brusque devant le hall.
Il doit se défoncer dès son petit-déjeuner  ! »
Je n’ai pas souhaité porter plainte car finalement j’ai plus eu de la peine pour lui qu’autre chose.
Cet éventement m’avait évoqué le passé des voisins de Oumou qui avaient perdu une de leurs filles, renversée en bas de leur quartier.
Le chauffard n’a pas supporté son geste qu’il avait envoyé une vingtaine de lettres d’excuses aux parents de la gamine. Ces derniers lui répondaient à chaque fois le même message sincèrement :
« Du papier et de l’encre ne rendront jamais un être fait d’os, d’âme, de chair et de sang. »
L’homme a fini par se pendre une nuit dans sa cellule au bout de sa deuxième année de prison.
Laissant une dernière lettre cette fois adressée aux siens indiquant qu’il ne pouvait plus vivre avec le poids de cette tragédie sur la conscience.
Le cœur est un organe mystérieux où vous pouvez aujourd’hui profondément haïr quelqu’un et finir par l’aimer le lendemain.
Voilà ce qui s’est passé avec le temps au sujet de celui qui avait failli tuer mon fils.
Il partit à l’hôpital une heure après l’accident et débarqua avec un sac de sport rempli de jouets.
Je refusais car je savais que cela provenait du trafic de drogue parce que je le connaissais de vue et la plupart du temps où j’ouvrais ma fenêtre pour faire la cuisine, je le voyais servir ses clients.
Nous habitions le même immeuble, alors je n’ai pas accepté qu’il accepte ses cadeaux.
Il me demanda s’il pouvait voir mon fils quelques minutes lorsqu’il a repris connaissance. J’acceptais pour le rassurer.
« Hé bonhomme, tu m’as vraiment foutu la trousse. Pardonne-moi.
J’ai vraiment fait n’importe quoi ! »
« Je te connais, tu es notre voisin. »
« Oui bonhomme, on habite le même immeuble  !! »
« Je dois reconnaître que c’est ma faute aussi, je l’ai laissé sortir avant moi devant le hall tout seul.
Je n’aurais jamais dû manquer de vigilance  ! »
« Désolé pour les jouets mais je ne vais pas pouvoir accepter. Mon mari est mort à cause d’un règlement de compte entre dealers, dans une boulangerie du centre de Saint-Denis.
Je tiens vraiment à préserver mon fils de tout cela. »
« J’avais entendu parler de cette histoire c’était il y a trois ans. »
« Trois ans jour pour jour. »
« Je comprends. Si vous avez besoin d’un coup de main un jour, n’hésitez surtout pas.
Je m’appelle Dawoud et vous ? »
« Rouwaydah. Si vous voulez me faire plaisir, roulez plus doucement à l’avenir et changez vos fréquentations.
Ma meilleure amie a perdu son petit frère récemment suite à un affreux règlement de compte lié au trafic de drogues. »
« Pourquoi me dites-vous tout cela ? »
« Si mon conseil peut-être un bien pour vous, alors j’aurais fait l’effort de vous le donner. N’oubliez pas que de nos fenêtres nous avons la même vue sur ce qui se passe dehors. »
« Est-ce que je peux vous ramener si je vous promets de rouler doucement  ? »
« Désolée mais je n’y tiens pas.
Si on cherche à vous tirer dessus, je m’en voudrais toute ma vie si mon fils se prend une balle parce que j’ai accepté votre invitation.
Ne vous inquiétez pas nous allons prendre le bus. »
« Merci pour votre patience Rouwaydah. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression de vous avoir déjà vu quelque part.
Ça y est ! Je me souviens  !! Vous avez échappé à un crash aérien et vous n’avez pas voulu répondre à un journaliste  !! »
« En effet c’était moi.
Je suis surprise. Vous avez une très bonne mémoire  ! »
« Faites attention à vous et surtout à tous ceux que vous pouvez fréquenter. »
« Je vais essayer  ! Je ne veux pas vous le promettre juste pour vous faire plaisir. »

Deux jours après notre discussion, Dawoud se prit deux balles dans l’épaule.
Lorsque l’argent d’un business est très lucratif, il conduit toujours à des rivalités ou de sanglantes embrouilles surtout lorsqu’un de vos partenaires s’amuse à rendre la monnaie à l’un de vos acheteurs avec de faux billets.
Une balle de neuf millimètres de quelqu’un qui veut vous tuer, ça ne prévient pas.
Ça ricoche ou ça vous touche.
Il devait être 20 heures, mon fils regardait ses al moughamarate (bandes dessinées), lorsqu’il sursauta après avoir entendu le hurlement des pneus d’une voiture freiner brusquement et quatre coups de feu successifs.
Un homme a crié de panique :
« Dawoud est touché  !! Appelez une ambulance ! »
« Mon épaule p-tain ! Ça me fait trop mal ! »
Ils l’allongèrent délicatement sur le dos et un guetteur mit sa veste sous sa tête.
En tirant mon rideau, je vis son visage et nos regards se croisèrent le temps que l’ambulance n’arrive.
Dans ses yeux j’ai pu lire pourquoi ne t’ai-je pas écouté  ?
Autour de lui, les gens s’agitaient :
« Allez chercher les broliks au cas où ils reviennent  !! »
Malgré la douleur, lorsque les ambulanciers arrivèrent pour le mettre dans la civière, il leva son pouce en esquissant un léger sourire tout en me regardant pour me rassurer.
Mon fils me dit alors :
« Qu’est-ce qui se passe dehors maman ? »
« Rien de bon mon chéri, retourne lire ta bande dessinée et n’oublie pas que demain tu as école. »

Lorsque l’argent sale est en jeu, les canons des armes finissent toujours par avoir la diarrhée.
Après que l’ambulance soit partie, tout a violemment dégénéré.
Le cerveau du terrain a rappliqué furieux, et prit un air renfrogné lorsqu’il entendit du meilleur ami de Dawoud assis à l’arrière d’une voiture cette phrase :
« Je l’ai reconnu celui qui a tiré  ! C’est le mec à qui j’avais refilé mes deux faux billets de cinquante quand il était venu pécho hier  !! »
« Quoi  ???! Tu veux me ni-ker le business que j’ai durement mis sur place ?
Et par ta faute Dawoud allait crever !
T’as pas le mental pour bosser avec nous toi, sale fils de p-te !
D’ailleurs je ne t’ai jamais senti  !! »
L’homme saisi son arme pour lui tirer trois balles à bout portant.
L’homme qui était au volant hagard et sous le choc, coupa son poste qui jouait un morceau du rappeur C-Murder pour se mettre à crier :
« M-rde ! Pourquoi tu l’as buté dans la voiture de ma sœur ?!
Me-de ! Me-de ! Et p-tain de me-de !
Elle a un examen demain  !!! J’ai déjà dû batailler lourd pour qu’elle me fasse confiance et que je puisse la prendre  !! »
« Écoute, je t’achète cette voiture au prix neuf que ta sœur l’a achetée et je te paye en cash tout de suite  !! »
« Et mais t’es marrant mec ! Comme si je savais à combien ma sœur a acheté sa bagnole  !! »
« Fait chi-r ! Je te l’achète neuve et on ne parle plus de cette histoire  !!
On ne va pas laisser un petit c-n nous saboter notre business quand même  !!
Allez, ramenez une couverture. On va le transformer en colis pour lui offrir son baptême de plongé dans la Seine… »

Alors que j’enfilais le pyjama de mon fils, d’un air inquiet, il me posa une question  :
« Pourquoi tu ne fermes pas les volets comme d’habitude, maman  ? »
« Pas ce soir chéri. Le quartier n’est pas en sécurité. Va te brosser les dents.
Je t’expliquerai tout cela demain. »
Je partis me coucher avec mon fils en le serrant très fort contre moi et l’ai tendrement embrassé sur le front. Nous finîmes par nous endormir.

Si ce soir je préférais ne pas fermer les volets, c’était de peur que les gens d’en bas remarquent que j’ai pu savoir ce qui s’était produit.
Les douilles tombent toujours en cascade quand la source d’un différend est lié à l’argent de l’illicite.
Les balles ont tous la même signature  : des trous dans la peau de leurs victimes.

Ce qui change à chaque fois, c’est juste le diamètre du trou en fonction du calibre utilisé ainsi que le nom de la victime qui est morte.

La rue est comme un parc d’attraction pour la mort, tout est une histoire de grands manèges, de gens qui attendent leurs tours…

Une gâchette sous pression
(Sans avoir le choix)

Le train de vie de l’argent du crime est comme de la poussière dans les yeux. Il aveugle par des comptes fournis le confort et le luxe de pouvoir acheter tout en cash jusqu’à ce que la vue revienne pour voir l’atrocité d’une indescriptible fin ou du début d’un intense châtiment…
Je me suis levée inquiète pour presque un inconnu, qui la veille, s’était fait tirer dessus.
Franchement, je n’arrivais pas comprendre pourquoi je me faisais autant du mauvais sang pour un trafiquant de drogue blessé par balle en bas de chez moi ?! D’autant plus, ayant failli tuer mon fils quelques jours auparavant, après l’avoir renversé avec l’arrière de sa voiture.
En réfléchissant bien, je compris pourquoi, lorsqu’il renversa mon fils, il fut totalement désemparé muet, les yeux brillants par des larmes et n’a pas cherché à s’enfuir comme beaucoup l’auraient fait.
C’est d’ailleurs probablement cela qui m’a séduite.
Je décidais donc de lui rendre visite en prenant de ses nouvelles. Seulement après lui avoir parlé, je mis l’intention de le dissuader d’arrêter ses activités illicites.
Sa patience d’être resté avec bienveillance à attendre durant au moins cinq heures pour mon fils Hassan, m’avait convaincue qu’il pouvait changer vers le bien.
Lorsque je suis venue, il se reposait. Alors je déposais une boîte de chocolats sur la table de sa chambre. Au moment où j’allais partir, il ouvrit petit à petit ses yeux.
Surpris de me voir, il me demanda :
« Rouwaydah !?
Qu’est-ce que vous faites là  !? »
« Je suis venue vous ramener un cadeau.
On est voisins non  !?
L’Islam dit qu’il faut prendre soin de son voisin. »
« C’est gentil, mais je ne pense pas que je le mérite et vous êtes vraiment la dernière personne que je pensais voir après l’accident de votre fils.
D’ailleurs comment va-t-il après tout cela? »
« Bien ! Al hamdoulilLah (Dieu merci). Mais il a eu très peur hier à cause des coups de feu.
Après ton évacuation dans l’ambulance il y a eu une autre fusillade.
Salim, le jeune avec qui tu es toujours et qui met toujours un bob sur son crane s’est fait descendre par celui qui controle votre point de deal le dénommé Buggatie.
Les jeunes de la Cité Allendé lui avaient donné ce sobriquet car il était toujours à bord du dernier modèle de Buggatie Veyron.
Une vraie crapule ayant dit au revoir à ses sentiments »
« Non je te crois pas  ! Buggatie n’a pas pu tuer Salim !
Je sais qu’il ne le porte pas trop dans son cœur mais pas pour faire une chose pareille  !! »
« Il l’a buté juste parce qu’il a refilé deux faux billets de cinquante à un client de Buggatie.
Voilà pourquoi tu t’es fait tirer dessus hier  !!
J’ai toute entendu de leurs discutions »
« Me-de !Non Pas lui  !! On se connaît depuis qu’on a sept ans…
Mais pourquoi il l’a buté pour 100 euros ? »
« Parce que celui pour qui tu travailles a plus de respect pour son business qu’il en avait pour la vie de ton pote.
Je suis juste venue savoir comment tu allais et te dire qu’en continuant comme ça, tu risques de très mal finir. »
« Tu sais, quand la première balle m’a touché, j’ai revu tout ma vie défiler en accéléré. La douleur d’une balle ça t’ouvre les yeux. Et la douleur de tes mots m’a fait réfléchir.
Tout ce que tu m’as fait entendre m’a convaincu de tout arrêter  ! »
« Je ne sais pas s’ils te le diront pour ton meilleur ami, mais en tout cas reste prudent avec eux.
Je suis désolée, je ne peux pas rester plus longtemps. »
« Comment puis-je te remercier d’être passée ? »
« Tout simplement en tenant l’engagement que tu viens de prendre. »
Alors que je me retournais pour partir, je l’entendis me rappeler  :
« Rouwaydah attends !!
Je voulais juste savoir si jamais tu vois que j’ai changé, est-ce qu’on pourra rester en contact ? »
« Commence par changer ton état et je te donnerai la réponse.
N’oublie pas que seulement quelques étages nous séparent…

La violence est un refuge dans lequel souvent la lâcheté aime se cacher pour mieux surprendre.
Dawoud venait à peine de sortir de l’hôpital que celui qui l’avait loupé avec son arme s’était fait repasser froidement à un feu rouge de la porte Clignancourt.
Un homme casqué et armé a surgi devant sa voiture coincée à un feu rouge pour lui tirer neuf balles de 9 millimètres dont quatre ayant atteint le sternum et cinq autres, une partie de son crâne. Le tueur et son complice prirent la fuite en T-Max, en abattant un flic à dix mètres ayant tenté de s’interposer à eux. Buggatie tenait à ne pas perdre l’autorité sur son business et pour cela il savait utiliser les méthodes les plus  gores mais pas forcément les hommes de mains les plus intelligents.
Après avoir tué le policier, il cracha sur le cadavre du policer en laissant son ADN.
L’ADN de la salive laissée sur le corps sans vie du policier était une aubaine pour la Police Scientifique pour remonter au tueur de l’homme qui avait tiré sur Dawoud.
Le trafic de drogues, on y rentre plus facilement qu’on en sort.
Et on en sort plus facilement mort que vivant.

Le lendemain, une fois que Dawoud sortit de l’hôpital, il annonça à Buggattie qu’il souhaitait arrêter de dealer pour lui, mais ce dernier prit la chose très mal.
Il ne pouvait pas accepter qu’il ne soit plus sous ses ordres le temps de l’avoir remplacé :
« Qu’est-ce que tu me racontes petit ?
Je te donne pas assez de fric c’est ça  ?!
Tu prends quatre cents euros par après-midi  !! Qu’est-ce que tu veux de plus p-tain de m-rde  ?!?
« C’est pas une histoire de fric, Buggattie  ! C’est plus une histoire de moral  !
Tu sais j’ai appris ce qui est arrivé à Salim. »
« Qui t’as tenu au courant ? La mère du gosse qui habite dans ton immeuble c’est ça ? »
« Je l’ai appris c’est tout.
Comment tu as pu le buter  ?? Je croyais que tu devais le protéger compte tenu de son jeune âge par rapport au tien, tu ne cessais de radoter tout le temps : on est une famille, on est une famille  !! Mon c-l  !! Tu l’as plombée sans aucune pitié  !! »
« Dawoud, sache bien que la première chose que je surveille c’est mon fric et quand quelqu’un tente de foutre la me-de dans mes affaires, il change directement d’équipe pour devenir mon adversaire. Voilà ce qui s’est passé avec Salim.
C’est la règle du jeu ! »
« Ta règle du jeu Buggattie ce n’est pas la mienne.
J’ai crypté pour toi, j’ai pris des risques et j’ai pris deux balles dans l’épaule et t’as fumé mon meilleur ami  !!
Tu me files la gerbe. Je ne te dois plus rien.
A partir d’aujourd’hui, oublie-moi et tous ceux que je connais  !! »
« Je comprends que tu veuilles arrêter à la limite ça me touche. Seulement il faut que tu saches que quand on arrête de travailler dans une entreprise il y a un préavis Dawoud.
Si tu ne respectes pas cette condition, le gosse et sa mère vont crever.
Tu termines les dix jours de ce mois et on est quitte sans que nos choix se terminent en effusion de sang ou en émincés de cadavre.
Il y a de la grosse marchandise qui vient ce soir.
Un joueur ne quitte jamais le terrain en plein milieu d’un match  !!! »

On frappa à la porte…
C’était Dawoud.
Il me raconta tout dans les moindres détails et avait l’air très inquiet pour mon fils et moi :
« Buggattie se doute très bien que tu as vu Salim se faire tuer.
Lorsque je suis parti lui dire que j’arrêtais de fourguer de la dope pour lui, il a câblé en me faisant directement du chantage et en me menaçant de vous tuer, ton fils et toi.
Il est au courant que tu m’as tout raconté. »
« Il me semblait bien qu’il m’avait vu lorsque je regardais par la fenêtre.
Je vais partir d’ici c’est trop dangereux pour mon fils et moi. »
« Je suis désolé, tout ceci est de ma faute. Où allez-vous partir maintenant ? »
« A vrai dire je ne sais pas encore  ! »
« Il m’a demandé de rester encore dix jours sur le terrain le temps de me remplacer.
J’ai décidé d’arrêter mais j’hésite car je ne veux pas vous mettre en danger.
Je ne veux plus vendre de la dope, qui plus est, pour celui qui a tué mon meilleur ami. »
En préparant nos valises, Dawoud s’exclama :
« Ne sortez pas avec une valise, cela ne ferait qu’attirer l’attention sur vos projets de partir. Prenez uniquement le stricte minimum, et je vous ramènerai plus tard la valise  ! »
« Qu’est-ce que tu comptes faire Dawoud  ? Pars avec nous pendant qu’il est temps  ! »
« Je vais vous rejoindre mais avant cela il faut que je prépare ma valise et que je prévienne mes petites sœurs.
Si dans une heure il voit que je ne suis pas en bas de la rue, il va rapidement se douter de quelque chose. »
Buggatie était extrêmement nerveux car il attendait trois tonnes de cocaïne cachées dans une livraison d’ananas situé dans un entrepôt désaffecté de Villepinte (93) en provenance du Costa Rica.
Il tenait absolument à ce que je l’accompagne.
L’arrière de sa voiture était rempli d’argent en liquide, laissé dans trois grands sacs de sport :
« Où est-ce qu’on va comme ça, Buggattie ?  »
« Chercher de la marchandise pour quatre mois de distribution, il y en a pour trois tonnes hahaha !!
En m’accompagnant c’est une faveur que j’ai voulu te faire pour me faire pardonner d’avoir butté ton pote. Si tout se passe comme prévu avec la juteuse commission que tu vas prendre, tu vas très vite pouvoir déménager de Saint-Denis  !! »
« Tu penses qu’avec l’argent on peut oublier ceux qu’on aime ? »
« Pas complètement, mais ça aide. Crois-moi que quand tu te  feras pomper goulûment au soleil toute la journée et que tu ba-seras des heures pour finir par t’écrouler de fatigue dans de la soie avec plusieurs pét-sses à tes côtés, crois-moi que ta mémoire sera ailleurs. »
Buggattie ralentit à un feu rouge en pliant son bras pour regarder les aiguilles de sa Rolex :
« On est pile dans les temps ! Réglée comme la montre d’un horloger.
Prends le flingue qui se trouve sous ton siège et écoute-moi bien attentivement.
Ce que tu vas faire est simple. Ta mission sera de rester à distance, mais de rester à mes côtés pour me couvrir  au cas où ça tournerait mal.
Le  grossiste de cocaïne est une ancienne connaissance de détention. Tu vas juste faire de la figuration et empocher ton fric.
Si tout se passe bien, tu prends dix mille euros  dès que le camion contenant la coke arrivera à Aubervilliers.
J’ai loué à un Asiatique son local pour qu’on puisse dépecer là-bas les ananas.
Dix mecs nous attendent là-bas. Pour cela va falloir qu’il termine tout cela en deux jours.
Alors elle n’est pas belle la vie ? »
Le téléphone de Dawoud vibra  dans sa poche. Il s’agissait d’un texto de Rouwaydah :
« Tout va bien, nous sommes en sécurité sois prudent et rejoins nous au plus vite  !
Tu me manques, j’ai peur qu’il t’arrive quelques chose »
Buggattie renifla la morve de ses narines en s’exclamant :
« P-tain de rhume! C’est la dernière fois que je fais plaisir à une pétasse en ramenant ses fesses au ski  ! »
Alors que le feu allait passer au vert, Dawoud colla son flingue sous les narines de Buggattie lorsqu’il plongea ses mains dans ses poches pour chercher  un mouchoir :
« Est-ce que tu crois que si je tire dans tes narines pour les agrandir ça va t’aider à te moucher !? »
« Dawoud  !! Non  !!! Tu es en train de faire une p-tain de connerie ! Arrête ça tout de suite ! »
 » Descends ! Descends je te dis ! Ouvre la portière et descends ou je te colle une p_tain de bastos dans le bide ! »
Buggattie descendit fou de rage en pensant à sa transaction qui allait lui passer sous le nez.
Une fois à l’extérieur du véhicule, il tenta de dégainer son arme de sa veste contre Dawoud qui le devança en tirant  trois balles dans ses côtes.
Buggattie regarda Dawoud dans sa voiture en se tordant de douleur sur un trottoir, allongé sur le dos, à côté de deux poubelles :
« C’est là qu’est ta pu-ain de place Buggattie  !! Dans les ordures !
On ne confie jamais une arme à une personne qui  rêve de prendre sa revanche sur le mal que vous avez pu lui faire ! »
Buggatie  serra ses dents de douleur en rampant comme un reptile sur le sol pour tenter de récupérer son flingue à terre.
Dawoud l’acheva froidement en lui collant une balle entre les deux yeux.
Dans l’altercation, Buggattie fit tomber un sac de cocaïne se trouvant dans la boîte à gants et qui se renversa complètement partout sur les sièges avant.
Dawoud roula à toute vitesse en direction du parc de la Courneuve où lorsqu’il arriva dans un coin discret, il crama la voiture avant de marcher plus loin et prendre un taxi pour nous rejoindre.
Dawoud m’appela pour me dire qu’il était en chemin.
Il vint avec trois sacs de sport noirs devant la famille de Oumou, qui devaient facilement contenir plus de cinquante mille euros.
Il me prit à part pour me les laisser et me raconta ce qui s’était passé dans les moindre détails :
« J’ai buté Buggatie, Rouwaydah !
Je n’avais pas le choix  : c’était tuer ou être tué.
Je regrette mon geste, mais il n’aurait pas hésité à me transformer en passoire.
Il voulait que je l’accompagne chercher trois tonnes de coke dissimulées dans des cageots d’ananas.
En route il m’avait passé une de ses armes. J’en avais alors profité pour le braquer une fois arrivés à un feu rouge et lui demander de descendre du véhicule.
Je ne voulais pas le tuer, même si cela me démangeait jusqu’au bout de mon index.
Je lui ai demandé de descendre en étant prêt à lui laisser la vie sauve mais il a voulu me tirer dessus. Alors je l’ai flingué au bord d’une poubelle en lui disant voilà où était sa place. »
« Qu’est-ce que tu comptes faire maintenant ? »
« Je dois repartir à Saint-Denis chercher mon passeport. Si il m’arrive quelque chose, je voudrais que tu saches que je ne voudrais pas mourir avant de t’avoir dit que j’aimerais que mon avenir soit à tes côtés. »
Armé d’un Ruger 9 millimètres sous son pull, Dawoud repartit dans son quartier pour prendre ses dernières affaires. Au pied de la barre de son immeuble, la plupart de tous les dealers étaient postés comme à l’heure habituelle, discutant dans un hall enfumé par de gros joints d’herbe.
Parmi eux, l’un s’exclama :
« Qu’est-ce que fout Buggattie  ?!!
Ça fait plus d’une heure qu’on attend son coup de fil pour sabrer des ananas et récupérer la coke.
Son téléphone sonne mais personne ne répond ! »
« Tu as déjà vu un cadavre répondre à un coup de fil ??!!
Cette sous me-de a fumé le petit Salim et tu penses que j’allais faire comme si de rien n’était  !?
On a grandi tous ensemble sans argent.
Mais ce qui nous a perdu c’est d’apprendre comment en faire fructifier du sale.
Me concernant tout ça c’est terminé !
Qui est venu me voir quand je me suis fait tirer dessus ?
Personne !!!
Qui sera avec moi dans ma tombe ?
Personne !!!
J’ai décidé de changer de vie avant que mon heure arrive.
Et je vous conseille d’en faire autant ! »
La sœur de Dawoud descendit en sortant du hall pour lui apporter un sac d’affaires et son passeport. »
Dawoud lui murmura sagement dans l’oreille :
« Je vais partir quelque temps histoire que tout rendre dans l’ordre. Veille sur ta sœur et n’oublie pas que je t’aime toi et ta sœur  ! »
Un homme portant un ensemble de jogging à capuche gris s’avança en s’adressant à Dawoud :
« Je respecte ton choix renoi, tu as toujours été réglo  ! »
D’autres firent la même chose sauf un maigrichon aigri dont la capuche retombait sur son front, qui, au moment où Dawoud allait partir, sortit son arme pour le tenir en joue avec son arme :
« Et Dawoud, l’argent de Buggattie, tu crois pas quand même que tu vas te barrer sans partager ! »
La petite sœur de Dawoud, animée par la rage de voir cet homme tendre son arme en direction de son frère, sans réfléchir, lui décrocha un puissant crochet du droit en mettant à terre l’agresseur.
Dawoud sortit son flingue en braquant l’homme tombé au sol :
« Tu cherches à me tuer  ??!! »
« C’était une blague Dawoud, tu sais très bien que je n’aurais jamais fait une chose pareille.
Tu ne vas pas quand même pas me tuer mec  ?! »
Tremblant de rage, Dawoud avait son bras tendu avec son flingue vibrant en direction de l’homme.
Il expira violemment une bouffée d’air avant de lui dire en criant :
« Si ma foi n’avait pas mis une barrière à mon désir de te tuer sache que tu serais déjà mort ! »
Un des hommes lui mit un coup de pied dans le ventre et un autre lui vida une poubelle sur la tête.
L’homme essuya sa doudoune des saletés avant de partir.
Dawoud quant à lui partit sereinement et lui dit :
« Dorénavant fais l’effort que ton intérieur soit plus propre que ce que tu peux porter ! »
La passion de nos instants présents cherche souvent à trahir le bonheur de notre futur.
Lorsque que Dawoud est revenu, il me demanda en mariage sans attendre, tout excité et ému par avoir réussi à s’en sortir vivant :
« Rouwaydah, je n’en peux plus d’attendre  ! Marions-nous dès demain et partons loin vivre ensemble. »
« Dawoud, j’accepte ton mariage à la seule condition que l’argent que tu as ramené du trafic de drogues nous ne le conserverons pas  ! »
Dawoud resta muet quelques secondes en faisant une légère grimace. C’était quitte ou double :
« C’est d’accord, fais-en ce que tu veux.
Ce qui m’importe c’est que tu deviennes ma femme. »
« Je savais que tu étais quelqu’un de bon et que je ne m’étais pas trompé sur toi.
Avant de frôler la mort, j’étais partie pour une mission humanitaire qui consistait à construire un puit d’eau au Mali vers Kidal.
Si tu es d’accord, je te propose que nous nous marions demain et que nous leur apportons nous-même l’argent. »
« Je pense que c’est mieux de payer la société de forage avant.
J’ai ma grand-mère à Tombouctou inchaa’Allah on ira la voir. »
« Ouais comme ça elle m’enseignera les plats de là-bas, on pourra allez voir les parents de Oumou aussi  ! »
« Ça y est, tu connais mieux le Mali que moi  ! J’y suis allé qu’une fois quand j’avais douze ans  !! »
Un amour devient cohérent que lorsque vous aimez pour des raisons valables.
Si vous êtes aimé pour autre chose que ce que vous êtes réellement alors votre cœur n’est que la victime d’une escroquerie sentimentale.
Dès le lendemain, nous nous sommes mariés, pourquoi donc faire attendre le bonheur alors qu’il était devant nous  ?…
Outre son passé de voyou, Dawoud avait des principes qu’il n’était pas prêt d’abandonner. Comme de mélanger le sale avec du propre.
J’ai ressenti très fort en lui le désir de gommer la page de son passé pour réécrire son futur.

En partant au Mali, il recommença la prière, et a tenu sa parole.
Tout le reste de l’argent a été utilisé pour la rénovation d’un orphelinat à son initiative.
Certaines personnes n’ont pas un mauvais fond, elles ont juste subi les mauvaises influences de leurs fréquentations.
Je l’ai vu complètement différemment que je pouvais l’avoir vu du bas de ma fenêtre.
Nous sommes restés sur place jusqu’à la fin des étapes du forage.
En regardant les enfants s’enthousiasmer de voir l’eau jaillir, Dawoud me dit ému :
« C’est dingue, il y a seulement quelques semaines j’aurais pu creuser dans la terre pour enterrer des gens morts et aujourd’hui j’ai participé à ce que des gens creusent juste pour que certains arrivent à mieux vivre. »
Sur le chemin de la réflexion éclairé par la lumière du phare de la foi, les gens finissent presque toujours par se mettre à l’abri des pires situations en évitant les drames qui peuvent provenir des canons d’armes qui ne savent que cracher des salves de tirs.
Par le biais de ces deux petites sœurs, Dawoud avait eu des nouvelles peu réjouissantes de ses anciens partenaires et comprit par cela qu’il avait su s’arrêter à temps.
Tous ces anciens partenaires avaient été abattus par balles tout juste deux semaines après son départ.
Tués par balles en fin d’un après-midi en plein hall d’un immeuble autour d’un vacarme assourdissant par les cris de terreurs de deux locataires partis descendre leurs ordures dans le local à poubelles et se retrouvant pris au piège face à une scène d’horreur balistique.
Depuis l’ascenseur, ils entendirent les coups de feu, mais l’ascenseur était déjà en route pour descendre.
Paniqués ils voulurent appuyer sur toutes les touches de tous les étages, mais l’ascenseur était descendu directement au rez-de-chaussée.
Lorsque la porte s’ouvra, ils virent quatre corps au sol, dont un qui s’était pris une balle en plein front et aperçurent les silhouettes des deux assassins en fuite après s’être cachés sous des niqabs qu’ils utilisèrent afin de surprendre les hommes qu’ils ont pris pour cible.
Frissons et sueurs glacées, le spectre des balles à plus d’une nuit fait sursauter mon mari.
Un sommeil brutalement égorgé par le même cauchemar de se revoir flinguer en bas du quartier.
Les gâchettes demeurent toujours sourdes et les canons toujours bruyants quand le rythme cardiaque ne pulse que pour l’argent sale.
Les regards perdent tous leurs éclats au moment où les gens ouvrent le feu.
De tous ses amis d’enfance, seul un a survécu…
L’ADN laissé par son mollard sur le cadavre du flic a fait qu’il s’est retrouvé en cavale pour ensuite se faire arrêter en sortant d’un club de bowling.
Après avoir enchaîné les parties à faire tomber les quilles au côté d’un récent flirt, il finit par tomber à son tour sur le sol en sentant sur sa joue la froideur de l’asphalte et des menottes serrer ses poignets :
« Police bouge pas !!!
Bouge pas je te dis !!!! »
Le manque de réflexion sur ses agissements se termine souvent par noyer son esprit dans tout un océan de regrets.
Les puits du bien-être en terre africaine
(Un second souffle)

Tombouctou, Djénné, deux villes situées au voisinage du désert non loin du sommet de la boucle du fleuve du Niger….

C’est chez la grand-mère de Dawoud que nous sommes restés une soixantainne de jours. En l’espace de deux mois, je suis devenue presque bilingue en bambarra. La sérénité du calme interrompue par les appels à la prière nous avait doucement plongés dans une atmosphère de bien-être.
C’est curieux, j’atteins presque le niveau en langue de mon mari alors que c’était sa langue maternelle, sûrement parce que Oumou m’avait appris certains mots avant de mourir.
Je le charriais beaucoup puisqu’il le prenait à la rigolade.

Un après-midi, en sortant de la mosquée de Djingareyber, un sage homme qui se trouvait assis devant l’ombre d’un arbre nous salua :
« Asalamou3alaykoum que Allah vous accorde le bien très chère visiteurs. »
« Wa3alaykoum sallaam, amiin à vous aussi. »
« C’est ici Monsieur que des intégristes ont détruit les tombes de Musulmans. »
« Oui et dans différentes villes du Mali à Gao également aussi. »
« Pourquoi font-ils cela ? »
« Ils pensent à tort que les gens viennent adorer les tombes, alors que les Musulmans n’adorent que Dieu sans rien lui associer.
Seulement ils les visitent pour se rappeler que l’au-delà les attends.
Le terrorisme n’appartient pas à l’Islam. Il a été fabriqué par les colons britanniques, et développé par les impérialistes américains et la monarchie pétrolière d’Arabie Saoudite.
Jadis un espion anglais du nom de Mr Hempher a manipulé un homme du nom de Mouhammad ibnou Abd Wahhab pour affaiblir l’Islam sunnite en développant sa propre idéologie profondément contraire aux fondements des quatre grandes écoles de jurisprudence sunnites.
Les savants de son époque ne cessaient de mettre en garde contre lui.(à savoir son père comme son frère)
Les colons britanniques fabriquèrent une nouvelle religion  par le biais de cette homme: La secte wahhabite.
L’Islam n’est que paix, bienfaisance, cohabitation entre les peuples et défense des opprimés.
Ce groupe n’a fait que se nourrir d’ignorance dans la croyance, d’extrémisme dans le dogme allant jusqu’à l’anthropomorphisme du Créateur et d’une vive violence dans l’action. La réussite de leur propagande ne fut que grâce aux richesses des pétrodollars.

Dawoud me regarda en me disant :
« J’aurais aimé que certains jeunes de la cité puissent écouter les dires remplis de sagesse de cet homme. Cela leur aurait sûrement évité de tomber dans les filets de certains manipulateurs de la religion pour les envoyer combattre en Irak ou en Syrie. »
La beauté dans la promesse d’une amitié c’est lorsque vos yeux ne peuvent échapper à sa vision comme le levé du jour dans le désert.
Avant de repartir, il fallait immanquablement que je passe voir Aida.
Je le lui avais promis. Et depuis ma promesse, beaucoup de temps s’est écoulé.
Cette si gentille et douce petite fille qui m’avait sauvé la vie, et avec qui j’ai tant appris par ces nobles valeurs et l’exemplarité de son courage si brillant.
Il fallait absolument que je lui présente Hassan mon fils, et Dawoud mon mari.
Arrivés dans le désert au loin, j’aperçus le campement de sa famille qui nous ont fait un très bon accueil dès notre arrivée sur place.
Sa mère me demanda pourquoi je n’étais pas venue plus tôt.
Aida était partie chercher de l’eau.
Sa mère me dit que pas un jour elle ne parlait de moi.
Je m’en voulais de ne pas être passée avant.

Au début, j’ai pris peur lorsque je ne l’ai pas vue, peur que sa mère m’annonce qu’une chose lui soit arrivée et qu’elle soit morte.
Si cela aurait été le cas, je pense que le désert se serait transformé en océan par les larmes de mon chagrin.
Finalement je l’aperçus au loin et je n’ai pu résister à l’envie de courir vers elle en ayant pour aller à sa rencontre avant qu’elle ne vienne jusqu’à moi.
Arrivée dans ses bras, j’entendis les éclats de son rire d’enfant.
Une scène lacrymale de bonheur comme on peut en voir à la fin de tous les films de happy-end. Mais le temps balaye d’une seconde à l’autre l’euphorie des joies par des peines qui sont parfois totalement imprévues.
En pleines retrouvailles, nous vîmes au loin deux hommes marchant dans le désert et qui semblaient être sur le point de mourir de déshydratation.
Qui étaient-ils ?
Et que leur étaient-ils arrivés ?
Nous l’avons su qu’après leur avoir porté assistance…

Le cimetière des migrants
(A bout de force en plein désert sahélien)

Une gorgée d’eau de quelqu’un qui va mourir de soif, n’aura jamais la même saveur auprès de quelqu’un qui est désaltéré.
A bout de force en plein désert, un des hommes tomba au sol nous voyant après trois longues heures de marche sous une chaleur insupportable.
Un de leurs passeurs leur a fit cruellement le coup de la panne et s’est subitement enfuit comme le dernier des salopards après leur avoir demandé de pousser le véhicule.
Le risque des migrants est souvent d’être confronté à la cruauté des hommes de main de bandes mafieuses contrôlant une partie du secteur du désert et, en ayant absolument aucun état d’âme à partir du moment où ils ont touché leurs frics.

Par la grâce de Dieu nous étions-là au bon moment.
Aida donna à boire au monsieur puis vinrent chez sa famille afin de manger et nous raconter les détails de leurs calvaires.
Les routes clandestines du désert brisèrent beaucoup de rêves de migrants qui finirent morts d’épuisement ou devinrent fous après s’être perdus dans son vaste estomac.
Les dangers n’y sont pas seulement climatiques. Ils peuvent être d’ordre sécuritaire.
Trafiquants de drogue, passeurs sans foi, djinns, ou animaux sauvages….

Les deux Camerounais très fatigués racontèrent au père de Aida toutes leurs histoires. Depuis leur départ, ils ont dû changer au moins quatre fois de passeurs tout en restant en transite plusieurs jours parfois avec de dangereux trafiquants de drogue qui ne leur ont donné quasiment aucune nourriture et leur ont fait parfois de terribles violences lorsqu’ils leur demandaient avec inquiétude quant est-ce qu’ils allaient repartir :
« On va repartir quand Monsieur ?
Ce n’était pas du tout ce qui était prévu quand nous avons donné l’argent à votre chef.
Répondez-moi s’il-vous-plaît ! »
« Écoute, je vais te le dire qu’une seule fois  : ferme ta p-tain de g-ule ! Ici c’est le désert ce n’est pas les endroits qui manquent pour qu’on vous enterre.
On attend de la marchandise pour vous transporter avec.
On ne va pas faire deux fois ce même p-tain de voyage  !! Il y a des drones qui surveillent ce p-tain de désert  !!! »
Au début, nous étions seulement que trois hommes. Le troisième se fit tuer par balles alors que nous changeâmes trois fois de passeurs.
Nous prîmes la route en pleine nuit. Il faisait très froid et dans l’obscurité nous avons commençâmes à entendre des voix sans ne voir aucune personne. Le troisième homme commençait à paniquer et à pleurer de peur en disant que c’était de sa faute car il était sûr qu’une tante était partie voir un sorcier pour réussir son voyage. A bout de nerf le chauffeur lui colla une balle entre les deux yeux.
Nous pensions qu’il allait nous tuer.
Il ralentit ou ouvrit la porte de derrière pour balancer sa dépouille à l’extérieur puis il redémarra comme si de rien n’était jusqu’à nous faire le coup de la panne.
Un voyage au bout de la mort entre les mains de trafiquants d’êtres humains, voilà à quoi les hommes venaient d’échapper.
Dès lors qu’ils montèrent entasser à trente à l’arrière d’une 4X4 et qu’ils entendirent celui qui conduisait leur dire  :
« Accrochez-vous bien parce que si il y en un qui tombe tant pis pour lui  ! »
Ils surent amèrement que le voyage serait dur…

La création de l’espace Schengen a produit le développement de filières clandestines.
Là où l’on construit des frontières, cela ne fait que développer l’existence des réseaux de passeurs.
Tous ont le même désir  : fuir le sous-développement que génère la politique des pays occidentaux sur le continent africain.
Un continent asphyxié par les grandes multinationales occidentales et les abus criminels des institutions financières internationales ne peuvent que favoriser les candidats au départ.
Tant que la confiscation de l’indépendance de l’économie des ressources naturelles sera maintenue sur la plupart des pays africains, les exodes mortels continueront d’exister et, les passeurs de migrants continueront de se frotter les mains par les importants gains de leurs juteux trafics.
Dawoud avait vraiment peine à écouter leurs histoires attristantes. Avant qu’il ne reparte, il leur donna une partie de son argent en me disant  :
« J’espère que le bien que je pourrai faire dans mon futur, sera supérieur au mal que j’ai pu faire dans mon passé. »
Ils restèrent une semaine chez la famille de Aida afin de se reposer.
Revenus en France après être restés quatre mois au Mali, nous partîmes habiter chez un oncle à Dawoud à côté des Mureaux dans les Yvelines.
Il s’agissait d’un coin plus discret à côté de ghettos du même acabit que ceux de la Seine-Saint-Denis.
Des quartiers pauvres laissés à l’abandon avec quelques commerces de proximité ressemblant à des feuilles d’arbre innées de saison d’automne.
Nous avions six mois pour nous retourner et retrouver un appartement.

Deux semaines plus tard, une tante totalement paniquée a appelé vers 22 heures pour dire à Dawoud que son petit cousin Aliou avait été enlevé pour être emmené de force dans le coffre d’une voiture :
« Allô Dawoud ? »
« Oui  ? »
« C’est Assa, je ne sais vraiment pas quoi faire  ! Aliou vient de se faire enlever. »
« Aliou ?!! Mais par qui ? »
« Écoute, je ne sais pas exactement. Il était en bas et quatre individus lui ont violemment sauté dessus pour le balancer dans le coffre d’une voiture de sport.
Je pense que c’est à cause de ses nouvelles fréquentations  !! »
« Ne bouge et pas essaye de te calmer. Je pars dès maintenant  ! J’arrive à Saint-Denis d’ici une demi-heure  !! »
A vive allure, sans aucun respect des limites de vitesse jusqu’à arriver chez sa tante, Dawoud la trouva en pleur, couchée sur son canapé alors que les autres petits cousins étaient venus lui ouvrir la porte.
Un des plus jeunes de ses frères a rapidement vendu la mèche :
« Aliou  a commencé à être guetteur depuis environ deux mois. Il faisait des allers-retours jusqu’à ce qu’on lui propose un jour de dealer.
A douze ans, il ne risquait presque rien pénalement. Alors il s’est fait happer en se faisant monter la tête  par des plus grands après qui lui aient payé la dernière console de jeux vidéo et qu’ils aient rempli son ventre au Mac Dal pour plus facilement le convaincre. »
« Je m’inquiète, je sais qu’Aliou est asthmatique et claustrophobe. Je vais appeler la Police  ! »
« Attends  ! Si il dealeait en bas, les mecs présents sur place sont obligatoirement au courant  ! »
Un des gars posté à un point de deal me raconta ce qu’il savait car j’étais un de ses aînés :
« Le petit a volé de l’argent, deux mille trois cents euros. Ils l’ont ramené à Pierrefitte dans un appartement face à la gare juste pour le cuisiner. Fais comme si je ne t’avais rien dit renoi  !
Tu es un aîné, je ne peux pas ne pas te dire ce que je sais.
C’est au hall 14, deuxième étage, appartement 237. »
Un kidnapping qui tourne mal
(Une crise cardiaque au fond d’un coffre)

Le gars avait dit vrai une fois sur place Dawoud les retrouva mais rien ne s’était passé comme prévu. Le petit fit un malaise cardiaque et derrière la porte Dawoud  les entendit parler :
« P-tain j’ai jamais cru qu’il allait crever le gosse !
Je voulais juste lui faire peur et qu’il nous dise où est le fric  ! »
« Il est pas mort comme ça  ! Tu as dû rouler comme un taré ! »
« Écoute, là on a pas le choix  ! Faut qu’on s’en débarrasse et au plus vite  !! »
« Il y a un mur ouvert dans une cave du quartier avec un peu d’acide et de ciment ça devrait faire l’affaire  ! »
Dawoud n’en crut pas ses oreilles avec tristesse et rage il défonça la porte pour arroser de balles les trois dealers qui se trouvaient dans une salle à manger située tout juste derrière la porte.
Dawoud tua les trois hommes malgré qu’il se soit pris deux balles dans la cuisse. Son sang coulait beaucoup.
Malgré cela il rampa jusqu’au corps de Aliou pour l’embrasser :
« Aliou, me-de ! Pourquoi t’as fait ça  !! Fallait pas les écouter  !!
Aliou pourquoi t’as fait ça ! Pourquoi t’as fait çaaaaaaa  !!!!!! »
Quelques minutes plus tard, des policiers arrivèrent et mon mari fut arrêté :
« Police, les mains sur la tête ! Les mains sur la tête  ! »
L’arrestation de mon mari s’est fait dans un appartement que les balles avaient transformé en piscine d’hémoglobine.
Il reconnut les trois meurtres sans les avoir prémédités.
En voyant le corps du gamin qui gisait dans ses bras, la Police se demanda avec étonnement quelle fut la cause de toute cette folie meurtrière en voyant mon mari serrer le corps sans vie de son petit cousin. Un raft d’un gosse qui avait volé l’argent de la drogue et qui avait mal tourné.
Transféré à l’hôpital sous escorte policière, il reconnut directement les faits dès les premières minutes de sa garde à vue et assuma de les avoir tués sur un moment où il n’était plus maître de lui-même. La Cour d’Assise le condamna à douze ans de prison en raison des circonstances mais il n’en fut que huit en étant libéré pour bonne conduite.
Pendant huit années, j’ai patiemment attendu avec mon fils qu’il sorte. Enceinte de lui j’ai accouché seule et il n’a vu au début que les sourires de notre fille en photo, il a appris à la connaître le temps des parloirs et des appels depuis sa cellule.
Comme s’était une fille nous lui avons donné le prénom de Sabra (la patiente) puisque dès sa naissance elle a appris à attendre la libération d’un père derrière les barreaux.
Les murs et les files de barbelé n’ont pas eu raison de notre amour.
La prière et les sourires de mes enfants ont conservé ma raison jusqu’à construire un rempart contre la folie qui avait cherché à me tendre une embuscade.
Si l’amour résiste à la mort par les pensées, ce n’est pas des barreaux qui allaient l’arrêter. Maison d’arrêt de Fresnes, une prison pourrie en sur occupation, située dans la banlieue sud de Paris.
Voilà où pendant huit ans mon mari a effectué sa peine dans une cellule où l’air de la rouille des barreaux se mélange avec l’odeur du cannabis de certains détenus qui apaise leurs neurones.
Lorsque votre époux prend une peine à deux chiffres au moment où je suis tombée enceinte, je compris pourquoi il ne pensait qu’à se faire la malle.
Sa première lettre a commencé par des excuses de ne pas avoir pensé à moi au moment où il a pressé la gâchette. Sa tante a beaucoup culpabilisé de l’avoir appelé pour régler l’histoire de son fils sachant qu’elle aurait pu s’attendre à ce qu’il ne laisse aucun vivant, s’il était arrivé quelque chose à son fils.
Il m’a écrit amèrement  :

« j’ai tué trois personnes en moins de trois minutes et je vais rester cloîtré des années pour ça.
Comment te demander pardon pour ce temps perdu que je ne pourrais jamais te rendre ? »

Il fallait que je sois forte pour lui et pour moi, alors j’ai répondu par un poème d’amour qu’il a gardé huit ans scotché au mur de sa cellule  : « Mon amour pour toi est scellé et restera plus profond et solide que les barreaux plantés dans le bloc de granit de ta cellule. »
Au fond d’une cellule où s’échappe le temps
(Des liens particuliers à travers une détention)

Au début de sa détention, Dawoud a été mis en cellule avec un mec qui puait tellement des pieds qu’il fut obligé de s’accrocher avec un gardien pour changer de cellule.
Impossible de rester comprimé dans cette odeur fortement nauséabonde et indescriptible qui l’étranglait de façon brutale par cette torture respiratoire.
Un aveugle à qui on aurait donné un flingue aurait pu facilement viser ce mec tellement que son odeur était violemment identifiable et insupportable.
Lorsqu’il a entendu les pas d’un gardien dans l’allée de son bloc cellulaire faire sa ronde, il l’interpella avec vivacité :
« Hé gardien faut me changer de cellule ça pue trop là ! »
« On verra ça demain  ! »
« Demain ! Mais je serai mort asphyxié si je reste ici  !!
Viens sentir ! Ouvre la porte ! C’est trop irrespirable  !! »
« T’es un marrant toi  ! Tu viens d’arriver en prison et tu crois que c’est le pullman ! Tu t’attendais à quoi en venant  ? A un p-tain de palace avec vue sur la mer  ??!!
Effectue ta peine tranquille et ne viens pas faire ch-er co-nard  !  Bouche-toi les narines et respire par la bouche  !! »
« Je ne cherche pas les problèmes. On m’a condamné à de l’enfermement pas à de l’asphyxie.
Ne m’oblige pas à cramer la porte  !! Je suis capable de le faire pour sortir ! »
A force de mettre des coups en série dans la porte et de lui répondre ouvertement, ameutant tout le bloc il ouvrit la porte en y mettant un gros coup avant de se la prendre sur le nez. Tous les autres détenus ayant écouté son gémissement se mirent à pouffer de rire en rigolant :
« Hé j’espère que tu as jouis !? Bien fait pour ta g-ule ! Mets-toi en arrêt cela nous fera des vacances ! Maintenant tu es comme nous, tu peux pas nous sentir fils de p-te !! »
Quatre jours après être resté au quartier disciplinaire, Dawoud changea de cellule en ayant comme codétenu un dépressif ex-homme d’affaires, condamné dans une histoire d’un important blanchiment d’argent pour le financement d’un parti politique.
La santé mentale est celle que les plus faibles perdent le plus rapidement dans une maison d’arrêt. Bruits incessants des yos yos qui circulent pour s’échanger des conserves et téléphones, discussions bruyantes entre cellules voisines, crasse, trafics et violences en promenade, ajoutés à d’interminables heures d’enfermement dans un neuf mètres carré qui laisse une vaste place pour la réflexion dans les esprits sur les erreurs de sa vie.
L’homme qui était dans la cellule de Dawoud était un fragile responsable d’une société de transport international dans le recyclage des déchets. Il avait commencé à se spécialiser dans la livraison d’armes automatiques pour les livrer dans certains pays africains.
Finalement après une fulgurante ascension financière, il commença à côtoyer le monde de la politique et à accorder son aide financière à un parti nationaliste.
N’importe qui après avoir découvert qui il était aurait voulu lui tordre le cou.
Pourtant aussi incroyable que cela puisse paraître, Dawoud lui sauva la vie une nuit en déjouant sa tentative de suicide.
Alors qu’il était endormi, il entendit soudainement l’homme s’agiter frénétiquement par son propre étouffement avec un sac poubelle en plastique :
« Hé non p-tain !!!
Qu’est-ce que tu fais ?!! Gardien !!! Gardien !! »
Dawoud arracha son sac de sa tête et son souffle repris peu à peu.
L’homme explosa en larmes en criant :
« A quoi ça sert que je vive avec le mal que j’ai pu faire !! »
Dawoud le regarda en le soutenant :
« Tu as vendu des armes, moi j’ai vendu pendant des années de la drogue.
Tu as tué indirectement en livrant des armes et des déchets moi j’ai abattu trois personnes à bout portant.
Se tuer ne fera qu’aggraver notre cas.
La vie est faite pour qu’on se rachète et Dieu a fait du repentir une porte pour que ceux qui se sont égarés trouvent la force de l’ouvrir.
Quelques jours plus tard l’homme est entré en Islam est a demandé au sous-directeur de sa société de revendre une partie des parts de marché pour construire un dispensaire médical en Centrafrique et il stoppa toutes les activités de sa firme pour réinvestir dans un tout autre domaine.
Les suicides en prison c’est un peu comme voir passer une Lamborghini pour quelqu’un assis sur une terrasse de l’avenue des Champs Élysées.
Pour un détenu rien de plus banal. Cela fait juste partie du sombre décor qui l’entoure.
Quand vous avez de l’argent en prison vous avez presque tout ce que vous voulez.
Si le contact passe bien avec un maton, alors il se laissera facilement graisser la patte et vous ramènera tout ce que vous voulez à condition d’y mettre prix.
Si en prison l’argent est roi, les gardiens sont ses valets.
Tu payes et tu disposes.
Dawoud aurait pu avoir un flingue dans sa cellule tellement que son codétenu avait les moyens de pouvoir corrompre et qu’il lui était redevable de lui avoir sauvé la vie.
Il s’est juste contenté d’avoir un téléphone pour faire entendre sa voix chaque soir à sa fille car il était trop difficile à chaque fois de calmer les pleurs de notre enfant lorsque elle voyait son père au parloir une demi-heure et ensuite un surveillant malléable traitant les familles comme du bétail vous annoncer que c’est déjà fini.
Le jour où Dawoud a pressé la gâchette de son arme, il n’avait hélas pas pensé à tout ça.
Coffrer dans le langage de l’univers carcéral, il s’agit de cacher un objet prohibé par le règlement de l’établissement pénitencier comme un téléphone pour qu’il franchisse l’étape de la fouille. Pour les vendeurs de drogues cet événement ne faisait que leur renvoyer le souvenir de la perquisition de leurs domiciles avant leurs arrestations.
A chaque fois, cette même pression endogène dans la cellule qui accélérait le rythme cardiaque de Dawoud à l’idée qu’il trouve l’objet qui demeurait la seule liaison entre lui et l’extérieur pour permettre d’entendre la voix de sa fille.
Quatre surveillants sont rentrés un matin inspecter les moindres recoins de son neuf mètres carrés.
De la tuyauterie au granite ils ont scruté les moindres éventuels défauts.
Par chance dans la cellule d’à côté un détenu eut un malaise et ce jour-là ils n’ont rien trouvé.
Pendant les huit années de sa détention, aucun surveillant n’a trouvé le téléphone de Dawoud car il avait fait un trou à l’intérieur d’un savon.
Deux mois après son incarcération, Dawoud m’écrit cette lettre :
« La nuit je ne dors pas et la journée je me repose dans cette geôle repoussante où le temps semble s’être arrêté, statique je discute beaucoup avec mon codétenu récemment rentré en Islam.
Dans cette étroite cellule les cafards ont envahi les lieux et les rats viennent parfois nous border quand la lumière est éteinte.
En ce mois d’août, l’air est humide et la chaleur étouffante comme le fond d’un four allumé. Pourtant nous n’avons le droit qu’à trois douches par semaine.
Je partage ma cellule avec un homme d’affaires repenti que l’enfermement semble nettement avoir ouvert l’esprit.
Du trafic international d’armes et des financements de partis politiques nationalistes européens, il a fini par revendre les parts de sa société pour à distance, commanditer d’importantes œuvres de charité en Centrafrique et en Sierra Léone. En voyant son cheminement je me dis que l’homme est capable du meilleur comme du pire. Hier un détenu d’une cellule voisine a été tué par son codétenu. La nature du conflit  : la fenêtre de leur cellule. Un voulait l’ouvrir et l’autre la laisser fermer. Finalement le plus faible s’est écrasé sur le moment pour l’ouvrir est a attendu le sommeil de l’autre pour le planter dans le cou avec le grand morceau d’une assiette cassée.
Les réactions de certains hommes peuvent être souvent imprévisibles lorsqu’on leur ôte la dignité de leur hygiène et les normes de base de leur sommeil.
Mise à part ça je n’ai pas d’autres choix que tenir car je n’ai pas le droit de ne pas être à la hauteur de votre amour.
Ma part de fierté m’empêche parfois de vous dévoiler ce que je ressens mais n’oubliez jamais que je vous aime.
Dawoud »

Deux ans plus tard…

Un matin d’été caniculaire du mois de juillet où Dawoud s’était levé avec un mal de crâne qui vous donne envie de rester allongé et, quand subitement, un membre des services de l’établissement pénitentiaire est venu annoncer à son codétenu qu’il était libérable :
« Wouaiiiiiii !!!!!
Pu-ain je pensais qu’il me restait encore trois mois  !! »
« Je vous laisse quelques-instants pour préparer vos affaires et dire au revoir à votre compagnon de cellule. »
« Ça y est tu vas enfin respirer de l’air frais et dormir sur un vrai lit propre  !! »
Forcément Dawoud était content pour lui, mais au fond de lui pris par un sentiment de tristesse de le voir partir et intrinsèquement dégoûté de devoir rester.
Il me serra dans ses bras en versant une larme.
« Merci pour tout Dawoud, sans toi je serais sorti mort d’ici mais jamais vivant.
Je vais m’occuper de te prendre un nouveau avocat pour te faire sortir d’ici au plus vite. »
« C’est gentil frère  ! Fais attention à toi dehors et profite bien de ta liberté car la vision d’un horizon sans barreaux est une chose d’irremplaçable.  »
Dawoud le regarda marcher, sa silhouette s’éloigner dans le couloir face au contre-jour en ayant sur le moment une pensée lapidaire après avoir repensé à sa condamnation. Il se dit à lui-même qu’il n’avait même pas effectué la moitié de sa peine.
Alors il se mit à crier de rage comme pour soigner sa tristesse :
« Raconte aux jeunes mon histoire j’ai même pas vu naître ma fille ni mourir ma mère. »
« Compte sur moi Dawoud  !! »
Deux jours après le départ du codétenu de Dawoud, ce dernier fut remplacé par un tout autre homme condamné à vingt ans de prison avec une peine de sûreté de quinze ans.
A son actif, une série d’attaques à main armée. Il détenait le plus gros palmarès des braquages de fourgons blindés en Europe, dix-huit attaques à l’arme lourde en moins de deux ans.
Ce qui lui a valu le surnom de RPG7 par les médias, une marque de lance-roquettes qu’il avait l’habitude d’utiliser pour ses commandos de pillage. Sa véritable identité  : Roberto Palizinni, le cauchemar des convoyeurs de fond. Un gros gabarit ayant une parfaite maîtrise des armes lourdes sans faire la moindre hésitation.
Ses pieds dépassaient de son lit tellement il était long.
Chaque matin il nourrissait les oiseaux en mettant du pain sur les bords de notre cellule en leur parlant en italien.
Au bout de deux jours, je captais que les pigeons lui livraient de la coke à domicile et qu’en promenade il faisait son trafic.
Il était convivial, il aimait taquiner les matons en leur disant qu’il allait se commander un nouveau lit et se le faire livrer dans sa cellule.
Trois mois après son arrivée, il fit une grave dépression en apprenant que sa femme l’ait quitté pour un de ses complices.
Il apprit cela par une lettre provenant de sa femme étant partie avec son amant aux îles Canaries.
Un matin, je le vis nourrir les pigeons comme à son habitude. Seulement quand le courrier est arrivé, il resta silencieux devant la lettre en pleurant sans bruit.
Puis il déballa un sac en plastique rempli de poudre et enchaîna les rails de coke une dizaine à la suite. J’essayais de l’arrêter. Il me repoussa les larmes aux yeux. Une demi-heure plus tard il mourra d’une overdose.
Une fois que les gardiens étaient venus l’évacuer, Dawoud lu la lettre et compris ce qui venait de se passer.
Les hommes les plus durs finissent parfois comme les êtres les plus faibles.
Lorsque ma fille Sabra a eu quatre ans, je me suis mise à nouveau à rechercher du travail. Son grand frère Hassan s’occupait très bien d’elle alors je me suis mise à postuler à différentes offres d’emploi.
Sur ma carte d’identité figurait toujours mon ancien prénom Chantal DURIEUX, ce qui donnait parfois lieu à des situations très burlesques.
Une fois je m’étais présentée pour un poste de comptable.
Arrivée au niveau de l’accueil, on me demanda d’attendre le chargé du recrutement dans le hall.
En arrivant et en me voyant voilée, il me dit très maladroitement en pensant que je n’étais pas celle avec qui il avait rendez-vous :
« Bonjour Madame, vous êtes en avance. Votre société d’entretien ne vous a pas dit que l’on commence le ménage qu’après 19 heures ? »
« Ah je regrette  ! Je ne vois pas de quoi vous parlez. Ma présence dans votre société fait suite à la confirmation d’un rendez-vous pour un poste de comptable.  »
« Oh je suis confus  !! Toutes mes excuses vraiment  ! La dame de ménage est partie en congé de maternité et on attend une remplaçante donc je sais, c’est idiot mais je ne sais pas pourquoi j’ai pensé à cela… »
L’homme mal à l’aise par sa stupide gourde s’en mêla les pinceaux jusqu’à me recevoir en entretien.
Quelques minutes plus tard, il me dit que j’aurai la réponse dans une semaine.
Je savais que ce serait un mail type et que mon voile avait recouvert toutes mes compétences que j’aurais pu mettre au service de cette société.
Finalement Dawoud, depuis sa cellule, eut des nouvelles de son ex codétenu qui m’employa comme comptable et acceptant que je travaille à domicile pour plus facilement m’occuper de mes enfants.
De par ses portes fermées, j’ai voulu entreprendre pour créer ma propre usine de couture. Je me suis accrochée et un an avant la sortie de prison de mon mari, je suis devenue la chef de ma propre entreprise.
Je me souviendrai toujours du jour où mon mari sortit de prison. C’était le 11 octobre 2014 à 11 heures.
Il nous avait contactés deux jours avant pour venir le chercher vers 10h30 devant la prison de Fresnes.
Notre fille avait les yeux rivés sur la porte de sortie, impatiente de retrouver un père libre de tous ses mouvements. Je ressentais une certaine angoisse d’un imprévu qui aurait pu survenir et balayer toutes nos montagnes d’espoir d’être heureux ce jour-là.
Lorsque soudainement la délivrance de huit années d’attente est apparue. J’ai entendu ma fille crier en courant vers lui :
« Papa est revenu  ! Papa est revenu  ! Papa est revenu  ! »
Ce jour, mes larmes ont remplacé mes mots en le voyant serrer notre fille et la rassurer :
« C’est fini Sabra, je serai désormais qu’avec vous pour toujours  !! »
Hassan avait grandi et Dawoud lui avait dit une chose que ma mémoire n’oubliera jamais :
« J’ai eu huit ans pour réfléchir à mes actes et les analyser.
Avec le recul, je ne les aurais pas tués mais j’aurais laissé
Dieu les juger.
Entre la patience et une gâchette se trouve souvent des milliers d’heures perdues dans le fond d’une cellule à l’écart de ceux qui nous aiment. »

La force de pardonner ce que la mémoire refuse d’oublier
(L’éducation par l’amour pour faire disparaître le spectre d’une une haine aveugle)

Lorsque mon mari sortit de prison, nous partîmes au restaurant avec les enfants pour la première fois en huit ans et prendre notre premier repas ensemble.

Alors que nous étions en plein milieu du repas, je reçus un coup de téléphone de ma mère, le premier en onze ans après qu’elle m’ait répudiée. Lorsque le serveur m’apporta mon assiette, je l’ai faite tomber tellement j’étais sous le choc :
« Allô Chantal, c’est moi  ! J’espère que je ne te dérange pas ?
Ton père vient d’avoir un accident. Un homme complètement ivre a pris une route à contre-sens et lui est rentré dedans. »
« Mais tu es où ? Et lui où est-il ? »
« Il est à l’hôpital mais moi je suis à la maison. Je pense y aller quand quelqu’un pourra m’emmener. »
En réalité il était déjà mort mais elle n’a pas voulu m’annoncer la nouvelle par téléphone.

Depuis cinq ans, elle était sous traitement d’un cancer.
Lorsque nous arrivâmes, je la vis sans cheveu, le visage marqué par le temps.
Quand elle me vit, elle s’est mise à pleurer en me disant :
« Ma fille, tu es la seule personne qui me reste de notre famille.
Ton père est décédé il y a tout juste deux heures d’une hémorragie cérébrale. »
Alors que la brutalité de la nouvelle m’a laissée sans voix et que mes yeux se noyaient dans leurs larmes, je dis à mes enfants Hassan et Sabra après qu’ils m’aient posé la question :
« Maman c’est qui cette dame sans cheveu ? »
« C’est votre grand-mère. Allez lui faire un bisou. »

A la mort de mon père, nous nous sommes occupés de ma mère, l’aidant à lutter contre sa maladie.
Elle qui critiquait jadis mon foulard, a fini par en mettre un pour cacher ses cheveux qui étaient tombés en raison des effets de son traitement.
Tout ceci lui permit de voir lorsque nous sortions toutes les deux voilées, comment certaines personnes pouvaient nous percevoir.

Elle a appris à connaître mon mari qui était à son service pour elle et m’a confié qu’elle n’avait pas connu d’homme aussi respectueux et attentionné.
Les enfants jouaient constamment avec elle partout en lui faisant oublier le poids de son épreuve que leurs chahuts et éclats de rire d’enfant avaient fait totalement disparaître.
Nous étions là pour elle à chaque instant et elle se sentait bien chez nous.
Je la lavais, je repassais son linge et préparais ses repas. Les enfants veillaient auprès d’elle jusqu’à ce qu’elle parte se coucher.
Par notre comportement elle s’intéressa à l’Islam.

Trois ans plus tard elle mourra dans son sommeil.
Mais une semaine avant sa mort, elle avait embrassé l’Islam en prononçant les deux témoignages.
Elle avait pleuré de m’avoir rejeté et de ne pas avoir cru à l’histoire de mon voyage humanitaire.
Je séchais ses larmes en lui disant :
« Pas un jour depuis que tu m’as dit de partir de chez toi, j’ai demandé le bien pour toi le bien et la bonne guidée. »
Voilà les derniers mots que je lui ai dits.

Si vous savez que la mort risque à tout moment de prendre un des vôtres, faites en sorte de ne jamais couper vos liens familiaux.

Quand j’étais petite, je disais à ma mère bien avant qu’elle meurt qu’un jour je deviendrai quelqu’un sans jamais effacer de ma personne mes valeurs et les traits de ma personnalité.
Ce jour est arrivé lorsque j’ai pu devenir quelqu’un ayant le pouvoir d’employer des femmes voilées qui de par leur propre choix spirituel ont été discriminées par le modèle imposé par l’univers professionnel de la société française.

Échappant à l’embuscade de ce système ayant établi la tentative de mon meurtre social, il est devenu finalement la ligne droite d’une piste de décollage.

On ne m’a jamais laissé faire mes preuves dans des entreprises malgré mon cursus alors chez fait ma propre société.
J’ai entrepris avec audace et en quelques mois je suis devenue la personne que j’aurais aimé rencontrer lorsque moi-même je cherchais un emploi et que les portes étaient cadenassées à cause de mon voile.
Je suis devenue une femme d’affaires juste et impartiale accordant la chance aux autres sans préjuger leurs tenues vestimentaires
J’ai entrepris de toute mes forces sans rien attendre de ceux qui ont eu des idées fixées sur mon apparence pour oublier l’absence de mon mari suite à son incarcération.
Mon courage a prouvé à ceux qui m’ont fermé les portes que j’ai construit encore plus grand là où j’étais indésirable.

Trois mois après la mort de ma mère, j’ai pu employer deux cents salariés dont plus de la moitié était voilée.
Le moteur de ma réussite a été les freins à l’embauche qu’on a pu me mettre.
Ma détermination a été les clefs de ma réussite sociale pour pouvoir aujourd’hui aider celles que les employeurs ont condamnées aux minima sociaux.
L’entrepreneuriat en faveur des masses exclues est l’une des meilleures manières de leurs redonner une dignité sociale en leur faisant conserver la liberté de leurs indépendances.
Épilogue

Toujours faire face aux difficultés en allant de l’avant.
Voilà ce que j’aimerais que les gens retiennent de moi.

Les différents établissements qui ont refusé ma candidature se mordent les doigts  aujourd’hui pour m’avoir condamné lourdement de par mon apparence.
Le chiffre d’affaires de mon entreprise a prouvé au monde que mon voile n’a amenuisé en aucun cas l’éclat de mes compétences professionnelles.
Devenue une  militante contre la discrimination à l’embauche, c’est par mon entrepreneuriat que j’ai pu m’attaquer à cette problématique qui ronge les os du marché du travail.

Quant à Dawoud, il a monté un espace de prévention contre les risques de la délinquance.
Puis il a fini par écrire ses mémoires dans un livre autobiographique sur son lourd passé carcéral qui est devenu en quelques semaines un incontournable best-seller.

L’effort d’obtenir son indépendance en devellopant son talent fait gagner la liberté de son repos.
N’ouvrez jamais les yeux avant la fin de vos rêves….

Fin

« La faillite morale sera toujours provoquée par celui qui néglige le bilan de sa propre vie. »

Citation de Boel Souleymane
«  L’ingratitude dévore la mémoire des gens. Rappelez-vous constamment que tout vient de Dieu pour nourrir de bien-être votre cœur.  »

Citation de Boel Souleymane
«  L’introspection régulière de soi-même  par des questions de fond permettra aux hommes d’éviter toutes les tortures de leurs consciences.  »

Citation de Boel Souleymane

On sait qu’on arrive au bout d’un rêve seulement lorsqu’il devient perceptible par tous nos sens.

N’ouvrez jamais les yeux avant la fin de vos rêves.
Et ne tardez pas à ouvrir vos paupières pour tuer vos cauchemars!
Citation de Boel Souleymane

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Les premières images du tournage du film « Une chute stupèfiante » écrit par Boel Souleymane réalisé par Mahmoud Haroun en partenariat avec Green 1D

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Braquage de dealer film « Une chute stupèfiante

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Se déguisé en flic pour braquer un gros dealer telle était le plan seulement rien ne c’est passé comme prévu. ..12387843_1685480231690342_810415079_n

Synopsis du film « Une chute stupéfiante »

Abdou, guetteur pour le compte de Max, un gros dealer aux méthodes très violentes, décide de mettre en scène une fausse arrestation pour récupérer la recette d’un mois d’activité, soit environ 100 000 euros.
Cette idée lui vient après avoir appris que des membres de la brigade des stups dépouillent des dealers à domicile.
Pour ce traquenard, il monte la tête à deux dealers qui vont agir pour lui : Coyote et Aziz, qui finissent par accepter, pour l’appât du gain, de jouer les faux flics.
Seulement le jour de l’arrestation rien ne se passe comme ils l’avaient prévu…