Extrait du livre « le portail d’une dépréssion »(l’asile de la surconsommation) de Boel Souleymane

Un signal d’alarme retentit

Déclenché par un infirmier  mordu au visage le nez plein de sang  pour  venir donner l’alerte de la démence d’un interné qui  est venu brusquement interrompre  le début de ma thérapie.

« Nous nous verrons demain matin  Mr Bradd »

Les renforts débarquèrent aussitôt provoquant  cris  insulte et  violent  débattements dans le couloir.

L’homme hurlé  en faisant des grognements de loup enragé.

« ARRRRRRRRRR !!!! »

Avant d’être Plaqué au sol et sanglé par une camisole pour y être trainé en isolement :

L’odeur de la psychiatrie peut être parfois étouffante quand on oblige un homme  à supporter la pathologie des autres.

Avant que le psychiatre  parte je le regardé étrangement fixé longuement le cadre d’une photo qu’il retourna brusquement lorsqu’il entendu ma question :

« Cela fait longtemps  qu’il est-ici ? »

« Qui ca  Monsieur Cuckermane  l’homme qui se trouvait dans le couloir ? »

« Oui »

« Trois ans environs »

« Pourquoi est-il là ? »

« Je n’ai normalement pas à vous le dire.

Mais il a découpé sa femme  à la scie à métaux après lui avoir tranché la gorge.

Elle était  institutrice ses élèves ont   retrouvé son corps dans deux valises dans sa classe. »

« Pourquoi as –t’il fait ça ?

Elle le trompé »

« Non ! Il n’a pas supporté qu’elle ouvre un compte dans une autre banque que celle où il était le directeur d’agence.

Alors il l’a tuée »

Alors que j’allais partir un homme arriva en trainant  ses pieds en avançant dans le couloir.

Il beuglait Tout en marchant en  ne cessant  d’agiter brusquement son bras comme si il mettait des coups de marteau sur quelque chose »

« Et lui que lui est-il arrivé ? »

« Il a été touché à la tête par une balle par un agent de police  alors qu’il commettait le braquage d’une bijouterie.

Le flic a tiré sans sommation le voyant brisé avec son marteau les vitrines de la bijouterie.

Depuis il ne cesse dans son esprit de revivre cette scène de façon répétitive.

Parfois ça lui arrive de prononcer le nom des gens avec qui il a commis le braquage qui ont été arrêté.

Ses séquelles ont fait qu’il vit dans son propre monde et à perdu tout contact avec la réalité.

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Résumé du livre : «Le portail d’une dépression »(l’asile de la surconsommation)

Après une rencontre imprévu sur PARIS Hector Brad actif au chômage depuis plus d’un an décide de falsifié les compétences de son cv en y ajoutant des connaissances de base en psychologie en réalité inexistantes. Pour accéder à un poste d’opérateur téléphonique au sein d’un centre d’appels de prévention au suicide. En réussissant l’obstacle du recrutement à peine avoir commencé cette nouvelle activité salariale qu’il pense déjà à une rapide reconversion professionnelle. Déplu de prendre à la chaine des appels sous hautes tensions de personnes dépressifs qui lui dresse un portrait abjecte d’une société de consommation actuelle. Tout va réellement se durcir lorsqu’il va prendre l’appel d’un supérieur en étant au bord du suicide. Un seul mensonge peut vous mettre dans le pire des embarras et la vie d’un homme ne tiens parfois qu’a un coup de fil.

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L’écrivain Boel Souleymane

Résumé du livre: «Le portail d’une dépression »(l’asile de la surconsommation)
Après une rencontre imprévu sur PARIS Hector Brad actif au chômage depuis plus d’un an décide de falsifié les compétences de son cv en y ajoutant des connaissances de base en psychologie en réalité inexistantes. Pour accéder à un poste d’opérateur téléphonique au sein d’un centre d’appels de prévention au suicide. En réussissant l’obstacle du recrutement à peine avoir commencé cette nouvelle activité salariale qu’il pense déjà à une rapide reconversion professionnelle. Déplu de prendre à la chaine des appels sous hautes tensions de personnes dépressifs qui lui dresse un portrait abjecte d’une société de consommation actuelle. Tout va réellement se durcir lorsqu’il va prendre l’appel d’un supérieur en étant au bord du suicide. Un seul mensonge peut vous mettre dans le pire des embarras et la vie d’un homme ne tiens parfois qu’a un coup de fil.

Extrait du livre « le portail d’une dépression » de Boel Souleymane Sortie prévue début 2016

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Résumé: «Le portail d’une dépression »(l’asile de la surconsommation)
Après une rencontre imprévu sur PARIS Hector Brad actif au chômage depuis plus d’un an décide de falsifié les compétences de son cv en y ajoutant des connaissances de base en psychologie en réalité inexistantes. Pour accéder à un poste d’opérateur téléphonique au sein d’un centre d’appels de prévention au suicide. En réussissant l’obstacle du recrutement à peine avoir commencé cette nouvelle activité salariale qu’il pense déjà à une rapide reconversion professionnelle. Déplu de prendre à la chaine des appels sous hautes tensions de personnes dépressifs qui lui dresse un portrait abjecte d’une société de consommation actuelle. Tout va réellement se durcir lorsqu’il va prendre l’appel d’un supérieur en étant au bord du suicide. Un seul mensonge peut vous mettre dans le pire des embarras et la vie d’un homme ne tiens parfois qu’a un coup de fil.

« La société de consommation dirige ses consommateurs tout droits vers une puissante aliénation en faisant d’eux des automates qui travaillent, vivent pour seulement consommer avec exagération.
Son système ressemble au manège d’un parc d’attraction sans arceau de sécurité.
IL ne fera que les faire tourner en rond pour pouvoir ensuite mieux violemment les éjecter.
Le divertissement fait rapidement place au drame lorsque que vous n’avez aucun pouvoir d’achat. L’état psychique de ses victimes ressemble à des gens qui mériteraient d’être héliporté vers des centres de traumatologie. »
« La société de consommation dans tous ses excès ressemble aux troubles du comportement d’une nymphomane toujours insatisfaite elle ne fait que répéter ses propositions publicitaires dans l’unique but de développer chez vous une addiction par le piège de la fascination d’acquérir. »
« Lorsqu’une société cultive l’égoisme,le pouvoir d’achat, la discrimination à l’emploi tout en favorisant la quête exclusive des intérets personnels majoritairement monopolisé par les classes dominantes.
Les mauvais choix pour ouvrir les portes de l’accès à la société de consommation conduisent aux pires tragédies.
L’absence de l’altruisme et la vertu ont déjà déroulé la banderole de la scène de crimes. »

citation extraite du livre « le portail d’une dépression » (sortie début 2016)

Les gens prennent le mensonge comme une sortie de secours alors qu’il n’ est en réalité qu’une bombe à retardement.
Quand à la vérité elle est une voie sans issue pour les contradictions et la fin de son compte à rebours.

Extrait du livre « le portail d’une dépression »
Sortie prévue début 2016 inchaa’
Allaah

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Livre entier « La course à l’adrénaline »(la mort du vertige ) de Boel Souleymane Skywalking et complot de la Cia

Table des matières
Citations de l’auteur sur les crimes
et objectifs de la CIA…………………………………………… 3
Préface de l’auteur sur les procédés
et crimes commis par la CIA ………………………………. 9
Jouer à défier la mort en pratiquant le Skywalking
à une hauteur vertigineuse
(Témoin d’un meurtre commis
par des agents de la CIA) ……………………………………… 15
Une traque trépidante par des espions
du gouvernement américain
(Un incroyable renversement de situation) …………… 33
72 heures pour retrouver une bombe
au gaz sarin planquée dans New-York
(Un attentat dans le but d’imposer une nouvelle loi
pour un contrôle de surveillance globalisé sur
l’ensemble du Monde) …………………………………………. 45
140
Un héros très embarrassant pour
la marionnette de Wall-Street
(Un recourt à la force intellectuelle) …………………….. 69
Panique en plein parc Zoologique du Bronx
(Une horde d’animaux sauvages
qui foncent sur la foule) ………………………………………. 83
Un beau-fils sur la liste des gens à faire disparaître
(Un dîner raté avec un pantin d’ébène) ……………….. 93
À l’ombre des peines, l’amour peut parfois revenir
comme le lever du soleil
(Deux personnes dans le coma
en l’espace d’un même jour) ………………………………… 103
Le refus d’une proposition triviale et malveillante
(La beauté d’un amour incorruptible) …………………. 115
Si la vérité blesse, les mots affutés peuvent faire
des hémorragies
(Quand l’argent devient la gangrène des coeurs) …… 119
Ne jamais laisser partir le bonheur,
vous risquerez de ne pas savoir où il peut se perdre
(Savoir le retenir à temps) …………………………………… 125
D’un ghetto vil à une villa près d’une plage
de sable fin d’une des plus splendides iles
(Un rêve plus long que le temps de son sommeil) …. 133
Du bitume du ghetto aux plages
de sable fin d’une des plus splendides îles
(Un rêve plus long que le temps de son sommeil) …. 137
141
142

Citations de l’auteur sur les crimes
et objectifs de la CIA
« Si il y a un intérêt financier pour les services
secrets des Etats-Unis à vous torturer ou à devoir vous
tuer, soyez sûr que la CIA fera le nécessaire dans une
opération clandestine.
Leurs services de renseignement est d’une grande
efficacité pour masquer les crimes de tous ceux qui
peuvent gêner leurs intérêts. »
Citation de Boël Souleymane
« Ce n’est pas parce que la CIA a les moyens de
savoir précisément qui vous êtes que vous ne devez
pas vous intéresser à ce qu’ils font, et ce qu’ils peuvent
faire de ce qu’ils savent sur vous. »
Citation de Boël Souleymane
« La CIA est autant une agence de
renseignements mondiale qu’une machine à tuer.

Son objectif est de savoir comment vous agissez
pour conserver le total contrôle de ses intérêts.
La règle du jeu qu’ils ont fixée est simple : vous
devez perdre la vie avant qu’ils ne perdent leurs
intérêts économiques. »
Citation Boël Souleymane
« Il est plus facile pour moi de croire qu’un
pyromane puisse devenir un jour pompier, qu’un
agent de la CIA puisse devenir un kinésithérapeute
après avoir été un professionnel de la torture. »
Citation de Boël Souleymane
« La CIA fabrique toujours des prétextes taillés
sur mesure pour ses programmes de déstabilisation
des pays aux grandes richesses.
Et ses réseaux d’approvisionnement d’armes ne
sont jamais en rupture de stock pour démarrer les
conflits qu’elle peut mettre en place.
Ses armes secrètes pour détruire les populations
sont multiples, des virus bactériologiques à l’insertion
de nouvelles drogues.
Si l’argent est le nerf de la guerre, sa convoitise est
celui de l’inhumanité. »
Citation de Boël Souleymane
« La CIA est une agence de renseignements qui
vise à défendre les intérêts économiques et
géostratégiques des impérialistes américains.
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L’engouement de leurs hégémonies est tellement
démesuré, qu’ils pourraient vous composer des manuels
de tortures en plusieurs tomes jusqu’à encombrer toutes
les étagères d’une spacieuse bibliothèque. »
Citation de Boël Souleymane
« Le monde ressemble au plateau d’un échiquier
invisible, ou stratégiquement la CIA coordonne les
guerres les plus meurtrières dans le Monde pour
assouvir ses idéologies impérialistes. »
Citation de Boël Souleymane
« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats,
des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas
victime !
Il est complice. »
Citation de George Orwell
« La paix s’efface le plus souvent sur l’ardoise du
monde, quand personne ne s’attache aux merveilles
de la paix et ne trouve l’audace d’écrire ou de résister
pour dénoncer ceux qui fabriquent les guerres. »
Citation de Boël Souleymane
« La différence entre Bush et Obamo, c’est
qu’Obamo a bien sûr mieux dissimulé ses liens avec la
CIA. Lorsqu’un Président est issu d’une famille qui a
toujours été au service de la CIA, ayant par le passé
collaborer avec la CIA, et dont la grand-mère
6
maternelle Madeleine Dunham entretenait des liens
directs avec des agents de la CIA, n’attendez surtout
pas à ce que la catastrophe socio-économique des
Afro-Américains s’améliore.
Celui qui vous ressemble parfois le plus
physiquement, peut souvent être tout votre contraire
moralement. »
Citation de Boël Souleymane
« Si j’ai appris à écrire la violence qui m’entoure,
c’est assurément pour ne jamais perdre la paix qui est
en moi.
La souffrance des nôtres reste la nôtre où que
nous soyons. »
Citation de Boël Souleymane
« La pire des cruautés n’existe que dans la laideur
de l’indifférence.
L’encre ne sera jamais gaspillée, quand elle aura
séchée sur les pages des livres des auteurs qui ont pris
le temps de raconter la souffrance des autres. »
Citation de Boël Souleymane
« Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à
ne pas le devenir lui-même. »
Citation de Friedrich Nietzsche
« Il est bon de s’interroger sur les objectifs de ceux
qui souhaitent imposer une surveillance planétaire.
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Épluchant le moindre détail de votre vie privée,
tout en refusant aux autres de savoir comment ils
vivent. »
Citation de Boël Souleymane
« J’aurais pu mettre un doigt sur la gâchette pour
toucher les autres.
Mais j’ai opté pour la plume.
Car comment faire reconnaître à un mort qu’il
avait tort ? »
Citation de Boël Souleymane
« Les technologies de notre époque veulent nous
apprendre à faire le deuil de notre vie privée, parce
que l’espionnage est devenu institutionnalisé et, pour
que le Monde soit réduit à la servitude des plus grands
oligarques. »
Citation de Boël Souleymane
« Nos vies commencent à prendre fin le jour où
nous devenons silencieux à propos des choses qui
comptent. »
Martin Luther King
« La bienveillance de son prochain dans une
société pourrie par le capitalisme est comme une
bougie qui tente de ne pas s’éteindre face au vent.
L’attitude hautaine et méprisante que dégage
l’attachement au pouvoir du modèle des hommes
8
politiques à écraser les autres pour l’ascension de leur
rang social n’est qu’un corbillard du cercueil de leurs
morales qui s’éloigne avant qu’ils n’en rejoignent
véritablement un. »
Citation de Boël Souleymane
« Remplir le silence par le bien ou des pages
blanches par la vérité, en structurant vos phrases par
des mots aux impacts justes et précis dans l’esprit de
vos ennemis sera beaucoup plus productif et lucide
que de laisser des impacts de balle dans de la chair
d’un homme que vous auriez-eu la faiblesse de tuer. »
Citation de Boël Souleymane
« Votre morale ne pourra être saine et sauvée que
si le fric n’en fait pas une péripatéticienne. »
Citation de Boël Souleymane
9
Préface de l’auteur sur les procédés
et crimes commis par la CIA
Depuis sa création en 1947 dans le contexte de la
Guerre Froide et après avoir mis en place des
structures sophistiquées pour leurs opérations de
renseignements, la CIA n’a fait que développer ses
activités illicites : programmes de contrôle mental,
expérience avec du LSD sur les comportements des
êtres humains, tortures, enlèvements, opérations
secrètes, virus inoculés sur le continent africain, et
financement des groupes terroristes à travers le
Monde.
Tous ses faits avérés ne pouvaient que stimuler
mon inspiration pour un nouveau roman dans lequel
j’ai une nouvelle fois voulu exploiter les capacités de
mon espace imaginaire, en m’interrogeant sur qu’elle
aurait pu être l’histoire si la fille du Président des Etats-
Unis était tombé amoureuse d’un adolescent du Bronx
ayant eu un passé complétement différent du sien ?
10
Tout cela dans le but que deux univers sociaux
puissent rentrer en collision au carrefour de l’amour.
À la question de pourquoi une histoire où la CIA
financerait-elle le terrorisme ?
La réponse la plus évidente est pour la mise en
place du contrôle des fichages de gens ainsi que la
possibilité de l’application des lois liberticides pour
mieux vous surveiller et conserver les intérêts des
impérialistes dans le Monde pour lesquels elle
s’efforce à travailler.
L’art de l’hypnose que pratique un grand nombre
d’hommes politiques est bien le summum de
l’hypocrisie dans le fait de proférer des discours en
faveurs des pauvres alors qu’ils sont manifestement
les marionnettes des banquiers internationaux, et que
leurs politiques ne favorisent que des milliardaires.
Après les déclassifiassions de certains dossiers,
nous savons que les plus odieuses violations des droits
humains ont été commises par des agents de la CIA.
Malgré la publication du rapport du Sénat
américain sur les actes de tortures commis sous la
présidence de George W. Bush.
Aucun des tortionnaires n’a été puni pour leurs
actes de torture.
Et selon le dangereux psychopathe, l’ancien viceprésident
américain Dick Cheney, ces hommes
mériteraient même une décoration.
Les nombreuses invraisemblances concernant la
11
tragédie du 11 septembre m’ont aussi énormément
inspirés.
Si plus de 1700 architectes ont remis en cause le
rapport de la commission sur le 11 septembre, dont
certains ont déclaré que les murs présentaient les
caractéristiques d’une destruction contrôlée, cette
date ne peut échapper à une question : Comment se
fait-il qu’avec de si grands moyens de surveillance
dont disposaient les services de renseignement de la
CIA, un tel drame ait pu arriver, si ce n’est pas avec
leurs complicités ?
La liste des cibles établies par la CIA de l’Afrique,
en Asie, jusqu’à l’Amérique latine a toujours été fixée
sur les anti-impérialistes avant que leurs industriels ne
perdent leurs contrats pour la suffisance de
l’exploitation des richesses minières et énergétiques
qu’ils ne possèdent pas chez eux.
Au travers cette fiction j’ai voulu aborder un sujet.
Lorsqu’une des plus grandes agences de
centralisation du renseignement comme la CIA a
pour habitude de sortir du cadre légal et de laisser se
produire des catastrophes qui auraient pu être
incontestablement évités, on a toutes les raisons de
penser que le 11 septembre était un complot.
Et également, d’être très inspiré pour écrire à quoi
pourraient ressembler leurs prochains projets secrets.
L’ignorance et la naïveté sont une prison dans
laquelle l’homme doit refuser son placement en
détention.
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Ne laissez jamais votre esprit être torturé par la
famine du savoir et demeuré en manque d’évasion
comme si il avait subi un transfert à Guantanamo.
Un homme qu’on fait souffrir peut vous avouer
n’importe quel mensonge.
Un homme qu’on respecte peut tout simplement
vous faire confiance.
Rien n’est sûr que même sous la torture un
homme vous dise la vérité.
La voici concernant certaines pratiques des agents
de la CIA.
La vérité se doit d’être publique, pour ceux qui
aiment tant torturer dans le secret, venir à manquer
d’instruction sur les sujets qui nous concernent, c’est
finir par ressembler à un flingue qui s’enraye.
Le drame pour une partie de notre génération est
d’avoir su que le savoir est une arme, mais de n’avoir
fait l’effort que de porter son holster.
La discipline périlleuse du Skywalking : Le principe
du skywalking est aussi simple que dangereux, il
consiste à grimper le plus haut possible sans aucun
moyen de sécurité. Que ce soit sur un pont, une grue,
une antenne électrique, le toit d’un gratte-ciel, ou
n’importe qu’elle structure la plus haute possible afin
d’arriver à la vue la plus imprenable et vertigineuse. Le
tout, sans aucune sécurité Pour se filmer ou se
photographier au bord du vide.
L’histoire qui va suivre est une fiction,

contrairement aux meurtres et pratiques inhumaines
que peuvent commettre certains agents de la CIA, qui
eux sont une effroyable réalité.
Par conséquent tous les noms qui se trouvent
dans cette histoire n’est qu’une pure coïncidence avec
des personnes existantes ou ayant déjà existées.
Il se peut qu’un jour des adolescents d’un quartier
du South Bronx vous racontent une histoire
semblable à celle qui va suivre…

Jouer à défier la mort
en pratiquant le Skywalking
à une hauteur vertigineuse
(Témoin d’un meurtre commis par des agents de la CIA)
Si la connerie est tristement universelle, c’est
sûrement parce que les préjugés ont eu les moyens de
payer tous ses voyages.
Lorsque vous êtes jeune, et que vous venez d’un
quartier dépenaillé comme celui du South Bronx, tout
le monde se fout de savoir qui vous êtes.
Mais lorsque vous arrivez à très habilement défier
la mort à 366 mètres de hauteur en réussissant à faire
adroitement le poirier en équilibre sur le toit d’un
gratte-ciel de la Bank Of American Tower, tout le
monde se demande :
« Qui vous-êtes ? »
Puisqu’on ne peut pas marcher sur les nuages, les
hauteurs des constructions urbaines m’ont permis de
me balader dans le ciel. En tombant amoureux du
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risque, mon équipe et moi sommes vite devenus accro
à l’adrénaline.
Tout cela remonte après avoir découvert un
après-midi un reportage sur des folies d’adolescents
russes en quête de sensations fortes, passant leurs
journées à effectuer des escalades clandestines sans
aucune sécurité.
En grandissant on a voulu mettre la barre plus
haute pour un jour pouvoir se faire connaître et partir
de notre coin de loqueteux.
Depuis très jeune j’ai toujours été un insoignable
addictif à l’adrénaline.
Partout où que j’allais, je savais comment la
trouver tout comme un junkie peut savoir où trouver
sa dope.
Parce que je me suis tellement attaché à mes rêves
que j’ai fini par les tirer jusqu’à dans la réalité.
Dans mon quartier j’ai toujours passé plus de
temps sur le haut des immeubles qu’à glander en
galérant en bas.
Arrivé de Somalie pour l’un des pires quartiers de
New-York je me suis vite rendu compte de l’état des
lieux.
Des logements vétustes en sur-occupation, là où
la salubrité publique est morte de crise cardiaque.
Le gardien de l’immeuble faisait toujours profil
bas même si souvent les loyers étaient impayés car les
locataires étaient parfois à deux doigts de lui tirer
dessus.
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Chaque soir on entendait le même bruit, les dents
des rats ronger les murs lorsqu’qu’ils remontaient par
les tuyauteries défectueuses.
Vos rêves ne peuvent faire que des fausses
couches lorsqu’il est impossible de dormir.
Et pourtant… J’ai bien réussi à leur donner
naissance.
Le fait d’avoir été considéré par le système
comme quelqu’un des plus bas a fortement stimulé
mon envie de toujours vouloir grimper de plus en
plus haut.
Je vous regarde à présent sortir de vos
multinationales spoliatrices de différents minerais des
sols des pays africains sans que vous vous doutiez que
je puisse vous voir à une telle hauteur pour cracher
sur vos calvities tout en étant monté tellement haut
que vous n’arrivez désormais plus à me voir…
Après être arrivé dans le Bronx j’ai commencé
très tôt mes acrobaties. A l’âge d’environ onze ans, je
montais déjà à cinquante mètres jusqu’à arriver à dixsept
ans et ne plus ressentir le vertige même à plus de
cinq cents mètres.
En rencontrant Karim et Hachim qui habitaient le
même quartier, la synergie de nos trois personnes a
réalisé les vidéos les plus périlleuses qui pouvaient
circuler sur internet.
Dans le Bronx tout le monde me disait en me
croisant que je n’avais pas les pieds sur terre.
L’avenir leur a donné raison. Je suis devenu en
18
quelques années l’un des plus doués du sport extrême
de skywalking.
On m’a souvent posé la question :
« Pourquoi aimes-tu tant jouer avec la mort alors
que tu as toute la vie devant toi ? »
J’ai toujours répondu avec le sourire :
« À vrai dire, à la hauteur où je monte, j’ai trop
souvent la tête dans les nuages pour pouvoir
convenablement penser à tout cela.
Bizarrement, je me suis toujours senti
confortable.
Dans les situations où les autres pouvaient se
sentir les plus stressés et inconfortables.
J’ai toujours aimé sentir une hausse de ma
pression artérielle monter en flèche, comme l’aiguille
du compteur d’un chauffard se moquant des
limitations de vitesse.
Chaque fois, avant d’effectuer mes cascades
urbaines, je savais pertinemment que c’était mon
adrénaline qui allait me permettre de réveiller toute
mon audace et faire réagir mon corps.
Les murs où les espaces ne peuvent se franchir
qu’avec une volonté plus grande qu’eux, ma hantise
n’est pas de continuer à frôler la mort, car je sais très
bien qu’elle finira un jour par me rattraper, mais
plutôt de passer à côté du bonheur pendant tout le
reste de ma vie, alors qu’il pouvait être juste à la
portée de mes mains.
Tout a commencé, cette journée, où l’on voulait
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juste partir à la recherche de notre dose d’adrénaline
comme on avait l’habitude de le faire.
Mais en s’aventurant à ces jeux de plus en plus
dangereux, nous étions loin de nous douter qu’on
finirait par devenir les témoins d’un meurtre, et que
tout cela dégénère en prenant de telles proportions :
sauter entre les interstices des plus hauts buildings,
défier la faucheuse en bravant les dangers et en
traquant sans relâche les attractions les plus
périlleuses de l’urbanisme, tout en étant toujours
obstinés par la quête de sensation forte.
Voilà à quoi nous passions nos journées, en
espérant nous faire remarquer un jour pour tourner
nos propres cascades dans un film d’action.
Alors que nous venions de finir une vidéo cassecou
sur le toit d’un train de banlieue roulant à une
très vive allure, nous sommes ensuite montés sur le
toit d’un immeuble qui se trouvait juste en face d’un
autre immeuble ayant presque la même hauteur.
Alors que Hachim, un de nos amis d’enfance,
s’apprêtait à prendre son élan pour sauter entre
Kamal, qui, était en charge de filmer, en réglant la
caméra, aperçu une scène qui lui parut étrange au
dernière étage de l’immeuble en face.
Quatre agents de la CIA étaient en train
d’effectuer une transaction de matières explosives
avec un membre notoire d’une organisation terroriste.
Un homme en costume gris ouvra une valise
remplie de C4, mais son interlocuteur avait l’air d’être
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surpris et en désaccord sur le fait d’accepter la valise.
Au même moment, Hachim prit son élan et se
mit à sauter pour rejoindre l’autre extrémité de
l’immeuble.
Alors qu’il était en l’air entre l’espace du vide des
deux immeubles, nous avons entendu soudainement
un coup de feu.
Les agents de la CIA avait tué le terroriste avant
même de lui remettre les charges d’explosifs.
Au moment où Hachim atterrit sur le toit, alerté
par l’atterrissage de ses pieds au sol, les hommes se
sont mis à regarder dans notre direction.
Un Chinois, les cheveux plaqués sur la tête s’est
mis à crier :
« Le gamin !! Il a une caméra ! Attrapez-le ! »
Alors que nous étions en train de sauter entre les
immeubles en se faisant tirer dessus, Hachim fit
tomber son sac dans lequel se trouvaient tous ses
papiers.
Il se rendit compte quelques minutes après que
pendant la course il l’avait fait tomber.
« Mon sac il est tombé ! »
Stan le retint pour qu’il ne fasse pas marche
arrière.
« Reviens ! Tu n’as pas vu comment ils ont buté
ce mec ??!!
Sois raisonnable. Laisse tomber, ce n’est qu’un
vulgaire sac !
Ecoute-moi bien attentivement et sois
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raisonnable, tu n’auras qu’as juste refaire les
démarches. Cesse de te tracasser pour rien.
Tu ne vas pas tout de même te prendre une balle
pour cela ?! »
Stan sortit son ordinateur portable pour extraire
la vidéo.
En zoomant sur l’image, il vit très nettement la
carte d’un agent de la CIA.
« P-tain ! Ces enfoirés sont de la CIA ! »
Sur la vidéo, on entendait très légèrement leurs
discussions.
L’homme qui venait de se faire abattre avait
refusé de poser une bombe dans Manhattan.
Stan se connecta à un réseau pour télécharger la
vidéo du meurtre sur une plateforme de
téléchargements.
Alors que nous étions partis faire un tour dans
New-York, Stan proposa de partir quelques jours chez
sa tante à Cleveland, afin de se faire oublier.
Tout le monde était d’accord.
En consultant les horaires de départ, Stan vit
qu’un bus allait partir dans deux heures, juste le
temps de passer à South Bronx pour ramasser
quelques affaires et partir.
Une fois arrivés, chacun monta dans son
immeuble pour faire son sac.
Juste avant de sortir, Karim regarda par la fenêtre
de sa chambre qui donnait sur l’entrée de l’immeuble
de Hachim et Stan.
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Il vit Hachim en train de se faire embarquer par
des agents de la CIA.
Karim envoya un message à Stan qui habitait un
étage plus haut.
Une fois Stan averti, il jeta une poubelle par sa
fenêtre sur les agents de la CIA en criant :
« Sauve-toi Hachim !!! »
Hachim profita de l’occasion de l’effet de surprise
pour mettre un pénalty entre les jambes d’un agent de
la CIA qui se mit à qu’ouigner.
Hachim nous raconta tout ce qui s’était passé
ensuite.
Sorti du quartier de Kingbridge en courant, j’ai
coupé la route de la première avenue en évitant de
justesse toutes les voitures qui me klaxonnaient.
Un homme a ouvert sa fenêtre en m’insultant :
« Où tu vas comme ça ? Conn-rd ! »
En me retournant, un des agents de la CIA était
toujours-là à courir derrière moi.
Il a crié en me courant après :
« Arrêtez-le ! Au voleur ! »
En arrivant au bout d’une rue débouchant sur un
carrefour, j’ai traversé comme un fauve courant après
sa proie sans me soucier de la circulation.
Un poids-lourd tourna violement pour m’éviter
en rentrant dans l’épicerie d’un Coréen, qui renversa
toutes sortes de paquets de pistache s’étalant sur la
chaussée et, provoquant ainsi le déséquilibre des
passants.
23
Au même moment une voiture perdit le contrôle
pour partir s’écraser dans un lampadaire.
En me retournant l’agent de la CIA avait disparu
de mon champ de vision.
Arrivé en sueur à la gare routière de New-York, le
bus pour Cleveland était déjà là et allait partir dans
38 minutes.
En état de stress, je regardais partout, angoissé, la
boule au ventre de revoir surgir des agents de la CIA
pour qu’ils m’arrêtent avant le départ ou me flinguent
avec leurs pistolets silencieux.
Les minutes me semblaient longues à attendre
Karim et Stan.
Quinze minutes avant le départ du bus, ils sont
finalement arrivés.
En regardant par la vitre, Stan me fit remarquer
qu’il reconnut un des agents de la CIA de la vidéo.
Le regard froissé par la rage, sillonné la gare
routière de long en large, Stan tira le rideau du bus.
Après quelques minutes le chauffeur de l’autocar
prit la route.
Karim s’adressa à Hachim :
« Comment as-tu fait pour les semer ? »
« Leurs flingues ne m’ont pas laissé le choix. »
« Comment ont-ils su que nous serions-là ? »
« Sûrement à l’écoute de nos portables mis en
place par le biais de mon nom. Ils ont récupéré mon
sac, c’est sûr ! Sinon ils n’auraient jamais eu mon
adresse aussi vite. »
24
Alors que nous nous étions pleinement assoupis
après quelques heures de route, une Mercedes
emprunta à toute allure la bande d’arrêt d’urgence de
la route pour arriver au niveau du chauffeur, comme
si elle voulait doubler le bus.
À bord, un homme chauve assis à côté du
chauffeur de la voiture ouvrit sa fenêtre avant de
sortir son flingue, pour ensuite tirer une balle dans la
tête du chauffeur de bus.
Le car perdu le contrôle sur la route.
Le coup de feu et les cris des passagers nous
avaient réveillés avant de voir le bus dans lequel nous
nous trouvions, défoncer la vitrine d’un magasin.
Le bus était presque complétement rentré dans
une épicerie de la ville de Youngstown, tenue par un
Coréen.
En regardant les dégâts causés et le sang du
cadavre du chauffeur de bus couler sur sa joue, c’est
comme si les yeux de l’épicier s’étaient soudainement
débridés par la peur qui envahit son visage.
En sortant du bus, Stan avait la joue légèrement
éraflée, et un peu mal à l’un de ses coudes.
Une fois sorti du bus aux vitres brisées et à la tôle
froissée, il aborda au culot l’épicier en lui posant une
question de façon directe :
« Bonjour Monsieur ! Ça ne vous dérange pas que
je prenne une bouteille de soda vu comment votre
magasin est défoncé ? L’assurance va vous
rembourser !
25
Toutes ces émotions m’ont donné soif ! »
L’épicier hagard et bouche-bée de stupéfaction,
hocha juste sa tête en signe d’acceptation avant
d’appeler la Police pour qu’elle constate les dégâts.
Stan s’adressa à nous de façon paniquée :
« Faut qu’on se casse d’ici et au plus vite !!
Si la CIA savait qu’on était dans le bus, c’est parce
qu’elle a sûrement mis nos mobiles sur écoute.
Ils nous ont très certainement pistés avec le
système de géolocalisation.
Partir à Cleveland serait une très mauvaise idée.
Ils doivent déjà savoir où l’on compte aller. »
Karim interrogea l’épicier spontanément :
« On est dans quelle p-tain de ville là Monsieur ? »
« Youngstown dans l’Ohio. »
Hachim s’exclama :
« Youngstown ??!! Mais le frère de ma mère
habite ici !! Attend ! Je vais l’appeler tout de suite ! »
Stan retenu le bras de Hachim.
« Tu es bête ou quoi ?! Tu as oublié ce que je t’ai
dit concernant les téléphones ? »
« On va allez l’appeler d’une cabine. »
En sortant du magasin à la vitrine brisée, une
voiture était garée avec deux enfants Afro-Américains
à l’arrière qui nous ont regardés curieusement sortir
de ce magasin en ruine, surpris que nous puissions
nous en être sortis indemnes.
Une fois dans la rue, nous avons directement jeté
nos téléphones et trouvé une cabine téléphonique
26
pour appeler l’oncle à Hachim.
En appelant, la ligne sonnait, mais personne ne
répondait.
Stan s’exclama :
« Raccroche !
Je ne sais même pas si c’est une bonne chose de
partir chez ton oncle.
Car avec les renseignements dont la CIA peut
disposer, lorsqu’ils sauront que nous avons survécu au
crash du bus, ils commenceront par chercher où nous
pourrons être dans Youngstown.
En recherchant tes liens familiaux ils sauront très
vite où nous pourrons être. »
Karim proposa alors une alternative :
« Et si nous allions tout raconter à la Police avec
la vidéo ? »
Stan refusa en rétorquant sur un ton agacé :
« La Police est au service du Gouvernement
américain, tout comme la CIA.
Faire cela serait une des plus grosses erreurs, sans
se couvrir avant.
Et en plus tu vas leur dire quoi ?
Quand ils t’interrogeront sur qu’est-ce que tu
foutais sur le toit de ce building en train de faire tes
acrobaties ?!
Tu sais pourquoi Hachim je n’irai jamais voir les
flics pour leurs dire ce que j’ai vu ? »
« Non, pourquoi ? »
« Parce que le mot justice perdra toujours son
27
sens dans un pays inégalitaire où le système américain
met la plupart des coupables en liberté, et s’entête à
maintenir ses innocents enfermés.
La vie est courte et la liberté bien trop précieuse.
Je n’ai vraiment pas envie d’être le prochain Ricky
Jackson.
Fais-moi confiance Hachim, on va se protéger par
nous-mêmes.
Si les cerveaux des flics étaient plus actifs à
réfléchir qu’à vouloir presser avec vivacité leurs
gâchettes, Michael Brown serait peut-être encore
vivant !
Et si l’usage de la réflexion et du sang-froid chez
les flics était aussi rapide qu’ils vont pour dégainer
leurs flingues, Tamir Rice serait toujours parmi les
siens.
La Police est censée protéger ses civils avant de se
faire tuer, et non d’être protégée après s’être donnée le
droit d’injustement les tuer.
Aux Etats-Unis, les verdicts demeurent arbitraires
lorsque la Police tue à tort.
Aucun uniforme n’autorise à tuer un innocent.
Pourtant les décisions de la justice américaine
relaxe des criminels presque aussi vite que les balles
qu’ils ont pu tirer sur leurs victimes.
Et les condamnations sont aussi rares et
surprenantes que les sourires sur le visage d’un
homme qu’on torture. »
Voilà pourquoi Stan redoutait tant de se rendre
28
chez la Police, pour leur dire ce qu’on avait vu.
Hachim demanda à Stan :
« Qu’est-ce que tu proposes alors ? »
« On balance la vidéo avec notre témoignage pour
se prémunir, en précisant qui nous sommes et qu’estce
qu’on a vu en tant qu’acrobates urbains, tout en
détaillant comment la CIA a essayé de nous tuer. »
Sur cette façon d’agir, tout le monde était
d’accord.
Il fallait juste trouver un endroit où Stan puisse
recharger son ordinateur portable.
Arrivés devant chez l’oncle à Hachim, un homme
tatoué le bout du bras coupé s’est mis à brusquement
nous aborder.
« Qu’est-ce que vous foutez-là les gamins ? C’est
dangereux ici ! »
Karim s’adressa à Stan :
« Qu’est-ce qu’il veut ce manchot débile ? »
Hachim serra ses poings tout en lui répondant
sèchement :
« Ecoute, on vient d’un coin sûrement plus
dangereux qu’ici. Alors lâche-nous la grappe, veuxtu
?
On cherche juste une adresse, celle de mon
oncle ! »
« Quel est le nom de la rue ? »
« Federal Street. »
« Mais c’est juste derrière chez moi ! »
L’homme n’avait pas l’air d’avoir envie de nous
29
embrouiller, mais semblait plutôt avoir été maladroit
en nous portant le conseil.
En parlant quelques minutes avec lui, il reconnut
Stan par rapport à une vidéo qu’il avait fait en sautant
entre les espaces de deux buildings.
« Mais ! Ta tête me dit quelque chose.
Ça y’est ça me revient.
C’est toi qui sautes sur le toit des gratte-ciel.
Je savais bien que ta tête me disait quelque chose ! »
Stan esquissa un sourire tout en étant flatté.
« Dans le mille mon pote !
Cela t’a plu ? »
« Oui, enfin surtout à mon fils.
Il ne fait que regarder vos vidéos du matin au soir.
J’ai d’ailleurs peur qu’il fasse un jour le c-n, en
cherchant à plagier bêtement vos acrobaties. »
Stan lui proposa un marché :
« Si tu acceptes je propose qu’on passe
rapidement voir ton fils pour le conseiller de ne pas
reproduire ce qu’il a pu voir de nous.
Et si cela ne t’ennuie pas, on aurait besoin de
recharger notre ordinateur portable. »
« Pas de problème.
J’en serai très ravi, et cela me semble une très
bonne idée en matière de prévention.
Vous chargerez par la même occasion votre
ordinateur. »
Arrivés devant l’appartement de Clint (l’homme
qui avait le bras coupé), son fils se mit à s’exclamer de
30
joie quand il nous vit arriver.
« Papa ! Papa ! Regarde ce sont les jeunes des
vidéos qui font les cascades sur le toit des buildings,
comme les quatre fantastiques ! »
Stan rigola en plaisantant avec le gamin.
« Laisse tomber ! Eux c’est des ringards du
cinéma, nous on est dans le réel.
Sans leurs effets spéciaux ils sont rien.
En ce qui nous concerne on est juste trois Noirs
fantastiques avec une forte personnalité.
Et tous ces super-héros ne viennent pas d’un
quartier comme le South Bronx.
Ça y est Karim ! J’ai trouvé un p-tain de nom
pour notre groupe.
Ça sera les made in Bronx.
Les M.I.B. mec !
C’est quand même pas normal qu’on avait pas de
nom ! »
Le gosse sourire aux lèvres se mit à hoché la téte :
« Mib ça déchire !
Vous ne pouviez pas rester sans nom !! »
Comme convenu, Stan porta le conseil au fils de
Clint pour ne pas qu’il reproduise les vidéos qu’il avait
vues de nous.
Nous étions surpris de savoir que nous pouvions
être à la fois reconnus et avoir une certaine influence
sur certains jeunes.
Nous sommes restés peut-être deux heures chez
lui à parler, le temps que Stan charge son pc pour
31
commencer le montage de la vidéo du meurtre des
agents de la CIA.
Karim ne put se retenir de lui poser la question
sur ce qui était arrivé à son bras :
« Clint, pardonne mon indiscrétion, mais
comment as-tu perdu la moitié de ton bras ? »
Hachim regarda Karim interloqué :
« Pourquoi es-tu curieux comme ça mec ?
Ce n’est pas croyable ! Le gars nous invite chez
lui, et tu te permets d’être aussi indiscret ! »
Clint s’adressa à son fils avant de répondre :
« Math, va jouer dans ta chambre.
Il y a maintenant deux ans que cela s’est produit.
À cette époque j’étais cuisinier pour l’armée
américaine sur une base près de Kaboul.
Alors que je n’étais pas de service, un caporal m’a
demandé de l’accompagner pour qu’il aille chercher
de l’opium.
Seulement tout a dégénéré.
Il a fumé sur place pendant une heure de l’opium,
jusqu’à être raide complétement défoncé.
Sous les effets de sa défonce, il s’est mis à délirer
salement en sortant une grenade en l’a dégoupillant
pour la placer sur la tête d’un enfant qui portait une
pakol (couvre-chef afghan).
En lui disant à voix basse :
« Garde en équilibre la grenade que je viens de te
poser sur la tête, car si elle tombe, tu vas exploser
avec. »
32
Puis il s’est mis à rire comme un maniaque en
voyant l’enfant tétanisé de peur, s’efforçant de rester
immobile.
« Ahahahaa »
En voyant cela je ne pouvais pas rester passif.
Alors je suis intervenu pour retirer la grenade de
sa tête.
En intervenant j’ai réussi à sauver le gosse, mais
j’ai perdu une partie de mon bras après que la grenade
a explosé.
J’aurais si j’avais eu le choix préféré perdre mes
yeux, pour ne pas voir.
Toutes les atrocités que l’armée américaine a
faites aux civils afghans.
Les médias ne nous montrent jamais les dessous
de la guerre, mais bien souvent juste des images
sorties de leur contexte.
33
Une traque trépidante par des espions
du gouvernement américain
(Un incroyable renversement de situation)
Qu’auriez-vous fait si la CIA était à vos trousses
pour vous tuer ?
Si vous n’avez pas la réponse, Stan lui, la possédait
dans les moindres détails.
Elle était venue spontanément dans son crâne,
entraînée par son esprit vindicatif.
En sortant de chez Clint le manchot, il
l’interrogea sur les constructions les plus hautes de la
ville qui se trouvaient à proximité pour commencer à
construire son piège.
Clint réfléchit un instant :
« À côté de la périphérie de la ville, se trouve une
très haute antenne de radio.
Voilà l’endroit qui me vient à l’esprit. »
« C’est à combien de kilomètres d’ici ? »
« Environ cinq kilomètres d’ici. »
34
« Quel est le journal le plus notoire de la
région ? »
« Sans hésiter « le Trib Today ».
Mais pourquoi toutes ces question ? »
« C’est une trop longue histoire Clint, et je n’ai
pas envie d’impliquer ta famille dedans. »
Après avoir entendu cette parole qui raisonna
comme une balle sortie d’un flingue, Clint mit sa
curiosité de côté, pendant que Stan appela le journal
local :
« Le Trib Today bonjour. »
« Allo bonjour je souhaiterai parler à un
journaliste le plus rapidement possible. »
« Qui dois-je annoncer et à quel sujet ? »
« Stan du South Bronx. Je cherche à le joindre
pour lui annoncer un scoop. »
« Ne quitter pas merci.
Je transfert votre appel vers son bureau. »
« Charles Buswind, journaliste du Tribe Today,
j’écoute ? »
« Bonjour Monsieur, je suis face à un taré qui
vient de monter sur une très haute antenne de radio
de la ville de Youngstown.
Je pense que cela pourrait vous intéresser de venir
couvrir cet événement. La scène est vraiment très
impressionnante ! »
« Bien-sûr. Où êtes-vous actuellement ? »
« Juste devant l’antenne de radio ! »
« Très bien, ne bougez pas !
35
J’arrive tout de suite. »
Lorsque vous voyez un homme à quarante
mètres, perché sur une antenne de radio en train de
manger un yaourt, vous vous demandez à quel genre
de débile mental vous avez à faire.
Mais vous ne vous attendez pas du tout à ce que
ce soit lui qui vous ait attiré ici pour vous dévoiler une
affaire de meurtre commis par des agents de la CIA.
Une fois sur place le journaliste avait l’air tendu et
perdu jusqu’à voir Karim et Hachim l’appeler :
« Par ici ! Regarde il est là tout en haut. »
« Oh mon Dieu ! Il ne va tout de même pas
sauter ? »
Karim et Hachim jouaient pleinement leur rôle
respectif, en augmentant les paroles d’un scénario
catastrophe.
Afin d’alimenter l’angoisse du journaliste :
« Il se pourrait qu’après son yaourt il fasse le
grand saut ! »
« À quarante mètres, il risque de salement
s’aplatir sur le sol.
Ça risque de ne vraiment pas être beau à voir.
Je sens déjà mes tripes remonter à l’idée de ne pas
savoir si je vais pouvoir supporter cela. »
Stan s’amusa à faire le débile en voyant la tête du
journaliste entièrement tétanisé par l’angoisse
d’assister à une mort en direct.
Malgré ses lèvres crispées, il tenta un dialogue :
« Descends-jeune homme ! Sois raisonnable ! »
36
L’homme répondu de manière inconsciente :
« Est-ce que quelqu’un à du sucre en bas pour
mon yaourt ? »
Hachim se retint au maximum de ne pas pouffer de
rire avant de chuchoter dans une oreille du journaliste :
« Dites-lui que vous avez du sucre, il va peut-être
descendre. »
« Descends, j’ai un paquet dans ma voiture ! »
Stan fit tomber son yaourt sur le journaliste, avant
de descendre adroitement pour arriver au sol.
Une fois redescendue, Stan et le reste de notre
groupe ont affranchi le journaliste sur la véritable
raison de l’avoir attiré à cet endroit :
« Monsieur, tout ceci n’était qu’une mise en scène
pour vous faire venir et vous révéler notre témoignage
d’un meurtre. »
« Un meurtre !? Me-de !
Mais qu’est-ce que vous me dites ?
Hééé hééé !
Mais attendez les mecs je suis un journaliste
locale, pas un enquêteur de police. »
« Ecoutez, lorsque vous saurez qui sont les
criminels, vous comprendrez mieux pourquoi nous
avons choisi un journaliste, plutôt qu’un officier de
police pour nous confier. »
Alors que le journaliste regardait attentivement
avec effroi la vidéo du meurtre sur l’ordinateur
portable de Hachim, une voiture noire surgit pour se
garer brusquement.
37
Une angoisse palpable et forte s’était imbriquée
en nous.
Dans notre regard tout le monde pouvaient
déchiffrer que nous redoutions que cela soient les
agents de la CIA.
Finalement c’était Clint qui accouru l’air
complétement paniqué par ce qu’il venait de voir.
Il sorti de sa voiture le teint pâle et l’air épouvanté
en s’adressant à Hachim :
« Suivez-moi et dépêchez-vous ! »
« Qu’est-ce qu’il se passe ?! »
« L’adresse où vous vouliez aller toute à l’heure, et
bien un homme est en train de se faire torturer à son
domicile par deux hommes blancs et un Chinois
portant une cicatrice.
Il faut faire vite.
Je les ai vus plonger sa main dans une bouilloire
et la sortir jusqu’à ce qu’il ne reste plus aucun bout de
chaire sur sa main.
Ils criaient sur lui en lui disant :
« Où sont-ils ? Dis-nous où ils se trouvent ?! »
Hachim se mit à s’affoler :
« Pu-ain ! Faut y aller Stan ! Ils vont buter mon
oncle.
Tout ça est de notre faute !!! »
Stan tenta de le calmer :
« Calme-toi ! On va y aller. »
Stan s’adressa de façon pressée à Clint :
« Est-ce que tu es outillé mec ? »
38
Clint voulu s’assurer d’avoir bien compris la
question.
« Tu veux savoir si je suis broliqué ?
Si j’ai un flingue ?
Ouaip ! J’ai mon flingue dans ma boîte à gants. »
« J’espère que tu as beaucoup de balles car on
risque d’en avoir besoin ! »
Au moment où nous allions partir, le journaliste a
insisté pour nous accompagner :
« Attendez-moi, vous n’allez pas me laisser passer
à côté d’un scoop ! »
Quelques minutes plus tard, nous sommes arrivés
sur les lieux avec le journaliste.
Les agents de la CIA étaient encore là, à torturer
l’oncle de Hachim.
Ses cris de douleur pouvaient s’entendre depuis
l’extérieur.
Stan se demandait comment intervenir face à une
situation aussi délicate l’ayant à moitié gelé d’effroi de
par la vision d’une telle sauvagerie de torture.
Il ne pouvait plus attendre vu comment la victime
se faisait atrocement charcuter.
L’ambiance était glauque, violente et ultra
stressante.
Stan prit la décision d’intervenir face à l’urgence
de la situation, après avoir entendu des cris
insoutenables augmentés et les menaces des hommes
s’intensifier :
« Puisque tu ne veux rien dire, on va t’éplucher les
39
testicules jusqu’à ce que tu sois coopératif ! »
« Nannhh ! »
Au même moment Hachim sonna à la porte pour
faire diversion.
Lorsqu’un des hommes ouvra la porte Stan était
par terre à plat ventre en train d’ouvrir le feu sur le
premier des gars qui a ouvert la porte.
Dès que la porte s’entrouvit, l’homme derrière se
prit une balle au genou.
Stan roula sur le sol et continua à tirer sur une des
trois personnes jusqu’à lui mettre une balle dans l’oeil
lui ressorti par le crâne.
L’homme qui avait pris une balle dans la jambe fit
tomber son flingue et Hachim le ramassa furtivement.
Stan et Hachim prirent de rapidité le troisième
qui restait vivant pour le braquer simultanément tous
les deux en pointant les canons de leur flingue au
niveau de sa tête.
Karim jeta un torchon sur la main sans chair de
l’oncle à Hachim.
Le journaliste pétrifié par la peur s’adressa au
groupe :
« Je crois que je vais rentrer les gars. »
Stan s’adressa à lui avec agressivité :
« Commence pas à faire le froussard.
C’est vraiment pas le moment de nous lâcher ! »
L’homme qui avait pris la balle dans la jambe, et
qui était allongé en boule sur le sol se redressa
nerveusement pour tenter une dernière fois de
40
dégainer son arme contre Stan qui le prit de vitesse en
lui collant deux balles dans la mâchoire.
Stan interrogea Hachim après quelques secondes
de silence, en réalisant son geste.
« Me-rde ! Et maintenant qu’est-ce qu’on fait ? »
« On ramène le dernier qui reste en vie dans une
cave pour savoir pourquoi ils ont tué l’homme qui se
trouvait dans le building ?
Et pourquoi ils tenaient absolument à nous
tuer ? »
En quelques instants la situation c’est totalement
inversée.
Le bourreau de l’oncle de Hachim avait fini ficelé
sur une chaise à l’intérieur d’une cave obscure.
Stan mit le canon de son flingue juste en dessous
de l’oeil droit du type avant de l’interroger.
« Pourquoi tu cherches à nous tuer ? »
« Le Gouvernement américain cherche à
renforcer la surveillance afin de conserver ses intérêts
dans le Monde.
Lorsque vous étiez sur le toit du building à New-
York, vous avez filmé le meurtre d’un terroriste qui
devait placer une bombe dans un magasin d’un centre
commercial de New-York dix jours avant les soldes de
Noël. Cette bombe devait être programmée et prête à
exploser pour le premier jour des soldes.
Lorsqu’on lui a expliqué où mettre la bombe et
pourquoi nous attendions cela de lui, il a refusé.
Nous n’avions pas d’autre choix que de l’abattre. »
41
« Oui mais pourquoi tuer des civils innocents ? »
« Lorsque vous voulez faire appliquer à un peuple
certaines lois, vous avez besoin avant d’atrocement les
terroriser pour qu’ils les acceptent sans se poser de
questions.
Si j’ai reçu l’ordre de vous tuer, c’est parce que
vous avez en votre possession la vidéo du visage des
meurtriers. »
Le journaliste malgré sa pétoche filma les
déclarations de l’homme à son insu.
Stan intrigué interrogea l’homme concernant
leurs projets criminels.
« Donc votre projet n’a pu aboutir concernant le
pseudo attentat qui devait mettre en place votre projet
de loi sur la surveillance ? »
« Le projet aura bien lieu, seulement celui qui
devait mettre la bombe a juste été remplacé.
Le plan est resté le même, seul l’exécutant a été
changé. »
Stan interrogea l’agent de la CIA solidement
ligoté sur sa chaise :
« Où avez-vous mis la bombe ? »
Et pourquoi sacrifier des innocents ? »
« Comme je vous ai dit, le programme de contrôle
de fichage ne pourra se faire accepter par le Monde
qu’après un terrible drame humain.
Après l’effroyable attentat chimique que nous
avons préparé sur New-York, tout ceci le rendra
complétement légitime.
42
Une bombe au gaz sarin a été placée à côté d’un
climatiseur dans le fond d’un conduit d’aération d’un
centre commercial de la 5 avenue de New-York, à
Broadway.
Son activation est prévue deux heures après
l’ouverture des boutiques, le premier jour des soldes
de Noël pour provoquer un véritable massacre
toxique.
Une fois qu’elle explosera elle diffusera un
puissant gaz mortel.
Une simple inhalation ou un contact avec la peau
suffira pour être affecté et entraîner d’atroces
convulsions aux victimes avant leurs arrêts
respiratoires.
Autant vous dire qu’il faudra éviter les magasins
ce jour-là.
De plus la météo annonce des vents violents, le
gaz toxique risque de se répandre à grandes vitesses
sur la ville. »
« Quel jour nous sommes ? »
« Le 23 décembre. »
« Quand commenceront les soldes ? »
« Le 26 décembre à 11 heures. »
« Ça veut dire que selon nos calculs, la bombe est
prévue pour exploser le 26 décembre à 11 heures ?! »
« Exactement. Relâchez-moi et je vous dis
précisément le lieu où elle se trouve. »
Au moment où Stan retira la corde de ses
poignets, l’homme débouchonna un stylo à plume
43
qu’il venait de sortir avant de se l’enfoncer dans sa
carotide.
Le sang gicla sur Stan qui se mit à crier :
« Nan… !
Pourquoi avez-vous fait cela ?! »
« Avec ce que je viens de vous révéler, ils ne
m’auraient jamais laissé vivre tranquille. »
44
45
72 heures pour retrouver une bombe
au gaz sarin planquée dans New-York
(Un attentat dans le but d’imposer une nouvelle loi
pour un contrôle de surveillance globalisé sur
l’ensemble du Monde)
Soixante-douze heures pour trouver une bombe
qui avait été placée quelque part dans les conduits
d’aération d’un centre commercial de New-York.
Stan prit la décision d’appeler le grand magasin
Mac’ys pour faire une alerte à la bombe.
Supposant fortement que la bombe se trouvait
dans les conduits d’aération de ce magasin, il voulait
faire déplacer une équipe de démineurs au plus vite
pour qu’ils trouvent et désamorcent la bombe en
mettant un dispositif de sécurité tout au long de la
cinquième avenue de New-York.
Après avoir composé le numéro du magasin une
voix snobe et souriante décrocha :
« Mac’ys Shopping bonjour. Quel service
demandez-vous ? »
46
« Allo, écoutez très attentivement ce que je vais
vous dire, en prêtant attention à chaque syllabe de
mon appel.
Une pu-tain de bombe est sur le point de rayer la
cinquième avenue de la carte de la ville de New-York.
Donc tu ferais mieux d’activer au plus vite ton petit
c-l de standardiste pour prévenir une équipe de
démineurs, car une bombe se trouve quelque part dans
un conduit d’aération de votre pu-ain de magasin ou
quelque part en dessous d’un faux plafond.
Bonne recherche avant que tout n’explose ! »
« Attendez ! Qui êtes-vous ?
S’il vous plaît ! Ne raccrochez pas !
Allo !! Allo !!?? »
Une demi-heure plus tard…
Le périmètre était intégralement bloqué et avait
été totalement évacué.
Stan pensait que les hommes de l’équipe de
démineurs qu’il avait fait intervenir trouveraient
rapidement la bombe.
Seulement au bout de quatre heures de recherches
intensives, aucun des démineurs n’avait trouvé la
moindre trace d’un engin explosif.
Un policier maigrichon, sur le terrain, qui
travaillait pour le compte de la CIA, profita de la
situation afin de commenter à haute voix les fouilles
infructueuses des démineurs et dire aux médias de
façon machiavélique qu’il devait s’agir d’un canular
de très mauvais augure.
47
En souriant à une équipe de journalistes, il mentit
sciemment afin de rendre la situation beaucoup plus
rassurante :
« À cette période de vacances, les gosses aiment
faire des blagues de ce genre en s’amusant à regarder
la panique qu’ils peuvent causer… »
Quatre heures venaient de passer comme
quelques minutes.
Il ne nous restait plus que soixante-huit heures
pour localiser la bombe et la désamorcer.
Au moment où Stan entendit à la radio la voix d’un
piètre présentateur d’un média formaté annoncer que
l’alerte à la bombe provenait sûrement d’un plaisantin
et que la Police s’efforçait de rechercher l’auteur de ce
canular de très mauvais goût, à cette annonce
déplaisante, il demeura silencieusement abasourdi et
totalement paralysé par sa réflexion dominatrice de tout
ce qui pouvait se passer autour de lui.
Tellement qu’il songeait avec inquiétude aux
dégâts que pourrait faire la bombe en explosant en
plein New-York, c’est comme s’il voyait le visuel de
cette catastrophe dans l’affres de ses pensées,
l’explosion devant lui avec les vitres des buildings
exploser et partir en éclat à travers le souffle de la
déflagration formant une énorme boule de feu pour
atteindre le ciel en diffusant son gaz mortel dans
l’atmosphère…
Karim le fit sursauter en posant sa main sur son
épaule :
48
« Stan ? »
« Ah !
Faut qu’on se dépêche de retourner à New-York
et désamorcer cette pu-ain de bombe !… »
Si des agents de la CIA n’avaient pas mis une
bombe dans New-York, nous n’aurions jamais su que
Stan, notre meilleur pote avec lequel nous avons,
depuis des années, grandi dans le South Bronx,
partageait une relation secrète avec la fille du
Président des Etats-Unis.
Tout comme lui, elle appréciait particulièrement
l’art du cinéma.
Finalement, il a fini par nous avouer timidement
sa relation sans qu’on le prenne au début au sérieux.
Il était socialement si éloigné d’elle qu’il était à
peine croyable qu’ils puissent se parler et développer
un lien affectif :
« Les mecs, faut que je vous parle d’un truc
important qui m’est arrivé, mais j’aimerai que vous ne
m’en voudrez pas si je n’ai pas souhaité vous en parler
tout de suite ! »
« Accouche Stan ! Qu’est-ce que tu nous as pas
dit ? »
« Vous vous rappelez de la vidéo que j’ai faite sur
le Condé Nast Building à 341 mètres du sol ? »
« Ouaip et alors ? »
« Elle avait plutôt bien buzzé.
À la suite de cela, j’ai reçu le mail anonyme d’une
admiratrice. »
49
Karim eut à l’instant une sérieuse emprise de
paranoïa qui le fit éclater de rage :
« P-tain mec ! Me dis pas que c’est ma soeur et
que tu m’as fait un coup de b-tard dans le dos ?! »
« Mais non tu es fou !
Arrête ta paranoïa.
Jamais je n’aurais fait cela, même si on m’aurait
administré avec force tous les cocktails
aphrodisiaques du Monde, en me forçant à avaler une
vingtaine de pilules de viagra, en ayant mis un
entonnoir dans le fond de ma gorge.
Jamais je ne t’aurais fait un truc pareil !
Laisse-moi finir mon histoire.
Au fil du temps, cette fille et moi avions
commencé à correspondre chaque soir environ une
heure pendant deux mois consécutifs.
Quand je l’ai connue, elle m’a tout de suite fait
l’effet d’une injection de morphine sous cutané sur
mon parcours d’écorché vif.
Malheureusement j’étais du Bronx, et elle,
résidente à la Maison Blanche.
Nos vies et nos éducations étaient si différentes
que je n’y ai jamais cru.
Pourtant, elle s’est attachée à moi jusqu’à vouloir
savoir pourquoi j’effectuais les cascades les plus
périlleuses sur les toits des gratte-ciel de New-York.
Car sous l’iceberg du défi du danger se trouvait la
souffrance d’une exclusion sociale et la perte d’une
maman à un âge où l’on pleure encore dans ses bras.
50
Un moment j’ai voulu voir à quoi elle ressemblait.
Alors je lui ai demandé d’envoyer une photo
d’identité.
Et là ! A ma plus grande surprise, j’ai vu que
c’était la fille du Président des Etats-Unis ! »
« Yo Stan !…
Pourquoi tu nous racontes des mythos alors
qu’on nage déjà dans la me-de ? »
« J’ai pensé au début que c’était vous qui me
faisiez une blague.
Puis quand elle m’a appelé par messagerie
instantanée, à ce moment-là, j’ai vu très nettement
son visage sur la webcam.
Je l’ai tout de suite reconnue car je l’avais déjà vue
dans un magazine avec sa petite soeur.
J’ai su que tout cela était bien réel. »
« Mais qu’est-ce ça change au fait que dans
soixante-huit heures une bombe toxique risque
d’exploser dans New-York ? »
« Absolument rien. Mais je sais avec certitude
qu’elle n’a absolument pas les mêmes idées politiques
que son père.
Pourquoi ne pas lui demander son aide, pour
savoir où se trouve exactement la bombe ?
Stan prit le téléphone pour appeler la fille du
Président en prenant le risque qu’elle refuse de croire
à ce qu’il allait lui révéler au bout du fil :
« Allo Malia c’est Stan.
Comment vas-tu ? »
51
« Très bien et toi ? »
« Heu ça va cool, la routine quoi ! »
« Tu es sûr ?
Ta voix n’est pas comme d’habitude.
J’ai l’impression que tu me caches quelque chose.
Quelque chose te tracasse ? »
« À vrai dire oui.
J’ai découvert que des agents de la CIA projettent
de faire exploser une bombe en plein New-York dans
le but de mettre en place une loi permettant un
fichage de surveillance de tous les individus. Ils
souhaitent dans un futur proche imposer des greffes
de micro-puce à l’intérieur de chaque citoyen. »
« Qu’est-ce que tu racontes Stan ?
Tu veux que je mette au courant mon père ? »
« Non surtout pas !
Ne parle pour le moment à personne de ce que je
t’ai dit.
Essaye de regarder dans son ordinateur si tu peux
trouver des informations qui peuvent nous permettre
de savoir où se trouve exactement la bombe pour
pouvoir la désamorcer. »
« Ok Stan.
Je vais voir ce que je peux faire.
Je te laisse, mon père vient d’arriver, et j’ai peur
qu’il entende notre conversation. »
La fille du Chef d’Etat américain était
complétement éprise de Stan.
Malgré le contraste social qui les séparait, ces
52
deux adolescents entretenaient une relation
fusionnelle et très lascive.
En se côtoyant virtuellement elle s’était aperçue
que son père avait de très mauvais choix politiques.
Et sa relation avec Stan lui avait fait découvrir
l’existence d’un tout autre mode de vie que celui des
Afro-Américains qu’elle pouvait côtoyer.
De sa chambre luxueuse de la Maison Blanche,
elle avait découvert par correspondance informatique
l’état du quartier du Bronx et s’était complétement
éprise par ce jeune téméraire traqueur d’adrénaline
qui prenait son pied à sauter entre les espaces des
buildings sur des instrumentaux de Dmx.
Ses rêves de réalisatrice de cinéma l’avaient
conduite à s’intéresser à ses prouesses de haute
voltige.
Un soir, Stan a raconté à la fille d’Obamo
comment Jason un jeune de son quartier s’est fait
descendre par des officiers de Police.
En lui racontant les détails de la scène de ce
meurtre il l’avait mise au pied du mur pour la pousser
à constater le laxisme et le manque de fermeté de la
politique de son père à l’égard des crimes des agents
de Police.
Il lui a fait se poser la question :
Comment des contrôles de Police pouvaient
continuer à être des chasses à l’homme ?
Elle aimait éperdument l’adrénaline que Stan
pouvait lui transmettre.
Sans hésiter elle l’écouta en fouillant dans
l’ordinateur de son père pour rechercher tout ce qui
pouvait être en relation avec le plan qu’avait établi la
CIA.
Au bout de deux mois d’échanges réguliers, Stan
avait complétement contourné la protection parentale
du Chef d’Etat sur sa fille concernant le bouclier qu’il
avait mis sur l’accès au monde des plus vilaines
réalités sociales de son pays.
En se confiant à elle, il lui avait raconté toute son
enfance dans le Bronx, du début de ses acrobaties
dans la rue, à son quotidien atypique où les trésors de
l’entraide ne pouvaient exister ailleurs. Notamment la
vie des gens de son entourage comme celle de sa
voisine vivant seule récemment sortie d’un hôpital
psychiatrique à qui il faisait fréquemment les courses,
après qu’elle ait basculé dans la folie à cause du décès
de sa soeur, battue à mort par un agent de Police.
Une fois sortie de psychiatrie elle ne recevait que
la visite d’un soignant qui venait deux fois par jour
pour la bourrer de neuroleptiques.
Sinon, elle ne faisait qu’errer dans son immeuble
vétuste en parlant aux cafards et aux rats morts qu’elle
pouvait croiser sans se préoccuper des équipes de
dealeurs obsédés par faire toujours plus de cash, tout
comme elle tentait de briser sa solitude malgré le fait
qu’elle restait retenue prisonnière de sa folie.
L’amour que Malia avait pour Stan était si fort
qu’elle avait pris la décision d’ouvrir l’ordinateur de
54
son père pour explorer ses données présidentielles.
En partant à la recherche de toute éventuelle trace
de document du complot des agents de la CIA en
s’introduisant dans l’ordinateur de son père, la fille du
Chef d’Etat était tombée sur tout le programme des
faux attentats manoeuvrés par la CIA.
La date et l’heure que lui avait communiquées
Stan étaient exactes.
Seulement il n’y avait pas qu’une seule bombe
mais trois prévues pour exploser au même moment et
à des endroits différents.
La première se trouvait en dessous de l’Empire
State Building en plein Manhattan. La deuxième, sous
le plancher du théâtre de Broadway situé sur la
cinquième avenue. Et la troisième, dans le musée
d’histoire naturelle en plein Central Park.
Voilà pourquoi les démineurs n’avaient pas
trouvé les bombes dans les conduits d’aération de
Mac’ys.
Apparemment la CIA n’avait même pas dit
exactement où se trouvaient les bombes à ses agents
espions histoire que eux-mêmes ne puissent informer
personne.
Il aurait été trop banal de placer une bombe dans
ce type d’endroit et pas assez symboliquement
terrifiant pour faire croire à l’opinion publique qu’il
s’agisse d’une véritable attaque terroriste.
Malia s’empressa d’envoyer directement un mail à
Stan après avoir minutieusement fait une copie d’écran
55
avec cet ordinateur pour lui livrer au plus vite toutes les
informations, avant de l’appeler furtivement :
« Allo Stan, je viens de trouver toutes les
informations que tu cherchais, ça c’est pour la bonne
nouvelle.
La mauvaise c’est qu’il n’y a pas une bombe
prévue pour le 26 décembre mais trois à des endroits
différents de la ville. »
« Trois ?!! »
« Oui avec leur compte à rebours toutes réglées
pour exploser au même-moment. »
« Bon, je suis en route pour New-York je t’appelle
plus tard. »
« Stan ? »
« Oui ? »
« Fais très attention à toi, je n’ai vraiment pas
envie qu’il t’arrive quelque chose.
Je suis déçu, jamais je n’aurai pensé une telle
chose de mon père. »
« Je suis désolé Malia. »
« Tu n’as pas à l’être ! »
Dans la précipitation de sa bienveillance de
l’appeler pour l’informer, elle en avait oublié une
chose très importante. Celle de refermer l’adresse de
sa boîte e-mails sur l’ordinateur de son père avec
laquelle elle avait écrit à Stan.
Lorsque le Chef d’Etat s’aperçut que son
ordinateur avait été utilisé par sa fille, il devint blême
de colère.
56
En réalisant deux choses après être tombé sur le
mail que Malia avait adressé à Stan, ses sourcils
sursautaient frénétiquement de rage après avoir
découvert que sa propre fille entretenait une relation
secrète, et, qu’elle s’était permis de dévoiler
entièrement le projet d’attentats que la CIA avait
planifié.
Les veines de son front étaient apparues sur son
visage, presque aussi rapidement que le clignement de
ses yeux.
Une fois de retour à New-York, Stan et les autres
établirent un plan efficace pour alerter les habitants la
ville.
Ils avaient la certitude qu’ils ne pouvaient pas
compter sur les forces de l’ordre ne craignant qu’ils ne
soient tous affiliés à la CIA.
Il ne restait que cinquante-trois heures et vingtdeux
secondes avant que les bombes explosent.
Stan avait fait venir le journaliste de Youngstown
à New-York en lui ayant promis le scoop de sa vie.
Seulement, il allait falloir lui faire vaincre son
vertige pour l’accompagner à 541 mètres du sol sur la
tour de l’One World Trade Center.
Stan avait choisi ce building très surveillé pour
mettre en application son plan tout en sachant que les
Américains vivaient encore dans l’ombre des pseudos
attentats du 11 septembre 2001.
La carte de presse du journaliste facilita l’accès
des lieux et fut une aubaine pour pouvoir contourner
57
le contrôle des agents de sécurité.
Lui qui était par le passé venu faire un article sur
l’inauguration de la tour, notre entrée dans le building
était passée comme une gorgée d’eau fraiche dans le
désert.
Une fois arrivés au soixante-dixième étage, Stan
ouvrit une fenêtre d’un bureau dont la porte était
entrebâillée, dans le but de sortir dehors et où en
dessous de lui se trouvait un impressionnant vide
vertigineux.
Mais pour ce casse-cou qui n’avait absolument
pas froid aux yeux, aucune peur du vide ne se
dégageait en lui.
Les passants le fixaient sans le lâcher du regard
tout en leur communiquant la peur d’une chute
éventuelle.
En le voyant se pendre dans le vide sans sécurité,
ils en avaient pour lui le vertige.
Alors que lui s’en amusait et avait l’air d’en jouir
fortement de la même manière que l’instant de
l’orgasme d’un nouveau marié au moment d’une nuit
de noce, une importante foule de curieux poussait les
passants à s’arrêter pour qu’ils puissent eux aussi
regarder Stan suspendu dans le vide.
Karim et Hachim se trouvaient dans un
immeuble face au One World Trade Center, situé à la
même hauteur, afin de filmer tout ce que Stan allait
faire.
Karim siffla pour appeler un aigle royal que son
58
grand frère Samir lui avait confié.
Lorsqu’il se posa, il attacha soigneusement un
câble en fer à l’une de ses pattes pour qu’il aille le
remettre à l’autre extrémité où se trouvait Stan.
Ce dernier siffla à son tour pour l’appeler.
Une fois l’aigle posé sur son avant-bras, il détacha
le câble de la patte du volatile pour le lancer au
journaliste qui l’enroula très solidement à un gros
radiateur.
En sortant sa tête de la fenêtre, il lui fit un signe
que tout était bon.
Stan allait traverser une partie de la rue de
Church Street en faisant le funambule afin d’attirer le
plus de monde possible, tout cela dans le but de faire
passer le message relatif aux trois bombes mises par la
CIA dans New-York.
En faisant le funambule entre les plus hauts
immeubles de New-York, Stan avait brillamment
réussi à rameuter une foule impressionnante de
curieux ayant intéressé les médias, tout comme
l’argent peut intéresser une prostituée.
Une fois Stan ayant rejoint le bord de l’immeuble,
Hachim lui tendit un haut-parleur pour qu’il s’adresse
à la foule :
« Bonjour à tous et à toutes.
Je m’appelle Stan Broad et je fais partie du
collectif urbain de skywalking « les Made in Bronx ».
J’aimerai s’il-vous-plaît que vous puissiez
m’accorder toute votre attention.
59
Si j’ai traversé sur un fil la rue Church Street, ce
n’était que pour attirer votre attention afin de vous
faire part d’une importante information.
Je tiens à sérieusement vous alerter sur le fait que
la CIA a placé trois bombes dans New-York, prévues
d’exploser le 26 décembre à 11 heures précises.
Comme certaines chaînes de télévision sont
présentes, je vais vous révéler ces endroits.
La première se trouve sous les planchers de la
scène du théâtre de Broadway de la cinquième
avenue. La deuxième dans le musée d’histoire
naturelle en plein Central Park. Et la troisième en
plein Manhattan dans l’immeuble de l’Empire State
Building.
Toutes ces informations sont très sérieuses et ne
vous sont dites que par bienveillance à vos égards.
Le Gouvernement américain a fait tout cela dans
le but de semer la terreur pour pouvoir mettre en
place une loi qui pourra l’autoriser à surveiller chaque
individu sur Terre.
Je répète, ces trois bombes sont prévues pour
exploser le 26 décembre à 11 heures tapantes. »
La foule se mit à se déplacer en panique.
Stan retint cette fois-ci la foule avec émotion en
s’adressant à la fille du Président à travers les caméras
des médias qui étaient braquées sur lui.
« Malia je ne te remercierai jamais assez pour ton
aide et ton affection et surtout pour nous avoir permis
de savoir où trouver les bombes.
60
Malgré que je vienne du South Bronx et toi de la
Maison Blanche, sache que ton rang social n’est pas la
raison qui a fait que je t’aime. Mais plutôt que tu n’as
pas agi comme ces Républicains pourris qui
n’auraient même pas pris le temps de me connaître.
Quoi qu’il m’arrivera tu connais maintenant les
sentiments que j’ai pour toi. »
Une grosse dame dans la foule en versa une larme
d’émotion en s’exclamant :
« Ohh c’est trop beau ! »
La foule se remit à bouger et un monsieur qui
mangeait sa glace à côté d’elle, dans la bousculade, lui
renversa le haut de son cornet en pleine face.
Après cette déclaration inattendue, Stan s’enfuit
avec le reste du groupe en passant par le toit pour
échapper de justesse à un important déploiement de
police.
Sept heures après que Stan ait annoncé
publiquement l’existence et l’endroit des trois bombes
dans New-York, le Maire pris à la gorge, n’avait pas
d’autre choix que d’envoyer une équipe de démineurs
pour veiller à la sécurité de sa ville.
En agissant ainsi, il avait entièrement déjoué le
programme de la CIA.
Si leurs bombes n’avaient pas explosé, celles du
scandale les avaient remplacées en ayant fortement
entaché l’image du Président.
Et l’héroïsme de Stan éclata de façon spectaculaire
dans l’opinion publique.
61
Le Président était furieux de voir jaillir le soutien
et l’engouement des gens survenus par la
bienveillance et le risque attendrissant que Stan avait
pu prendre pour eux, et pour la déclaration d’amour à
sa fille.
Face à un tel déluge de scandale le Président en
perdit son sang-froid et sa diction jusqu’à finir par se
quereller avec sa femme :
« Quel sale petit c-n !
Qu’il ne s’avise pas d’essayer de venir se présenter
à nous ! »
« Qu’est-ce que j’entends ? Des insultes alors que
cet adolescent vient de sauver les habitants de New-
York d’une des plus grosses catastrophes.
Tu ferais mieux de te calmer et de cesser de me
postillonner au visage des propos aussi stupides.
Et en parlant avec notre fille tout à l’heure, elle
m’a avoué être rentrée la première en contact avec
lui. »
Le Président des Etats-Unis était plus mal à l’aise
que Jay-Z face à son thérapeute conjugal en sachant
que sa fille pouvait côtoyer un jeune qui détestait ses
idéologies impérialistes.
Les heures qui suivirent après les inquiétantes
trouvailles des bombes dans New-York par les
équipes de déminage firent passer Stan pour un héros
des temps modernes.
Deux jours plus tard, le directeur de la CIA avait
été arrête à son domicile avec une importante
62
cargaison de cocaïne par des agents du FBI pour
répondre aux accusations de tentatives de meurtre sur
des civils américains.
L’histoire ne sentait vraiment pas bon pour le
Président, et avait pris l’allure d’un fond de chiotte
complétement bouché.
Le Président était pris dans un cul-de-sac et ne
savait comment agir avec Stan compte-tenu de ce
qu’il savait sur lui.
Il avait eu une telle admiration et un fort soutien
du public qu’il ne savait plus s’il devait ou non le
laisser continuer à poursuivre la relation virtuelle qu’il
entretenait avec sa fille.
Dès son retour dans le quartier du South Bronx
après l’arrestation du directeur de la CIA, une
cérémonie en remerciement pour son acte de
bravoure lui avait été préparée et des médias
l’attendaient impatiemment pour l’interviewer.
Mise au courant par les gens du quartier, il fit en
sorte que cela se déroule chez sa tante qui avait perdu
son neveu et son frère à l’occasion du bombardement
d’un drone américain.
Il avait beaucoup à redire sur la politique des
Etats-Unis.
Les médias avaient vivement souhaité interviewer
cette dame qui avait élevé Stan, pour en savoir plus
sur ce nouveau héros national.
La dame se livra assez librement entourée par les
jeunes de son quartier, en fustigeant le Gouvernement
63
américain au cours de son interview :
« Avant d’arriver dans la jungle urbaine de New-
York, Stan a survécu aux balles de la Guerre Civile de
son pays d’origine.
Stan n’est qu’un surnom dû à sa paire de sneaker
d’Adidas, Stan Smith en réalité son prénom est
AbdJalil.
Ses parents étaient originaires de Jilib, en Somalie
près des côtes de l’Océan Indien.
Il est venu à l’âge de quatre ans dans le Bronx
après que je l’ai recueilli.
Après le décès de ma soeur, je ne pouvais que
l’adopter.
Ses parents sont décédés suite à une rafale de
balles de Ak 47 d’un groupe terroriste financé par le
Qatar se réclamant à tort de l’Islam, tout en se
rendant licite le fait de tuer tous ceux n’adhérant pas à
leurs idéologies obscurantistes.
AbdJalil est resté un jour dans les bras du cadavre
rigide de sa mère avant d’être découvert
complétement déshydraté.
Vers l’âge de onze ans, il s’est mis à grandir sur les
toits des immeubles de son quartier, inspiré par les
images de sa première bande dessinée de Spiderman.
Vers l’âge de quinze ans, c’est comme si ce gamin
ne ressentait plus les effets du vertige.
Il a évolué en devenant avec ses amis, une figure
incontournable du skywalking.
Je pense que s’il a toujours aussi facilement défié
64
la mort, c’est sûrement après avoir appris dans quelles
circonstances ses parents ont perdu la vie, qu’il a
accepté avec difficulté le fait d’être resté en vie après le
meurtre de ses parents.
La vérité peut sembler hideuse pour celui qui ne
l’a jamais vu sans son maquillage.
Douze ans après le 11 septembre j’ai perdu mon
neveu et mon frère pendant le bombardement d’un
drone américain qui survolait la ville de Jillib en
Somalie.
Quatre autres enfants sont morts avec eux ce
jour-là.
Pour leur rendre un dernier hommage, j’avais
réalisé un blog pour expliquer les dommages civils
que l’armée américaine peut entraîner dans son sillage
concernant sa prétendue guerre contre le terrorisme.
En associant certains mots à mon article, j’ai
découvert avec stupeur et tristesse que mon blog s’est
retrouvé à rejoindre tout une multitude d’atroces
articles concernant des centaines d’enfants du
Pakistan et d’Afghanistan sauvagement assassinés par
des frappes de drones américains.
Parmi un de ces articles, j’en ai le souvenir intact
d’un qui m’a particulièrement touché.
Le témoignage d’un ex-tueur à distance qui
expliquait comment il en était venu à arrêter ses actes
cruellement lâches et inqualifiables.
Sa décision fut sagement prise après la découverte
de la partie cachée de l’iceberg du carnage de tous ses
65
meurtres téléguidés à distance.
Dans une pièce isolée face à quatre écrans, il
passait ses journées à attendre qu’on lui dise quand
bombarder. Jusqu’au jour où il vit sur le radar de son
écran l’image horrible d’un petit corps meurtri sans
vie sur le sol.
Il leur a dit complétement paniqué, qu’un enfant
venait d’être abattu.
Lorsqu’ils l’ont tué, ils ont tenté vicieusement de
lui faire croire qu’il s’agissait d’un cadavre de chien.
En regardant son écran il leur avait rétorqué
violement en étant agacé et sur les nerfs :
« Vous vous foutez de ma g-eule bande de sales
fils de p-te sans coeur, un chien à deux pattes !! »
En affinant les pixels de l’écran de son ordinateur,
il s’aperçut de l’horreur.
Il s’agissait bien de la dépouille d’un cadavre d’un
petit enfant Pakistanais.
Je sais que AbdJalil que vous connaissez sous le
nom de Stan est devenu un héros national et qu’il est
actuellement en contact avec l’une des filles d’Obamo.
Mais ne comptez pas sur moi pour faire l’éloge de
son régime politique criminel et impérialiste.
Tous les habitants du Bronx connaissent ma
franchise pour cela.
La vérité est qu’un Président vénézuélien comme
Hugo Chavez a plus visité mon quartier du South
Bronx, que le Président des Etats-Unis lui-même… »
Quand l’amour frappe à votre coeur avec une clef
66
à molette, il est difficile de ne pas résister de lui ouvrir
pour pouvoir partir avec, sans se soucier des dangers
qui peuvent vous attendre.
Malia Obamo avait profité de l’absence de ses
parents pour s’enfuir de la Maison Blanche, et quitter
Washington pour se rendre incognito à New-York
dans le quartier du South Bronx.
Elle ne rêvait que d’une chose : rejoindre celui qui
lui avait déclaré la flamme de ses sentiments
publiquement.
Totalement insouciante d’où elle pouvait aller,
elle voyait dans sa fugue un geste d’amour et de
consentement pour le projet d’une future union, et ce,
malgré l’objection farouche de son père qu’elle puisse
fréquenter un jeune du quartier du Bronx.
Arrivée à New-York, elle put se rendre
rapidement compte du frappant contraste social qui
pouvait exister.
Des allées larges, des zones pavillonnaires aux
haies parfaitement taillées, à la vue des rues sinistres
et sales aux murs cassés et recouverts de graffitis,
peuplées de gens aux allures de marginaux.
Avec peine elle découvrit ce que le luxe de son
père lui avait toujours caché.
Des sans-abris fouillant les fonds des poubelles à
la recherche de nourriture pour combattre leur faim, à
des gamins devenus des dealeurs proposant leurs
stocks de crack sur le boulevard.
Tous ceci ne faisait que creuser son mal-être
intérieur, et la renvoyait brutalement à la piteuse
politique de son père qui ne faisait que laisser les
hommes dans l’abandon dans une société caustique
n’accordant son égard que pour les gens fortunés.

Un héros très embarrassant pour
la marionnette de Wall-Street
(Un recourt à la force intellectuelle)
Morrisania project South Bronx.
Un coin propice pour les embuscades et les
promenades nonchalantes, où pour croiser un junkie
en manque s’étant transformé en braqueur pour vous
prendre pour cible brusquement et pouvoir financer
ses moments défonce.
Le quartier de Stan avait été surnommé par la
Police new-yorkaise « la queue du scorpion et la
mâchoire du requin ».
Mais il portait en réalité le nom de Webster
Housses.
Les jeunes des environs avaient l’habitude de
l’appeler « Da hood So Bro » (le quartier de South
Bronx)
Une vingtaine d’affreuses tours de couleur
marron maussade semblaient avoir été pilonnées par
70
un bombardement et dont les abords pouvaient
regorger de prostituées aguicheuses presque toutes
accrocs à la cocaïne cristallisée.
C’est dans ce décor malfaisant et misérable que la
fille du Président était partie à la recherche de Stan.
A peine arrivée dans son quartier, elle vit trois
types solides rattraper un fuyard pour violement le
passer à tabac, en lui faisant cracher ses dents sur le
pavé à coup d’une rude série de coups de batte de
base-ball, jusqu’à le laisser allongé, baver du sang.
À côté se trouvait une adolescente vêtue d’un
jogging qui jouait seule sur un terrain de basket
abandonné.
La fille du Président s’écria :
« À l’aide ! Dépêchez-vous ! Vite ! Appelez la
Police ! »
La jeune fille du quartier cessa de faire rebondir
son ballon au sol et lui répondit d’un air
profondément lassé :
« À quoi bon appeler des gens qui ne viendront
jamais à temps, pour un gars qui a dû très
certainement mériter sa raclée.
Tu n’as pas l’air du coin toi.
Qu’est-ce que tu viens faire ici ? »
« Je suis à la recherche d’un jeune qui s’appelle
Stan.
Est-ce que tu sais où il habite ? »
« Hum AbdJalil.
Le casse-cou du quartier de Webster Houses qui
71
passe son temps avec ses potes à sauter comme un
jaguar de toit en toit partout dans New-York.
Oui mais qu’est-ce que tu lui veux ? »
« Accepter sa demande en mariage qu’il m’a
faite. »
« Quoi ?! Et bien tu n’as pas peur de te retrouver
veuve au bout de ta première semaine de mariage toi.
Suis-moi, ma mère va se coiffer chez sa tante.
Je vais t’accompagner à l’endroit où il habite.
Comment t’appelles-tu ? »
« Malia Obamo ! »
« Moi c’est Shaina Karent. J’ai 14 ans.
Et depuis mes quatorze années je n’ai pas décollé
mes semelles de ce foutu quartier.
Excuse-moi ma soeur, j’espère que tu ne le
prendras pas mal mais ton père fait vraiment une
politique de fontaine de chiasse.
Cela dit je ne pense pas que tu as les mêmes idées
que lui étant donné que tu souhaites épouser Stan. »
« Tu sais je suis, la plus part du temps, en profond
désaccord avec lui. »
La gamine imita son intonation et son mode
d’expression :
« Tu sais je suis, la plus part du temps, en profond
désaccord avec lui. »
Malia rigola au lieu de s’énerver :
« Tu es marrante.
Qu’est-ce que tu fais dans ta vie ?
Tu ne vas pas à l’école ? »
72
« Non, moi c’est du basket que je veux faire. »
« Mais tu peux intégrer une école de sport étude. »
« Non laisse tomber, faut trop raquer pour ça.
Ma mère a déjà trois mois de loyer impayés et je
vais lui parler d’une structure payante pour mes
études.
Elle va penser que je suis tombée dans le crack.
Arrivées devant l’immeuble de Stan, deux gars du
quartier abordèrent Shaina :
« Yo ! quoi de neuf Shaina ?
Envoie ton ballon Spalding qu’on aille faire
quelques paniers sur le terrain. »
« Vous rêvez bande de galériens. Si vous le voulez
venez essayer de me le prendre.
Vous allez jamais l’avoir ! »
La gamine se mis à dribler adroitement.
Les deux luttèrent avec coriacité pour essayer de
lui prendre son ballon de basket.
Mais en vain, jusqu’à finir complétement
essoufflés après que la gosse ait fait passer de rebond
en rebond son ballon de basket entre leurs jambes
avec la plus grande maîtrise.
Chaque quartier a ses histoires de dingue.
Et si les murs avaient la parole, ils pourraient vous
faire mourir de rire ou de pleure en vous racontant
tout ce qu’ils savent.
Alors que Shaina et Malia allaient entrer dans le
hall de l’immeuble, un fer à repasser tomba
brutalement sur le sol juste à leurs pieds, ratant de peu
73
une femme qui venait de sortir de l’immeuble.
Une femme se mit à crier par sa fenêtre :
« Espèce de petite p-te conçue dans une partouze
à junkies.
Ne t’avise plus de tourner autour de mon mari ! »
La femme en bas lui répondit avant de s’en aller :
« Si tu savais donner du plaisir à ton mari, il
aurait peut-être eut moins l’envie d’aller ba-ser
ailleurs comme ta mère ! »
Shaina dit à Malia :
« Depuis qu’on est jeune, on a l’habitude de
surveiller en l’air avant de rentrer dans les immeubles.
Mieux vaut être vigilant avant que ça puisse nous
tomber sur la tête. »
Une fois rentrées dans l’immeuble, Shaina et
Malia voulurent prendre l’ascenseur pour monter au
septième étage. Mais en ouvrant la porte elles
tombèrent nez-à-nez avec un SDF qui était en train de
déféquer à l’intérieur.
Shaina s’énerva en lui disant :
« Ce n’est pas parce que tu n’as pas de maison que
tu dois ch-er dans l’ascenseur des autres.
Ecoeurées par l’abominable vision et l’odeur
terriblement insoutenable, elles décidèrent de monter
par les escaliers, malgré l’épaisse pénombre et la
dangerosité des lieux.
Après avoir atteint le deuxième étage, elles
entendirent le bruit d’un coup de feu qui provenait du
troisième étage.
74
Malia s’écria :
« Qu’est-ce que c’était ? »
Shaina répondit sans le moindre doute :
« Un coup de feu ! »
Elles attendirent environ quinze minutes avant de
poursuivre leur montée.
Dans l’obscurité de l’escalier elles croisèrent un
officier de police qui descendait avec une démarche
étrange, comme si il venait de subtiliser quelque chose
à quelqu’un.
Arrivées au cinquième étage, elles virent du sang
couler dans les marches avant d’apercevoir le cadavre
d’un Afro-Américain.
Malia voulu appeler une ambulance mais il était
déjà trop tard.
Shaina l’accompagna jusqu’à la porte de la famille
de Stan :
« C’est ici que Stan habite. J’espère que tout se
passera bien pour toi avec ta famille. »
Malia retenu son souffle et vainquit sa timidité en
se décidant de sonner à la porte.
Sans se douter un seul instant qu’une flopée de
journalistes attendait Stan d’une minute à l’autre.
Et eux-mêmes ne s’attendaient pas du tout à ce
que la fille du Président des Etats-Unis sonne chez la
tante de Stan en trouvant si rapidement le lieu de sa
résidence en plein milieu d’un quartier pourri du
South-Bronx.
Quand une fille est sous le charme, elle est
75
capable de venir vous chercher jusqu’au-devant de
votre porte.
Seulement quand c’est la fille du Président des
Etats-Unis, cela ne manque pas de se remarquer
comme un billet de cent dollars sur l’asphalte en plein
quartier du Bronx.
Au moment où la tante de Stan ouvrit la porte,
celle-ci la reconnu immédiatement.
En la voyant, elle tordit ses lèvres d’étonnement,
en les mordant nerveusement avec ses dents de
devant :
« Bonjour Madame. Je souhaiterais parler à Stan
s’il-vous-plaît. »
L’embarras sur le visage de la tante de Stan était
venu instantanément.
Mais elle n’avait pas d’autres choix que de la faire
rentrer et de l’exposer aux médias qui s’empressèrent
de lui parler :
« Il ne va pas tarder à rentrer. Je vous en prie. »
Les journalistes se jetèrent sur elle :
« Mademoiselle Obamo, depuis combien dure
votre relation avec Stan des Made in Bronx ? »
Timide et réservée, elle préféra leur répondre :
« Je lui laisse le soin de vous répondre dès qu’il
viendra. »
L’amour dans une vie peut-être aussi étonnant
que le fond d’un tiroir-caisse que trouvent des voyous
pendant un braquage.
Soit ils trouvent la caisse vide, soit ils ne
76
s’attendent pas à ce qu’il y a autant à prendre.
La plupart du temps on ne choisit pas son beaupère,
comme l’environnement du quartier où l’on a
grandi.
Tout l’amour que peut vous donner une fille, son
père peut vous rendre le double comme haine.
En côtoyant Malia, j’ai pu m’en rendre
rapidement compte.
Quand une dinguerie vous laisse sans voix, vos
yeux coupent brusquement la parole à votre bouche,
et vos paupières se mettent à bailler comme si vous
n’aviez pas dormi depuis trois jours.
Lorsque Stan vit pour la première fois Malia, il
eut comme l’impression d’entendre ses morceaux
préférés de Barry White résonner à fond dans sa tête
en ayant l’impression tout en la contemplant, de
lécher le bout d’une cuillère de miel.
Il n’avait jamais vécu une telle intensité d’un rêve
autrement que dans son sommeil.
Mais les rêves les plus beaux sont ceux qu’on
arrive à voir les yeux ouverts.
Quand les USA me parlent de lutter contre le
terrorisme, j’aimerai mettre un miroir devant leur
politique.
Parce que si plus personne dans ce pays n’arrive à
sentir l’amour de son prochain c’est sûrement parce
que la politique des dirigeants des plus grands pays
transpire fortement la haine et nous asphyxie comme
si nous avions les narines collées sous les aisselles d’un
77
clochard qu’ils ont laissé mourir de froid ou de faim.
Une énorme surprise.
En ouvrant la porte, Stan ne s’attendait pas à voir
chez sa tante, un raz-de-marée de journalistes ayant
envahi les lieux pour l’interviewer, accompagnés de
celle qui avait chamboulé son coeur.
Ce qu’il voyait lui semblait totalement irréel.
Une sorte d’hallucination ressemblant à un
mirage.
Mais l’amour a ses raisons et le pouvoir de
ramener la fille d’un Chef d’Etat dans le fond d’un
ghetto pour franchir l’obstacle de la plus grande
différence sociale.
Arrivé sur place, Stan réagit de façon totalement
imprévue à l’égard des organismes de presse en leur
déclarant :
« Vous pouvez tous vous barrer et en vitesse.
Je ne parlerai qu’à celle qui est venue me voir par
amour, et non à ceux qui sont uniquement venus me
voir par intérêt. »
Pour Stan, la suavité du regard de Malia était plus
douce et confortable qu’un oreiller sur lequel on peut
poser sa tête après une journée de fatigue.
Si tendre et profond qu’en la voyant, il en avait
oublié l’effroyable décor maussade de son quartier en
se laissant emporter par l’ouragan de ses mielleuses
pensées.
Ses yeux lui donnaient tellement le vertige en
ayant atteint le sommet de ses émotions, qu’il avait
78
l’impression d’être couché sur un lit de nuages.
Après un instant, il se mit à lui parler :
« Malia, comment as-tu fait pour me trouver ? »
« Je me suis sauvée pour venir à New-York.
Puis j’ai demandé à une fille de ton quartier où tu
habites pour te faire une surprise. »
En voyant les rayons de soleil traverser les légers
rideaux de sa tante, Stan proposa à Malia de sortir
prendre l’air pour lui faire découvrir le parc du South
Bronx, qui se trouvait à seulement quelques pas de
son quartier.
En marchant avec elle, il avait l’impression d’être
aussi léger qu’une montgolfière.
Seulement il redescendit très vite lorsque deux
tueurs à gage envoyés par son père apparurent en
tentant de le flinguer, et qu’une de leurs balles de
357 Magnum le frôle et déchire la visière de sa
casquette.
La deuxième balle ricocha sur le coin d’un mur de
l’immeuble de Stan, pour repartir dans l’autre sens et
crever l’oeil de celui qui lui avait tiré dessus.
Face à l’homme à l’oeil crevé, Stan saisit Malia par
le bras et se sont mis à courir sans se retourner en
étant poursuivis par le deuxième tueur à gage.
Devant un fleuriste, un homme avait laissé par
négligence ses clefs dans sa voiture.
Pris par la panique de prendre une balle dans le
dos ils montèrent à bord de la voiture pour démarrer
aussitôt.
79
L’homme voyant sa voiture partir se mit à crier :
« Ma bagnole !! Qu’est-ce que vous faites ?!
Elle appartient à mon beau-père.
Pu-ain vous pouvez pas me faire ça ! »
Stan avait une conduite rapide, mais maîtrisée.
Arrivés à l’angle d’un carrefour, il grilla
subitement un feu rouge et déclencha une coursepoursuite
avec une patrouille de police qui se trouvait
dans le secteur :
« Mets ta ceinture Malia, ça risque de secouer !! »
La course-poursuite dura une quinzaine de
minutes dans les rues de New-York.
La voiture que conduisait Stan monta sur un
trottoir pour défoncer la table et les chaises d’un
restaurant en plein air.
En continuant un peu plus loin, il percuta à toute
allure une fontaine d’eau potable qui fit exploser une
canalisation, et fit jaillir un énorme jet d’eau qui
retomba sur la voiture de police jusqu’à la voir dans
son rétro perdre le contrôle de sa trajectoire, et venir
brutalement défoncer l’arrière d’un taxi garé en face
d’un abribus.
Après avoir brillamment semé la voiture de flics,
Stan se gara sur un parking abandonné et éclata
simultanément de rire avec Malia pour évacuer la
lourde pression qu’ils avaient en eux après ce qui
venait de se passer.
Malia le complimenta :
« Wahouu tu m’épates !
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Tu as appris où à conduire les voitures comme
ça ? »
« Oh tu sais mon quartier regorge d’as du
volant. »
Malia retira son chewing-gum à la menthe de sa
bouche pour le mettre dans le cendrier et s’avança
vers Stan en fermant les yeux en tendant ses lèvres
pour l’embrasser.
Stan gêné, recula en douceur.
Malia confuse lui posa la question :
« Je ne te plais pas ?
Ou est-ce parce que je suis la fille du Président des
Etats-Unis que tu redoutes de m’embrasser ? »
« Non ! Juste parce que mes principes religieux
sont plus importants que mon désir.
Attends qu’on fasse les choses dans le halal (licite)
et mes lèvres se colleront aux tiennes comme si elles
étaient cousues ensemble. »
Quand la passion est torride et devient plus
chaude que l’effusion de la lave brulante des volcans,
elle nous semble être un rêve qu’on vit, sans pourtant
s’être endormi.
Malgré leurs différences sociales, Stan et Malia
étaient totalement homogènes à un tel point qu’ils se
marièrent quatre heures après leur première
rencontre afin de ne pas tomber dans une relation
illicite.
Alors qu’un avis de recherche de la fille du
Président des Etats-Unis avait été signalé dans tout le
81
pays, Stan contacta un oncle qui vivait à Brooklyn et
qui venait tout juste de revenir de Somalie :
« Allo, tonton ? C’est moi AbdJalil.
Ecoute je te demande de bien m’écouter.
Je sais que je t’annonce ça de manière un peu
brusque mais j’ai vraiment besoin de toi pour me
marier dans environ une heure. »
« Quoi ??! Mais qu’est-ce que tu me racontes ?
Ta tante est au courant de tout ça ? »
« Plus ou moins.
La situation est délicate tonton.
Il s’agit de la fille de Barack Obamo. »
« Quoi ??! C’est une blague ?
Je viens d’apprendre que cette adolescente s’est
enfuie de chez elle.
Les médias ne parlent que de ça.
Tu veux que je termine à Guantanamo ou
quoi ?? »
« Mais non t’inquiète tonton. Je t’en supplie
seulement Hachim et Karim seront au courant.
Personne d’autre, je t’en fais la promesse. »
« Très bien passe avec eux chez moi dans une
heure, je m’occuperai des témoins.
Après tout si cela est votre souhait, je ne vois pas
pourquoi j’irai à l’encontre de votre union. »
82
83
Panique en plein
parc Zoologique du Bronx
(Une horde d’animaux sauvages
qui foncent sur la foule)
Stan avait ramené Malia au Zoo du Bronx, pour
lui faire voir autre chose que des anciens bâtiments
lugubre de son quartier.
Alors que Malia s’était approchée un peu trop
près de la cage pour observer certains tigres qui
venaient de terminer leur sieste, Stan appela Karim
d’une cabine du zoo pour lui demander de prévenir
Hachim au plus vite qu’il allait se marier dans une
heure :
« Allo Karim, c’est Stan quoi de neuf mon pote ? »
« Ça va frangin et toi ? »
« Cool ! Je suis dans un parc pas très loin du
quartier.
Je t’appelle pour que tu préviennes Hachim afin
de lui dire que je vais me marier dans une heure.
84
Le contrat se passera chez mon oncle Hajj
Mahfoud à Brooklyn. »
« Ok bah tu n’as vraiment pas perdu ton temps
mon pote.
Son père va être furax de ouf ! »
Au moment où Stan était plongé en pleine
discussion avec Karim, un des tigres sauta près de
Malia en rugissant pour tenter de la dévorer.
Surprise par la réaction de cet animal elle hurla de
peur :
« Ahhhhhhhhh ! »
Heureusement le tigre resta bloqué par la grille de
sécurité.
Stan rassura sa future femme, en la taquinant avec
tact :
« Je comprends l’attitude qu’a eu ce tigre vis-à-vis
de toi.
Dur de te voir et de ne pas avoir envie de te
dévorer. »
Malia rigola après que Stan ait chassé sa peur par
un brin d’humour.
Tandis qu’ils entendirent la voix de Karim sortir
du combiné téléphonique qui pendait en se balançant
après que Stan l’ait abandonné pour répondre au
secours de Malia :
« Allo Stan qu’est-ce qui se passe ? »
« Rien Karim, juste un tigre fou du zoo du Bronx
qui a voulu prendre ma future femme pour son hors
d’oeuvre. »
85
« P-tain ! Et dire qu’avant on cherchait pour rien
notre adrénaline, cette fois c’est bien elle qui t’a
devancé pour te trouver ! »
« Ouaip mais Dieu merci plus de peur que de mal.
Bon rendez-vous dans une heure chez mon oncle
à Brooklyn ! »
« Ça marche ! Faites attention aux autres
animaux ! »
Alors que Malia et Stan faisaient tranquillement
ensemble le tour du Zoo, ils s’arrêtèrent, amusés, pour
regarder un petit singe qui venait de voler une glace à
l’orange à un gamin.
Stan s’adressa à Malia :
« Malia regarde il vient de lui piquer sa glace ! »
Le petit singe monta en vitesse et en hauteur sur
la branche d’un arbre pour s’assoir et confortablement
la dévorer sous les regards amusés des visiteurs.
Le gamin voyant ce petit macaque s’empiffrer, se
mit soudainement à chialer.
Alors que Stan décida de partir lui chercher un
second sorbet pour le consoler, les agents de
surveillance du zoo avaient repéré la fille du Président
en activant le zoom du système de surveillance vidéo
et avaient indiqué à une patrouille de police où est-ce
qu’elle se trouvait par le biais du champ des caméras.
En revenant Stan vu Malia essayer de se faire
ramener de force par deux robustes agents de police.
Stan réagit immédiatement en se précipitant
d’ouvrir la grille de l’enclos d’une famille de rhinocéros.
86
En l’ouvrant, une horde de bêtes sauvages se
mirent à foncer sur la foule.
Un des agents de police se fit happer violement
par un coup de cornes qu’il prit dans son postérieur.
Il poussa un cri affreux avant de lâcher le bras de
Malia :
« Aouuuhhh mon c-l ! »
Son collègue lâcha Malia et se mit à courir
derrière la meute de rhinocéros qui se dirigeait à toute
allure vers l’entrée du Zoo.
La dame du guichet vit des animaux foncer à
toute allure jusqu’à arriver à sortir du parc.
Un rhinocéros renversa une moto qui partit dans
la vitrine de la billetterie du zoo.
La caissière se mit à hurler de terreur :
« Ahhhhhhhhhhhhh nonn ! »
A l’extérieur les gens étaient terrifiés de voir que
tous les rhinocéros avaient pu s’enfuir du parc
zoologique pour défoncer les voitures qui venaient se
garer sur le parking du zoo.
Imaginez-vous, une mère de famille voyant
débouler un rhinocéros sur elle, avec au bout de sa
corne un flic qu’il a profondément embroché.
Stan s’adressa à Malia :
« Oh me-de ! Regarde ! Ils sont tous sortis !! »
« Stan, qu’est-ce qu’on fait ? »
Alors que Stan et Malia complétement hallucinés
par le surréalisme de la scène, ne savaient pas
comment sortir de ce cauchemar, un homme et sa
87
femme qui passèrent pour rejoindre leur voiture, se
firent surprendre et complétement emporter par le
troupeau de rhinocéros.
Au moment du choc, l’homme avait laissé tomber
ses clefs de voiture sur le sol.
Stan les ramassa immédiatement et pressa le
bouton de l’ouverture des portes automatiques.
Il s’aperçut qu’il s’agissait d’une flamboyante et
neuve Bugatti Veyron de couleur grise.
Stan plaisanta pour crever l’atmosphère pesante et
stressante :
« Je pense que c’est préférable qu’on débarque
chez mon oncle dans cette voiture que sur le dos d’un
rhinocéros. »
Stan enclencha la première pour prendre la
direction de Brooklyn tout en rigolant avec Malia :
« Si tu avais vu ta tête !
Stan qu’est-ce qu’on fait ! »
« Oh ce n’est vraiment pas drôle ! »
« Pourquoi tes lèvres se contractent pour ne pas
exploser de rire alors ? »
« Décidément tu remarques tout !! »
« Ecoute, puisqu’après la pluie vient le beau
temps.
Après tes angoisses viendra ton bien-être. »
« Oui mais la foudre de l’orage va surtout
s’abattre sur moi quand mon père va apprendre que je
me suis mariée avec un jeune du Bronx, et en plus
Musulman. »
88
« C’est clair qu’il risque de tirer une tête comme
ceux qui ont vu le troupeau de rhinocéros foncer sur
eux parce qu’on n’appartient pas à la même classe
sociale.
Mais je réside dans quartier et pas dans un zoo.
Et qui plus est, je suis Musulman et pas un
terroriste.
Le fait d’avoir sauvé une partie de la ville de New-
York devrait le calmer de ce côté.
Tout cela il faudra que ton père se résigne à
l’accepter. »
Stan avait pu lire dans les yeux de Malia que le
bonheur est une réalité qui peut se vivre à deux.
Ses yeux étaient scintillants comme les plus belles
étoiles du ciel et son visage resplendissant comme le
reflet de la lune le jour de son mariage.
Un véritable rêve éveillé.
Une heure plus tard, elle se décida à appeler son
père pour assumer pleinement son choix :
« Allo papa ? »
« Oui allo Malia où es-tu ?
Pourquoi t’es-tu sauvée en nous laissant morts
d’inquiétude ? »
« Papa je vais bien.
Je suis à New-York.
Je viens de vivre le plus beau jour de ma vie, en
me mariant religieusement avec Stan, un jeune
acrobate d’origine somalienne.
Le jeune qui a évité à la ville de New-York une série
89
d’attentats qui devait se produire simultanément.
Son vrai prénom et AbdJalil Jabarty.
Il a été recueilli par sa tante qui vit dans le South
Bronx. »
« Comment as-tu pu nous faire ça Malia ?? Pu-ain
de me-de !
Michelle c’est Malia au téléphone.
Elle prétend s’être mariée.
Elle a complétement pété les plombs ! »
« Ecoute papa.
Je ne suis pas un de tes drones que tu manipules
pour en faire ce que tu veux.
J’ai un coeur et une sensibilité.
Et j’ai aussi un cerveau pour savoir réfléchir si ce
jeune homme était digne de moi ou ne l’était pas.
Tu sais, en partant j’ai pu parler avec beaucoup de
familles afro-américaines et autres qui vomissent les
choix de ta politique impérialiste. »
Le père de Malia s’emporta en hurlant au bout du
fil :
« Tu vas rentrer tout de suite, ou ton petit-ami va
finir dans une pu-ain de prison secrète du
Gouvernement Fédéral et où le seul moyen
d’alimentation qu’il aura sera par son rectum. »
Michelle folle de rage arracha le combiné à son
mari Barack :
« Qu’est-ce que tu fais bordel ?!
Ce n’est pas du tout comme ça qu’elle reviendra à
la maison ! »
90
Michelle reprit la conversation beaucoup plus
placidement :
« Malia, écoute ma chérie.
Nous sommes très inquiets pour toi de ce qui
pourrait t’arriver.
Ecoute, je te propose de rentrer avec ton mari,
pour qu’on puisse au moins faire connaissance avec
lui.
Ne t’en fais pas pour ton père. Tu sais très bien à
la maison qui contrôle. »
Deux heures plus tard, Malia avait convaincu Stan
de se rendre à Washington pour rendre une première
visite à ses parents.
Un journaliste de la chaîne Fox News interpella
Stan pour le solliciter pour une courte interview :
« Monsieur Jabarty AbdJalil. Comment vous
sentez-vous après être considéré comme un héros
national par l’opinion publique ? »
« Je me sens comme un intrus dans une société où
les inégalités se creusent à la pelleteuse et où les
richesses son mal réparties par un Gouvernement qui
prône l’individualisme à outrance poussant aux excès
de la consommation, et à se fermer au reste du
Monde.
Où les médias main Stream diffusent le
sensationnel avant l’information, ayant pris
l’effroyable posture d’un psychiatre qui se moque des
fous qui osent encore s’intéresser à la duperie de leurs
flashs d’infos.
91
En diffusant en boucle une vision déformée de la
réalité ayant la capacité de faire passer un démineur
de bombes pour un dangereux terroriste et des
criminels de guerre pour des fervents militants
pacifistes.
Fox News n’est qu’une chaîne de me-de et une
pu-ain d’usine à mensonges réputée pour soutenir
une politique nauséabonde et conservatrice.
Ma tante m’a dit un jour qu’un homme a dit dans
son village en Somalie :
« Si l’argent ne vous rapproche que de vousmême
et vous éloigne de tous ceux qui étaient proches
de vous avant qu’il ne soit venu, méditez donc sur
l’influence qu’il peut avoir sur votre morale et
l’emprise qu’il peut avoir sur vous.
Si vous ne savez pas le partager vivant, les gens
s’en chargeront une fois que vous serez mort en se
souvenant de votre avarice. »
92
93
Un beau-fils sur la liste des gens
à faire disparaître
(Un dîner raté avec un pantin d’ébène)
Alors que Michelle était dans la cuisine avec son
employée de maison pour lui donner des directives de
préparations culinaires afin de recevoir sa fille et son
mari, Barack contacta discrètement un responsable de
la CIA pour éliminer son futur beau-fils :
« Allo Chris.
La situation est très grave, il faut agir au plus vite
et immédiatement.
L’adolescent que côtoyait ma fille vient de
l’épouser religieusement derrière mon dos. Et ma
femme les a convaincus de venir dîner pour qu’il se
présente à nous, dès aujourd’hui à la Maison Blanche.
À partir de la tablette Android de ma fille, géo
localisez-les et faites en sorte de me buter cette espèce
de petit sal-ud.
Il en sait vraiment trop sur les activités du
Gouvernement.
94
Faites tout ce qu’il faut pour ne pas le louper et
surtout, de ne faire aucun mal à ma fille !
J’espère que j’ai été assez clair ! »
Alors que Stan était parti mettre de l’essence dans
une station-service, il remarqua dans son rétroviseur
qu’une voiture grise les suivait depuis un moment.
Stan s’arrêta en ouvrant la boîte à gants pour
saisir une grenade qui se trouvait dans la voiture qu’il
avait prise sur le parking du zoo.
Il sortit rapidement en faisant mine de vérifier la
pression des pneus lorsqu’un homme de la voiture
grise brandit un pistolet mitrailleur dans le but de
l’arroser de balles. Stan plongea au sol pour se mettre
en dessous de sa voiture.
Malia se mit à hurler de peur :
« AHHHHHHHHHHH »
Alors que l’homme allait repartir, Stan dégoupilla
froidement sa grenade avant de rouler au sol pour la
jeter en plein dans le moteur de la voiture du tueur,
qui explosa sur le champ avec lui…
Stan remonta à bord de sa voiture en serrant dans
ses bras son épouse pour la rassurer avant de
reprendre la route pour Washington.
20H30 – Washington, siège de la Maison Blanche.
Le couple présidentiel attendait Stan et leur fille
pour dîner.
On appréhende toujours la première fois de
rencontrer son beau-père.
Surtout lorsque l’on sait qu’il a envoyé plusieurs
95
fois des hommes pour vous liquider,
Alors qu’en fin de compte, tous ont fini par
bouffer les pissenlits par leurs racines.
Barack très nerveux était dans le jardin prêt à les
accueillir, très certainement autant stressé que Stan
qui ne comptait pas faire de concession en le caressant
dans le sens du poil.
Une fois que la voiture arriva, Michelle sortit de la
Maison Blanche en courant pour serrer sa fille Malia
dans ses bras.
Barack salua hypocritement Stan à son arrivée
sous le regard de son épouse :
« Bonjour, comment allez-vous ? »
« Comme un mec qui vient de se faire tirer dessus
et que les balles n’ont pas touché. »
« Hum oui ! Oui ! Je vois et comprends très bien
ce que tout cela signifie. »
Pour Stan, l’occasion était trop belle pour louper
le fait de dire la vérité à cet homme qui ne représentait
à ses yeux qu’un pantin d’ébène n’ayant que décuplé
les attentes et exacerbé les déceptions dans le
ressentiment de la majorité des Afro-Américains et
des couches prolétaires étasuniennes.
Une fois conviés à passer à table, Michelle avait
demandé à sa servante de faire des pizzas car Malia lui
avait spécifié par texto que Stan aimait beaucoup cela.
Au moment de manger, Stan fit un bug de
paranoïa.
Michelle interrogea le jeune homme qui avait l’air
96
assez crispé d’être sorti de son cadre de référence.
« Stan c’est bien cela ?
Vous n’avez pas faim ? »
« Si, mais je ne sais pas si vous n’êtes pas du genre
à avoir foutu du poison dans ma bouffe car j’ai épousé
votre fille derrière votre dos, vu que vous n’auriez
jamais été d’accord.
On ne pette pas dans le même textile, si vous
voyez ce que je veux dire.
Et je ne suis pas le genre de Noir qui fête la
Thanksgiving ou Halloween ! »
Malia rigola alors que Michelle s’offusqua :
« Ohh ! »
« Excusez-moi Madame.
Je ne voulais pas déraper.
Mais vous savez c’est un peu comme quand votre
mari voit débarquer Beyoncé, et que JayZ n’est pas là.
Ou qu’il voit passer devant lui une fille avec un
boule fortement joufflu qui ressemble à deux énormes
pastèques collées côte à côte, qui court pour ne pas
rater son bus.
Dire ce que je pense, c’est plus fort que moi.
Cela m’échappe toujours comme un objet qui
glisse de mes mains.
Je vous prie de m’excuser pour la manière dont ça
été dit.
Barack dévorait nerveusement sa part de pizza
tout en scrutant l’attitude familière de Stan jusqu’à
réagir à ses propos :
97
« Très marrant !
Je tenais quand même à vous remercier d’avoir
ramené saine et sauve ma fille, et d’avoir fait preuve
de bravoure et de courage en déjouant les attentats de
New-York. »
« Vous n’avez pas à me remercier.
L’Islam n’est pas la lâcheté du terrorisme, mais la
bienveillance de son prochain.
Si j’ai pu informer l’opinion c’est seulement parce
que votre fille m’a donné l’information clé après avoir
accédé à votre ordinateur.
La vérité est comme une bouchée d’un plat
pimenté.
Peu de gens ont du mal à l’avaler quand elle arrive
trop relevée.
Barack régurgita en toussant ce qu’il avait mis
dans sa bouche sur le chemisier de Michelle après que
Stan lui ait évoqué l’intrusion de sa fille dans son
ordinateur.
Barack fortement gêné essuya ses lèvres avec une
serviette et après une série de gorgés d’eau, entama un
tout autre sujet :
« Alors comme ça vous êtes de la Somalie ?
Vous ne devez pas ignorer que mon père était du
Kenya ?
Quel souvenir gardez-vous de là-bas ? »
« Hélas, un bien trop sanglant souvenir.
Lors de ma dernière visite en vacances, un drone
américain a bombardé à seulement quelques mètres
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d’où je me trouvais.
Par chance seuls mes tympans ont sifflé.
Un vrai massacre venu du ciel, où toutes les
victimes furent des enfants.
Aucun des terroristes n’avait été touché.
Mais juste un groupe de gosses qui jouaient
ensemble sans se douter qu’ils allaient se faire
carboniser par un bombardement.
Le seul souvenir qu’il me reste c’est de petits sacs
mortuaires affilés côte à côte, qui furent zippés pour
déplacer ces cadavres.
Vous savez, je suis quelqu’un de très respectueux
habituellement mais je n’arrive pas à me retenir de
vous dire que je pourrais me torcher le c-l avec votre
prix Nobel de la Paix en repensant à tout ce
carnage ! »
Barack tenta de reprendre la situation en main en
criant sur Stan :
« Taisez-vous !
Je suis et demeure le Président des Etats-Unis.
Vous n’avez pas à me parler comme cela ! »
Une vague de haine dans le coeur de Stan
l’emporta à fustiger le pouvoir de l’impérialisme ne
pouvant à cet instant retenir son silence.
« Non ! Vous êtes en façade un Président, mais en
réalité qu’un pion sur l’échiquier des mondialistes.
Un balai à chiotte à qui on a mis un costard
cravate et sur lequel on a refermé la cuvette du monde
politique.
99
Et après quoi le système mondialiste tira la chasse
d’eau une fois vous avoir complétement souillé, usé et
fait vieillir.
Un vulgaire pion à qui on a obligé de faire le sale
boulot.
En mettant en place la pire des choses contre son
peuple, pour fournir les plus grands avantages pour
les banques, l’industrie pétrolière, l’armement du
secteur militaro-industriel, et les patrons avares des
plus grandes multinationales américaines.
Est-ce qu’il vous est déjà arrivé de ne pas dormir
en voyant apparaître sur le mur de votre chambre le
spectre des images de petits enfants Afghans,
Pakistanais, Yéménites, ou Somaliens ? Les corps
complétement déchiquetés par l’éclat des bombes ?
Très certainement non !!
Car lâchement votre armée tue à distance des
civils avec des avions sans pilote en provoquant l’effet
contraire escompté concernant sa lutte contre le
terrorisme qui n’est en réalité que le produit de
fabrique de la CIA pour ses enjeux géostratégiques. »
« Ça suffit ! Partez !
Je ne veux plus vous entendre.
Vous avez outrepassé mes limites !! »
« Je ne comptais pas rester dîner avec un tueur de
civils.
J’attendrai la majorité de Malia pour vivre avec
elle. »
Malia se mit à pleurer :
100
« Stan non ! Ne me laisse pas toute seule ici ! »
« Désolé Malia je ne peux pas rester. »
Barack s’adressa à sa fille pour savoir ce qu’elle
pensait de tout cela :
« Tu ne penses tout de même pas cela de moi
Malia ? »
« Stan n’a pas été très diplomate, mais il n’a pas
menti sur ce que tu représentes. »
Barack se mit à pleurer en entendant de la bouche
de sa propre fille, qu’il était un homme manipulé.
En quittant la Maison Blanche, Malia a tenté de
retenir Stan, mais sa fierté l’a emporté sur sa tentative
de le raisonner.
Il partit en lâchant froidement :
« Si je me suis marié, ce n’est pas pour aller à
l’enterrement de mes principes ou vous vendre ma
morale. »
En roulant de Washington au Bronx, il regarda peu
à peu le paysage changer en se dégradant jusqu’à finir
par voir les immeubles sales de son infâme quartier,
malgré la nuit qui venait de tomber sur la ville.
Une fois arrivé, Stan trouva une équipe
d’inspecteurs de la criminelle devant son immeuble
cherchant les douilles de balle qui avaient été tirées
par un homme, à l’aide de la lumière de leurs lampestorches
afin de pouvoir déterminer la nature de l’arme
du fuyard.
Karim avait pris dans l’après-midi trois balles
dans les hanches.
101
Mais que s’était-il donc passé ?
Stan apprit toute l’histoire en rejoignant Hachim
à l’hôpital.
Arrivé à l’hôpital, Hachim informa Stan que
Karim était en salle d’opération entre la vie et la mort.
Comme d’habitude, l’ambulance n’était pas
venue, et Karim avait perdu une importante quantité
de son sang.
Stan interrogea Hachim sur les faits du drame :
« Que s’est-il passé ? »
« Karim et moi étions en train de discuter sur un
banc du quartier quand devant la supérette une
trentaine de jeunes tournait un clip de rap.
Deux gars ivres ont commencé à s’embrouiller
s’accusant l’un et l’autre de vouloir lui voler la vedette.
Ils ont commencé par s’insulter en finissant par se
cracher dessus.
Puis un a sorti son flingue et a rosé l’autre gars de
coup de cross.
Il a dû lui mettre une dizaine de coups sur le
visage.
Lorsque Karim est parti pour lui demander
d’arrêter, l’homme a pris son flingue en lui mettant
trois balles à bout portant dans les hanches.
Après avoir tiré, il est parti presque aussi vite que
les balles qui ont traversé son canon.
Le voyant crispé à se débattre dans une mare de
sang, nous avons appelé une ambulance qui n’est
jamais venue.
102
Au bout d’un quart d’heure, nous avons trouvé
une voiture avec des gars du quartier pour le ramener
aux urgences, car les ambulances tardent ou ne
viennent jamais surtout là où l’on en a souvent le plus
besoin.
Quand une arme prend la parole ce n’est jamais
pour vous écouter ou pour vous la donner, mais
généralement pour vous cracher dessus tout ce qu’elle
a dans le chargeur avant de sentir évacuer la fumée du
discours de son canon.
Nos plus grands torts sont sûrement d’avoir
toujours la décision rapide d’utiliser la violence pour
nos ennemis et la lenteur d’utiliser la tendresse pour
ceux qu’on n’aime jamais assez quand ils sont vivants.
L’asymétrie des comportements violents est
fabriquée par l’exclusion que provoquent les sociétés
aux moeurs exiguës où l’on vous condamne avant
même d’avoir commis un délit…
103
À l’ombre des peines,
l’amour peut parfois revenir
comme le lever du soleil
(Deux personnes dans le coma
en l’espace d’un même jour)
La vie prend parfois des allures d’avalanche de
mauvaises nouvelles, fonçant sur vous sans que vous
n’ayez le temps de voir quoi que ce soit.
Juste un instant bref, où vous vous faites
surprendre par ce qui vous arrive comme une balle
qui ricoche pour finir par se perdre dans le fond de
votre poitrine.
Voilà comment généralement on apprend les
catastrophes.
Au dernier moment, en réalisant que l’on n’aura
pas d’autres choix que de devoir brutalement y faire
face.
Tel était le cas de Stan.
104
Alors qu’il était pleinement tourmenté, assis en
compagnie de Hachim dans une petite salle d’attente
de l’hôpital, en train de se morfondre d’attendre la
venue du diagnostic médical sur l’état des blessures
par balles de Karim, son téléphone sonna alors qu’il
était déjà minuit passé.
Au bout du fil Barack. La voix lui annonça que sa
plus grande fille, Malia, était dans le coma après avoir
fait une chute du haut de la fenêtre de sa chambre
pour une nouvelle fois fuguer et rejoindre Stan :
« Allo Stan ! Ici Monsieur Obamo. Je suis désolé
de vous déranger à une heure aussi tardive.
Seulement ma fille Malia vient d’avoir un accident.
Elle est actuellement hospitalisée et est dans le coma.
Sa mère a retrouvé une lettre sur le lit de sa
chambre indiquant qu’elle ne pouvait attendre sa
majorité pour vivre avec vous et qu’elle partait
aussitôt pour le Bronx pour vous y rejoindre.
Seulement sa mère l’a retrouvée inanimée sur la
pelouse de notre jardin.
Depuis une heure elle se trouve dans un hôpital
privé.
Si vous êtes d’accord, je peux immédiatement
envoyer un hélicoptère pour que vous soyez au plus
vite sur place.
Je sais que vous pensez très fort que je suis une
sous-me-de, que ma politique vous insupporte, et que
je vous déçois profondément à un tel point de pouvoir
résister à me le dire.
105
Mais j’aimerai beaucoup que vous veniez pour ma
fille. »
« Ecoutez, mon meilleur ami vient de se faire tirer
dessus.
Il se trouve actuellement dans un état critique.
J’attends le constat des médecins et je vous envoie
un message dès que possible pour que vous puissiez
m’envoyer un hélicoptère.
Mais pas un de l’armée, car je ne monterai pas
dedans ! »
« Entendu, je vous remercie Stan. »
« Ne me remerciez pas. Si je viens c’est pour votre
fille et non pas parce que vous me l’avez demandé. »
J’aurais bien pris une balle à la place de mon
meilleur ami, mais le destin ne nous laisse parfois pas
la possibilité d’avoir le temps de s’interposer.
Trois balles dans la hanche d’un de mes plus
chers amis, maintenu en vie sous perfusion m’ont fait
perdre le sommeil et rendu insomniaque.
Dans cette salle d’attente d’hôpital glauque de
New-York et où la mort semble avoir fait cramer son
encens, les drames apportent leurs instants de
réflexion sur ce que nous sommes ici-bas.
De simples passagers traversant une courte
période terrestre qui ressemble à une porte
d’embarquement.
Comme si la mémoire des murs de mon quartier
me susurre le souvenir du premier jour où nous nous
sommes parlés avant que Karim ne tombe sous les
106
balles d’un flingue sorti par l’ivresse d’un jeune
voulant se prouver à lui-même qu’il peut être un caïd.
Parce que nos immeubles étaient face à face nous
avons fini par ne faire plus qu’un.
Onze années à vivre ensemble dans la plus grosse
des me-des sociales, à chercher à s’en sortir par la
force et le courage de braver tous les dangers.
Finalement le médecin est arrivé alors que nous
nous étions préparés à entendre le pire.
Sa tête de croque-mort est venue après deux
longues heures d’attente pour nous annoncer que les
jours de Karim n’étaient plus en danger.
Hachim s’est mis à crier de joie :
« Wouaip ! Maa chaa’Allah. »
Une infirmière demanda à Hachim de faire moins
de bruit avant que le médecin accepte de nous laisser
le voir quelques-instants.
Un masque à oxygène était encore plaqué sur le
milieu de son visage, mais nous pouvions le voir
respirer.
Hachim prit tendrement la main de Karim et se
mit à lui parler :
« La prochaine fois que tu nous refais peur
comme cela mec c’est moi qui te tire dessus ! »
A cet instant j’ai pensé à la lettre d’un cousin
incarcéré dans une prison du New-Jersey :
« Cher Stan
J’espère que tout va bien !
Même si le temps peut te paraître long et enfermé,
107
il ne t’attendra jamais pour se faire la malle.
Profite de ton temps avant que vienne ton heure.
Si nous savions tous le temps que l’on a pu perdre
nous aurions plus de respect pour les secondes.
Une cellule est la plus mauvaise des adresses, et
un maton le plus mauvais des facteurs.
Une des prisons parmi lesquelles on en sort le
plus difficilement est celle dans laquelle on vous a
enfermé sans que vous ayez pu vous en rendre
compte, et où dans laquelle vous vous êtes enfermé
sur vous-même.
Les prisons mentales sans barreau physique sont
celles dans lesquelles on s’évade le moins facilement.
J’ai vu des détenus être plus libre que certains
surveillants pénitenciers.
Depuis mon incarcération, j’ai eu le temps de
réfléchir sur mes erreurs.
La gymnastique de nos esprits a trop tendance à
être étouffée par celle de notre physique.
Retranché dans une cellule, j’ai plus réfléchir à qui
j’aurais dû être, plutôt que le temps que j’ai pu perdre
à soigner mon paraître en oubliant cette question.
On fait tous des choix qui auront des
conséquences bénéfiques ou néfastes.
Mais on s’interroge très rarement sur ces deux
effets qui adviendront concernant notre devenir…
Combien d’esprits hantés par le vice, trouveront à
la fin de leurs arrestations seulement des parloirs
fantômes ?
108
On apprend de ses propres erreurs. On les oublie
par sa propre autosatisfaction.
Repérer ses écarts permet de finir par se retrouver
sur le droit chemin.
Penser que les meilleurs amis peuvent se côtoyer
dans l’illicite est plus absurde que d’essayer d’obtenir
un bronzage à l’ombre…
Un verdict lourd m’a permis de construire ma
capacité à me remettre en question.
J’espère te voir bientôt au parloir et savoir que tu
sois encore en vie quand tu liras ma lettre.
Et, également, que tu ne sois pas tombé entre
l’espace d’un des toits d’un immeuble.
Prends soins de toi.
Ton cousin Yassine ! »
Qui l’aurait cru ?
Après avoir survécu à la famine et la guerre civile,
de la Somalie au South Bronx, je me retrouve une
dizaine d’années plus tard dans une histoire d’amour
avec la fille du Président d’un des pays les plus
dominateurs et impérialistes au Monde, tombée par
accident dans le coma en tentant imprudemment de
faire une fugue pour moi.
Comment ne pas aimer l’amour lorsqu’on est un
enfant de la guerre et lorsqu’elle vous a pris
sauvagement celle qui vous a mis au monde ?
Là où le bonheur se trouve, j’irai le prendre, mais
sans abandonner l’héritage de mes parents.
Juste le temps de rentrer prendre une douche
109
glacée pour ne pas piquer du nez ou m’endormir de
fatigue suite à une longue nuit d’angoisse à attendre à
l’hôpital si mon meilleur ami allait survivre des trois
balles reçues en bas des côtes, et suite à l’annonce
rassurante du médecin, je rappelai le père de Malia
pour qu’il me fasse envoyer un hélicoptère comme il
était convenu.
Qui allait penser un seul instant le plus
sérieusement, qu’un jour un adolescent les plus
pauvres de l’Amérique puisse demander à un
Président de faire atterrir un hélicoptère sur un
terrain de basket de son quartier du Bronx ?
Tout ceci semblait complétement irréel.
Ma rencontre avec sa fille avait été plus
douloureuse et insupportable pour lui, qu’une balle de
22 long rifle qui serait venue traverser son pantalon
pour se perdre dans ses parties intimes.
Tout s’est fait si subrepticement qu’il n’eut le
temps de réagir à temps.
La misère possède un charme auquel la fille de se
Chef d’Etat n’avait pas pu résister, obligeant son père
à se plier aux désirs de ses sentiments.
Quand Stan arriva sur le terrain de basket,
personne n’était au courant qu’un hélicoptère allait
venir le chercher.
Un groupe de gars de son quartier était en pleine
partie de basket-ball.
Lorsqu’ils virent Stan passé dans le coin ils
s’arrêtèrent pour le saluer :
110
« Et yo ! Stan comment ça va ?
Qu’est-ce qui t’amène ?
Tu viens faire une partie ? Il nous manque un
joueur.
Tu mets cinq dollars et tu rejoins l’équipe.
Si ton équipe gagne tu empocheras alors cent
dollars ! »
« Désolé mais je vais devoir décliner ton offre.
J’attends un hélicoptère pour me rendre à
Washington. »
« Quoi ? Qu’est-ce que tu as dit renoi ?
Pfouahahaha.
P-ain de me-de ! Dis-moi juste que tu ne veux pas
jouer au lieu de me raconter des conneries plus
grosses que le c-l d’un éléphant !
Vous avez entendu cette connerie les mecs ? »
Au même moment, le bourdonnement du moteur
se fit entendre et un hélicoptère surgit du ciel.
En entamant sa descente, le vent de ses hélices
balaya le ballon sur le terrain de basket.
Le gars qui parlait avec Stan s’exclama et
totalement surpris :
« Me-de ! C’est quoi ça ?! »
« Mon hélicoptère pour Washington ma petite
gueule.
Je te mettrai une raclée au basket un autre jour. »
À peine l’hélicoptère stabilisé, Stan monta dans
l’appareil pour aussitôt s’envoler devant une trentaine
de gars de son quartier en délire de voir leur ami
111
prendre son envol à bord de l’appareil.
En regardant le Bronx vu du ciel, il vit s’éloigner
la foule des gens de son quartier, au milieu d’une
jungle d’immeubles de couleur marron devenant de
plus en plus petite au fur à mesure qu’il montait dans
les airs.
Stan a toujours rêvé de pouvoir s’envoler.
Voilà pourquoi je pense qu’il n’a jamais eu
vraiment les pieds sur terre.
Son attitude suicidaire a inlassablement
pourchassé l’adrénaline qui vient sûrement du fait
qu’il a perdu très jeune la personne qu’il aimait le
plus.
L’effet de perdre sa mère, c’est comme retirer les
yeux à un peintre et de lui demander de réaliser la
toile d’un portrait.
À bord de l’hélicoptère pour rejoindre l’hôpital de
Washington, il ne faisait que s’émerveiller de voir un
paysage nouveau de la Terre vue du ciel.
Une fois que l’hélicoptère atterrit, en descendant
de l’appareil, il s’empressa de se rendre dans le service
de réanimation.
En ouvrant la porte, se trouvaient non loin deux
gardes du corps en train de surveiller les allées et
venues des couloirs. Il trouva Barack et Michelle l’air
attristés par la situation qui étaient assis près du lit de
leur fille tombée dans le coma.
En entrant il les salua et se mit à leur parler
calmement :
112
« Bonjour. Je suis profondément navré par tout ce
qui est arrivé.
J’aimerai que vous sachiez que je n’ai jamais
demandé à Malia de s’enfuir pour me rejoindre,
même si j’en mourrais d’envie. »
« Nous savons tout cela.
Nous avons trouvé sa lettre sur son lit après son
départ. »
« J’aimerai si vous me le permettez rester seul un
moment avec elle. »
Barack regarda Stan avec un air embarrassé.
Michelle prit son mari par le bras pour laisser
Stan un moment auprès de leur fille.
Stan leva les mains vers le ciel, l’endroit d’où
descendent les bénédictions et répéta sept fois la
même douaa (invocation de Allah).
Il l’avait apprise très jeune auprès d’un oncle
imam qu’il la faisait toujours à l’occasion de la visite
des malades.
Puis il prit délicatement avec tendresse sa main,
en s’adressant à elle comme si elle était éveillée.
« Malia même si tu ne remplaceras jamais ma
mère je voulais te dire qu’en étant devenu ton mari
j’ai retrouvé le goût de la saveur de l’amour après
l’avoir perdu depuis mon enfance.
Malgré ton train de vie aisé loin devant le mien
très misérable et l’opposition farouche de tes parents
pour notre union en raison de nos différences
sociales, j’ai pu apprécier ton courage lorsque tu es
113
venue dans le Bronx, en fuguant pour que l’on puisse
se marier.
J’ai la conviction d’avoir fait le bon choix, car en
dépit de l’éducation contraire à mes valeurs, tu les as
comprises et acceptées, tout cela malgré les dires de
tes proches…
Au moment où Stan allait partir, il trouva sa bienaimée
retrouver connaissance.
La plus belle chose qui puisse exister dans un
coma, c’est de voir la personne que vous aimez en
sortir en ayant trouvé la force d’ouvrir les yeux pour
vous.
À l’instant où Stan allait partir après avoir
chuchoté un tendre je t’aime dans l’oreille de Malia,
ses paupières se mirent à rapidement clignoter.
Stan se mit à l’encourager en tombant dans un
élan d’euphorie incontrôlable.
« Oui bravo ! Encore ! Ouvre les yeux !
Je suis là, regarde-moi ! Je suis à tes cotés ! »
Ses paupières s’ouvrirent jusqu’à voir son mari.
Stan se mit à faire un takbir (une évocation de la
toute-puissance de Dieu) raisonnant dans tout
l’hôpital :
« Elle a ouvert les yeux. ‘Allahou ‘akbar. »
Barack et Michelle se mirent à ouvrir la porte en
trouvant avec étonnement leur fille Malia réanimée.
Lorsque Malia est sortie du coma, son père et sa
mère en sont restés bouche-bée, comme si ils avaient
vu le spectre d’une personne morte être revenu à la vie.
114
Alors qu’il voyait déjà enterrer leur fille, Stan lui
très confiant pour son avenir, se voyait déjà à la
maternité dans une salle d’accouchement après l’avoir
mise rapidement enceinte.
Alors que Malia venait de se réveiller en se
rappelant vaguement de ce qui lui était arrivé, Stan
l’embrassa sur le front et la rassura en lui disant qu’il
repasserait un peu plus tard.
En sortant de l’hôpital, Barack interpella Stan
pour l’inviter à déjeuner.
Stan accepta sur le moment pensant à tort que le
père de Malia avait fini par accepter leur relation.
Malgré l’éloignement d’une barrière sociale
pouvant exister entre eux et qui était
incontestablement bien plus longue que la distance
qui sépare le South Bronx à Washington, il en était
tout autre que cela…
115
Le refus d’une proposition triviale
et malveillante
(La beauté d’un amour incorruptible)
Barack proposa une chose ignoble à Stan à
laquelle il n’aurait jamais pensée :
« Stan je vous en prie, commandez ce qu’il vous
fait plaisir à manger.
Maintenant que nous sommes juste tous les deux,
j’aimerai vous faire une proposition concernant votre
avenir.
Une offre très alléchante qui vous permettra de ne
plus avoir à vous en faire jusqu’à la fin de vos jours.
Mais à une seule condition : que vous acceptiez
d’oublier dès aujourd’hui ma fille.
Je veux que vous la rayiez définitivement de votre
mémoire, et pour cela votre prix sera le mien.
Si vous acceptez mon offre, je vous règle
directement par virement la somme que vous
souhaitez.
116
Vous n’avez plus qu’à disparaître, en ayant
l’opportunité de refaire une toute nouvelle vie loin de
votre quartier pourri du South Bronx.
Alors Stan qu’en dites-vous ? »
« J’en dis que je savais que vous étiez une
pourriture.
Mais pas au point de me proposer d’abandonner
le bonheur de votre fille pour le vôtre, en contrepartie
d’un énorme paquet de fric.
Si j’étais avec votre fille pour son rang social,
j’aurais tout fait pour vous ressembler.
Mais comme ce n’est pas le cas, je ferai tout pour
conserver mon intégrité et rester moi-même en
m’efforçant de ne jamais finir par devenir une aussi
grosse me-de comme celle que vous êtes devenu. »
L’argent peut-être une affreuse gangrène pour le
coeur qui lorsqu’il anime tous vos battements par le
désir de sa convoitise peut vous transformer en l’une
des personnes les plus méprisables, dénuées de toute
moralité.
La règle numéro un pour ne jamais se
déshumaniser, est que le fric ne doit jamais rentrer
dans votre coeur de la même manière qu’il peut
rentrer dans vos poches.
La pauvreté construit les hommes, alors que la
plupart des richesses les détruisent…
Si vous mettiez un homme à terre et à côté, un
billet de cent dollars, vous seriez surpris de voir le
nombre de personnes qui ne ramasseraient que le billet.
117
L’argent a pris dans le coeur de certains hommes
toute la place de l’amour de son prochain parce que le
pouvoir d’achat l’a viré en lui foutant un énorme coup
de pied dans le c-l.
Si l’argent n’a pas corrompu tous les hommes,
c’est parce qu’il reste de la foi et de l’humanité dans le
coeur de ceux qui savent avec certitude qu’aucune
tombe ne possède de compte bancaire. Et que seule
nos actes finiront par nous accompagner.
Barack grimaça de gêne…
118
119
Si la vérité blesse, les mots affutés
peuvent faire des hémorragies
(Quand l’argent devient la gangrène des coeurs)
Frustré et honteux de sa proposition, il
s’empressa de retenir Stan pour qu’il ne puisse rien
dévoiler à sa fille :
« Stan attendez ! Ne partez pas ! »
« Ecoutez-moi bien.
Les sentiments que j’ai pour votre fille sont hors
de prix.
Apprenez que le bonheur ne se vend pas.
Sachez que tout l’argent que vous possédez et que
vous vouliez me donner ne vaut même pas un seul
regard de Malia.
Mais cela vous ne pouvez pas le comprendre,
tellement la chair de votre coeur s’est endurcie jusqu’à
être devenue plus dure que le métal d’une planche à
billets.
Parce que le statut de pantin du cercle des
120
mondialistes que vous avez accepté, vous a mené à
penser que l’on est quelqu’un qu’en fonction des biens
matériels que l’on peut disposer.
L’argent a détruit tellement votre morale, que
vous vous vous êtes rendu totalement oisif et passif du
rouage d’un système puritain où les officiers de police
de votre pays ont eu la permission de tuer
impunément.
Et où les classes sociales les plus pauvres ont été
totalement laissées à l’abandon.
Qu’ils sachent que tous ceux qui nous prennent
pour des cibles, trouveront face à eux des gâchettes ! »
Barack regarda Stan fou furieux comme si il
souffrait d’une opacification du cristallin de l’oeil.
En disant la vérité Stan avait fait grimacer Barack
de dégout, comme si il venait de boire un litre de
vinaigre cul sec mélangé à de l’urine de chameau.
Alors que Stan allait partir à la vitesse d’une balle
sortant d’un canon d’une arme de première catégorie,
Barack agrippa le bras de Stan pour le retenir :
« Attends !
Laisse-moi te dire ce que je pense de ta conduite.
J’apprécie le fait que tu n’ais pas accepté l’argent
pour délaisser ma fille. A vrai dire cela me surprend
beaucoup venant de quelqu’un qui a pu grandir dans
la pauvreté.
Pourquoi !?
J’étais pourtant persuadé que tu mordrais à
l’appât.
121
Tu me laisses sans voix.
J’aimerai que tu répondes à la question que je vais
te poser, en supposant que je fasse mine d’avoir
accepté pour ne pas décevoir ma fille : Où comptezvous
habiter ensemble lorsqu’elle aura atteint sa
majorité d’ici quelques temps ? »
« Là où je vis actuellement, auprès de ma
famille. »
« Où ça ??! Dans le South Bronx ? »
« Oui, chez ma tante, le temps que nous trouvions
par la suite notre appartement. »
« Non ! Non ! Et non !
Jamais je ne laisserai ma fille dans un quartier
aussi indigent et miteux qui ressemble à une
maussade décharge publique !! »
« Je peux comprendre votre point de vue.
Mais la vraie question à laquelle vous devez
répondre est : Pourquoi ce genre de quartiers aussi
loqueteux et sordides existent encore ? »
Barack bafouilla en cherchant désespérément une
réponse qui n’arrivait pas à sortir de sa bouche au
point qu’il se tordait les lèvres par nervosité.
Au moment où Stan s’apprêta à repartir de
nouveau, Barack excédé, capitula, acceptant d’avoir
perdu définitivement la partie du jeu.
« C’est bon Stan. Tu as fini par gagner en ayant
été beaucoup plus rusé et futé que moi. »
Stan méfiant répondit :
« Il y a un dicton chez nous qui dit :
122
Offre un gilet par balle à celui qui dit la vérité, car
cela pourra peut-être lui sauver la vie de ceux qui
n’ont pas supporté l’entendre.
Quelle confiance pourrais-je avoir en vous après
avoir su qui vous êtes ? »
Barack rigola amèrement :
« Ce n’est pas l’envie qui me manque de vouloir te
faire flinguer.
Seulement je vais te dire ce qui m’en empêche,
c’est que je crains fortement que ma fille ne puisse
jamais me le pardonner un jour si elle devait
l’apprendre. »
« Il est vrai qu’elle n’aurait pas à chercher bien
loin le commanditaire de mon meurtre. »
Barack observa un moment de réflexion et fit une
deuxième proposition à Stan :
« Après avoir réfléchi, j’ai décidé de t’offrir la villa
que tu souhaites pour vivre avec Malia dans le plus
parfait anonymat. »
Stan sorti son épingle du jeu car il savait que quoi
qui arriverait, il avait gagné la partie :
« Non attendez !
Je ne peux pas partir du Bronx sans Hachim et
Karim.
J’accepte votre offre, seulement à condition que
vous m’offrez trois villas côte à côte. »
« Trois villas ?
Mais je ne vais pas acheter une maison à tout ton
quartier ! »
123
« Monsieur, j’ai fait la promesse à ces deux
personnes que nous habiterions toujours cote à cote
pour veiller les uns sur les autres.
Permettez-moi de décliner votre offre, si elle ne
s’applique pas pour trois villas.
Si vous acceptez, je vous garantis que vous
n’entendrez plus parler de nous.
Dois-je vous précisez que ces deux autres
personnes sont au courant des données qui se
trouvaient dans votre ordinateur ? »
« Il y a une île d’environ seize hectares dans
l’archipel d’Exhuma aux Bahamas.
Je pense que là-bas je trouverai trois villas qui
seront côte à côte.
Pour cela je ferai le nécessaire à condition que ta
mémoire oublie complétement ma première offre.
Et que tout ceci reste secret entre nous.
Je sais qu’elle aurait terriblement de mal à me
pardonner si elle apprenait ce que j’avais pu te
proposer. »
Stan réfléchit et hocha légèrement la tête.
Son intégrité inégalable avait fait passer à Barack
que la dignité doit se tenir à l’abri de toute souillure…
124
Ne jamais laisser partir le bonheur,
vous risquerez de ne pas savoir
où il peut se perdre
(Savoir le retenir à temps)
Le bonheur est palpable et ne doit jamais devenir
un courant d’air qui vous laisse amèrement entendre
votre porte claquer, indiquant qu’il s’en est allé…
Habituellement, c’est presque toujours la même
rengaine.
Les mêmes hommes politiques, charognards,
gypaètes remplis de vices, qui abusent de leurs
pouvoirs sur les plus pauvres souvent quelques mois
après leurs holdups électoraux, finissent leurs
carrières d’escrocs par se faire oublier du monde pour
ensuite se la couler douce les pieds en éventail
quelque part sous le soleil en compagnie de filles aux
moeurs très légères.
Mais cette fois-ci, il s’agissait de trois jeunes têtes
brulées du South Bronx qui avaient réussi à inverser la
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donne en se faisant astucieusement payer l’une des
plus belles villas, chacune au large des Bahamas.
Une belle histoire de trois jeunes que l’adrénaline
a rassemblés et que l’argent n’a pas réussi à séparer.
Stan, Karim, et Hachim étaient restés soudés aussi
bien dans la pauvreté que dans l’opulence.
La vie est souvent comme les entailles de
blessures profondes. On en garde à jamais les
marques de nos souffrances.
Mais elles finissent avec le temps par se refermer.
Si on n’oubliera jamais là où on a grandi, on ne
pouvait pas ne pas avoir d’autres désirs que de vouloir
partir…
Certains souvenirs restent intacts et me rappellent
encore les instants de folie de ma première surcharge
d’adrénaline.
Un quai de métro bondé de gens à la station
Jackson Avenue à une heure de pointe de la ligne 5.
Une ligne bien connue pour les habitués des
transports new-yorkais.
Je revois le visage de Karim sur le quai d’en face,
appuyer sur le bouton de sa caméra et filmer dans ma
direction.
À ce moment, mes pulsations cardiaques
s’agitaient, mais dans mon esprit je devais traverser
l’obstacle de ma peur, tout cela pour prouver aux
autres que j’étais capable d’une chose qu’ils ne feraient
jamais.
Lorsque Hachim m’a fait un signe pour me
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donner le top du départ, j’ai vu le métro se rapprocher
de plus en plus. Il était trop tard pour faire marche
arrière.
En voyant la lumière de ses phares qui apparut
pour arriver en gare, je me souviens avoir pris mon
élan pour courir à vive allure et sauter pour rejoindre
l’autre bordure du quai.
Le chauffeur du métro freina brutalement et les
gens autour se mirent à crier de frayeur, pensant
directement à un suicide :
« Aaaahhhhh ! »
Une fois atterri de l’autre côté du quai, après un
saut impressionnant et périlleux propulsé par une
détente époustouflante qui vous retire tous les mots
de votre bouche, Karim et Hachim se mirent à rigoler
en me voyant réussir mon saut de la mort.
Ils s’exclamèrent :
« C’est dans la boîte Stan ! Tu vas faire un buzz de
dingue mon petit sal-ud !
Mieux vaut pas traîner, filons ! »
Au même moment sur le quai d’en face, une
équipe de police nous avait repérés entre les vitres du
métro en gare…
Sans tarder, ils se mirent à notre poursuite pour
nous courir après, sur environ cent mètres.
Pas d’autres choix que de cavaler rapidement en
bousculant tous ceux qui gênaient notre passage.
En sortant de la station Jackson Avenue, Karim
trébucha sur le bord d’un trottoir et roula sur la route
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en manquant de passer sous les roues d’une voiture
qui freina au dernier moment.
A son volant, se trouvait une jeune fille Indienne,
paniquée par la situation, et dont la conduite laissait
deviner qu’elle venait d’avoir son permis.
En s’arrêtant brusquement, elle ouvra sa vitre
pour demander à Karim si tout allait bien :
« Est-ce que ça va ? »
Hachim s’approcha de la voiture et eut l’idée folle
d’ouvrir sa portière pour lui dire que nous étions
poursuivis par des malfrats déguisés en faux policiers.
La jeune femme naïvement accepta tout de suite
de nous prendre et de nous laisser juste devant notre
quartier.
C’est lorsqu’elle arriva à destination pour nous
déposer qu’elle comprit trop tard, en nous voyant rire
les larmes aux yeux, que nous lui avions raconté une
histoire à dormir debout.
Des amis sans bienveillance à votre égard, c’est un
peu comme un flingue que vous dissimulez sur vous,
en possédant un chargeur sans balle.
Vous pensez avec certitude que vous pouvez
compter sur lui en cas d’embrouille.
Mais c’est seulement qu’après avoir pressé la
détente que vous vous rendez compte que votre
chargeur est vide.
Dieu merci Hachim et Karim ont toujours veillé
sur moi.
Comment aurais-je pu partir sans eux ?…
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Lorsque je leur ai annoncé la nouvelle qu’ils
allaient quitter le quartier pour une nouvelle vie, je
savais qu’ils n’allaient pas me croire jusqu’à ce qu’ils
voient les billets d’avion en première classe réservés à
leurs noms pour les Bahamas.
Une sorte d’exultation à retardement.
Comme si tout cela était trop beau pour être vrai…
Un matin, un oncle m’a dit au cours d’une
discussion en visitant sa soeur dans le quartier du
Bronx :
« Avoir su éduquer un homme est beaucoup plus
dur que d’en abattre un.
Surtout dans une époque où le crime fait recette,
et où le pouvoir d’achat vous incite à mettre votre
doigt sur la gâchette pour vous offrir tout ce qui peut
se vendre de plus cher. »
En partant, je savais sciemment que je verrai autre
chose que la misère sociale inévitable de mon
quartier.
La violence ressemble au fil d’un élastique qui
revient toujours sur vous pour finir par vous claquer
dans les doigts.
Quand la rue devient la nourrice des plus jeunes,
attendez-vous à ce que leurs violences soient ultra
précoces.
Il y avait dans mon immeuble la fille d’un
trafiquant d’armes iranien.
Elle devait avoir sept ans et ne sortait presque
jamais.
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Ses journées étaient rythmées par le fait de voir
des gens louches débarquer pour venir s’enfourailler
pour protéger leur business.
Un jour, des acheteurs sont venus chez lui pour
négocier le prix d’une dizaine d’armes de guerre.
Mais au final, la transaction a froidement avorté.
Les prix ne convenaient pas aux acheteurs.
Un des caïds qui se trouvait parmi eux a
commencé à parler avec vulgarité car mécontent des
prix qui leurs avaient été proposés :
« P-tain tes prix sont complétement
déraisonnables pour le marché mec !
Fais un effort, baisse un peu !
On paye en cash et tout de suite !! »
L’Iranien mit un terme à la négociation.
Il refusa en ne voulant pas descendre ses prix et
leur demanda de sortir voyant qu’il n’allait conclure
aucune affaire avec eux.
Avant de sortir, un des hommes furieux se mit à
bruyamment racler le fond de sa gorge pour lui
cracher dessus :
« Tu peux garder tes armes sale fils de p-te ! »
Les portes étaient si fines que j’ai pu tout
entendre.
La fillette saisit un pistolet mitrailleur qui leur
avait été présenté pour tous les cribler de balles.
Son père s’est mis à crier :
« Nooonn !!! »
Une fraction de seconde lui a suffi pour regretter
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d’avoir habitué sa fille à côtoyer les armes.
Seulement il était trop tard…
Les enfants reproduisent souvent ce qu’ils
peuvent voir.
On rapporte que l’homme s’est retrouvé chez lui
avec quatre cadavres en ne sachant quoi faire.
S’il avait appris à sa fille autre chose que la
violence, les choses se seraient passées sûrement
différemment.
Le matin où Stan quitta New-York, il passa chez
la famille d’accueil où avait été placée cette gamine
afin de lui remettre toutes ses économies.
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D’un ghetto vil à une villa près
d’une plage de sable fin d’une
des plus splendides iles
(Un rêve plus long que le temps de son sommeil)
Si Stan a quitté, un matin pluvieux, son quartier
du South Bronx avec un très large sourire, c’est sans
aucun doute parce qu’il a réussi à en partir dignement
en ramenant avec lui tous ceux qui ont réussi à
pouvoir un jour lui redonner le morale et la joie.
Une amitié sincère et bienveillante de trois
gamins ayant grandi dans un quartier ou personne ne
souhaiterai se voir attribuer un logement.
La veille, Stan avait invité Karim et Hachim dans
un restaurant somalien du South Bronx.
Il a commencé au milieu du repas à aborder le
sujet délicat qu’il allait quitter définitivement le
quartier pour vivre avec Malia :
« Beaucoup de choses ont changé cette semaine.
Le père de Malia a fini par accepter que nous
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vivions ensemble, après la pression que sa fille lui a
mis. »
« Ah bon ?! Félicitations Stan !
Nous t’avions bien dit que tout cela allait
s’arranger.
Donc elle va vivre chez ta tante c’est bien ça
Stan ? »
« À vrai dire non.
Son père n’est pas d’accord pour quelle habite
dans un quartier comme le South Bronx.
Après plusieurs heures de discussion, il m’a
proposé de m’acheter une villa aux Bahamas pour
vivre dans la discrétion avec sa fille.
Il ne veut pas trop que notre union se sache. »
« P-tain quelle chance !
Je suis hyper content pour toi, même si tu vas
laisser un énorme vide dans le quartier.
Tu pars quand Stan ? »
« Demain, vers 11 heures »
« Demain !?! Me-de !
Il ne nous reste que quelques heures pour rester
avec toi. »
« Non ! Il ne vous reste que quelques heures pour
préparer vos bagages car vous allez venir vivre avec
moi ! »
Karim et Hachim se mirent à se regarder en
disant à Stan en même temps :
« Si tu déconnes Stan c’est vraiment pas drôle ! »
Stan sortit de sa veste deux billets d’avion en
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première classe à leurs noms et les jeta sur la table
comme un brelan d’as :
« Ce qui va être drôle c’est quand vous allez
découvrir la surprise qui vous attend là-bas.
Pour une partie de plaisanteries, ce n’est pas avec
votre fraternité que je me le serais permis. »
Karim et Hachim n’en crurent pas leurs yeux.
Pourtant il s’agissait bien de la réalité.
La ténacité a capturé vos rêves pour qu’ils ne
deviennent pas les souvenirs d’un instant parti.
Si vous savez les retenir comme Stan jusqu’à ce
que vos paupières s’ouvrent et jusqu’à ce que l’aurore
chasse lentement le crépuscule, alors vos horizons
seront assurément les plus beaux…
N’attendez jamais votre part du gâteau, mais juste
faites l’effort d’apprendre sa recette.
Quand la misère nous a toujours appris la beauté
du partage, il sera toujours plus aisé pour nous de
refuser l’invitation de la laideur de l’individualisme, le
jour où pourra venir la fortune…
Puisque le bonheur est imprévisible. Soyons juste
prêts à le saisir à temps.
Les emmerdes sont aussi imprévisibles. Soyons
toujours prêts à nous casser avant…
La course à l’adrénaline.jpgffffffffffffffffffffffLa course à l’adrénaline11126437_1634769873428045_1544739818_nDu bitume du ghetto
aux plages de sable fin d’une
des plus splendides îles
(Un rêve plus long que le temps de son sommeil)
Le plus drôle dans l’histoire de ces trois écorchés
vifs c’est que la ligne d’arrivée de leurs courses à
l’adrénaline s’est terminée par une vie des plus
paisibles et reposantes, et plus précisément sur l’une
des plus belles îles au Monde.
Lorsque l’on nait les tympans crevés par les
sirènes de police, on ne peut que rêver de mourir en
silence sur une plage à l’abri du monde, en écoutant le
bruit des vagues…
« La panacée pour ne jamais mettre en ruine le
respect de vous-même, ne viendra seulement que si
vous faites tout pour conserver vos principes et ne
jamais détruire les fondations de votre dignité… »
Boël Souleymane
Fin

Extrait du livre « le portail d’une dépression » (l’asile de la surconsommation ) de Boel Souleymane

housse-et-oreillers-louis-vuitton11126437_1634769873428045_1544739818_nob_08c898_11046283-1622157658022600-64979026087511418637_1631570013748031_2022125824_n667007--cocaine-330x200

Le psychiatre stupéfait m’interrogea sur comment j’avais réagi le lendemain en apprenant la nouvelle:

«Mr Bradd Qu’avez-vous ressenti de ne pas avoir pu sauver cet homme ? »

« Un échec est toujours difficile.

Mais je suis quand mais je suis quand même retourné au travail dès le lendemain car j’étais encore en période d’essai »

« D’autre appel marquant vous vienne à l’esprit comme ceux que vous vous avez pu précédemment évoqué ? »

« Oui ! Celui d’un flic travaillant au 36 rue quai des orfèvres souhaitant épancher sa dépression au bout du fil »

« Prévention suicide bonsoir »

Un homme fortement essoufflé était au bout du fil faisant frire le combiné par un souffle entrecoupé

« J’aimerai parler à quelqu’un s’il vous plait »

« Oui je vous écoute. Vous pouvez rester anonyme si vous le souhaitez»

« Cela ne m’embête pas de vous dire qui je suis.

Mon nom est Ciota Laurent j’ai travaillé deux ans en tant qu’inspecteur des stups à Paris après avoir été déchu de mes fonctions

Il y a trois mois j’ai été soupçonné d’avoir fait sortir 91 kilos de cocaïne d’un bureau de la pj du 36 qui y avaient été placés sous scellés. .

Nous étions plusieurs à marcher dans la combine.

Seulement moi seule a été mis en cause et entendus par l’IGPN.

Le soir du vol des dealeurs avec qui l’on avait l’habitude de bosser avaient besoin d’un réapprovisionnement d’urgence après qu’un de leurs go- fast ce soit fait arrêté après une filature.

Alors ils m’ont proposé de les livrés pour compenser l’arrivage perdu de leurs marchandises.

Faute de preuve j’ai été relâché mais déchu de mes fonctions.

Mon train de vie a complétement changé j’avais l’habitude de faire des gros chiffres, avec la couverture de tous ceux qui marchaient dans la combine.

Mais tout est redescendu comme un phallus qui est arrivé au bout de son plaisir.

J’ai rendu mon arme de service mais il m’en reste encore une.

Je ressens le besoin de partir. »

Alors que l’homme s’apprêtait à commettre un suicide au bout du fil un de ses enfant s’est réveillé et a ouvert la porte en voyant son père s’apprêtant à glisser le bout du canon dans sa bouche.

En voyant son fils il est redevenu raisonnable et le drame a pu être évité. Six mois après il a été descendu par des anciens collègues qui prirent peur qu’il ne révèle tous ce qu’il savait au bœuf-carottes.

 

 

 

 

 

Extrait du livre « les frontières de l’éspoir » (Gang Unit) de Boel Souleymane

Résumé
Antonio Tollamo a tout juste dix-huit ans et a vécu toute sa vie dans un infâme bidonville crasseux : une décharge sauvage de plomb empoissonnée par les déchets toxiques d’une zone industrielle de la ville de Tijuana au Mexique.
Tout juste située à la frontière américano-mexicaine…

De sa jeunesse, il n’a été que le témoin de règlements de comptes sanglants entre cartels de la drogue, et de mortalités infantiles dues à des maladies inconnues causées par une rivière intoxiquée ramenant les déchets d’usines étrangères pour profiter de la main d’œuvre bon marché.

Pour lui, son avenir ne peut plus être lié à des effluves toxiques. Mais traverser la frontière américano-mexicaine est une épreuve à hauts risques…

 

 

 

Lorsque la corruption et la pauvreté ne vous
donnent pas le minimum de vos droits en termes de
santé, d’éducation et de situation sociale.
Beaucoup font le choix de partir loin d’où ils ont
pu grandir et où ils ont fait leurs premiers pas.
J’ai la conviction que si les valeurs humanistes
étaient un animal, elles seraient le tigre du Bengale,
car comme lui, elles sont une espèce en voie de
disparition.
L’encouragement à la reproduction de ses
principes et valeurs est capital, avant qu’ils ne
deviennent plus que les souvenirs d’une autre époque.
Entre 2009 et 2010 l’administration d’Obama à
vendu des milliers d’armes lourdes aux cartels de la
drogue mexicains les plus ultra-violents au cours
d’une opération secrète baptisée « Fast and Furious »
pour piéger des trafiquants de drogue.
Engendrant une violence sanglante qui a
certainement très favorisé les flux des migrants
mexicains vers l’Amérique de part toutes ses armes
lourdes entre de très mauvaises mains.
Un chef d’Etat ayant d’ailleurs toujours été depuis
son mandat toujours plus proche des dîners des
mondialistes, qu’à l’écoute du mal-être des déshérités
de son pays.
Laissant les Afro-Américains à l’abandon, dans la
pauvreté et la difficulté à pouvoir accéder aux soins
tous en étant confronté quotidiennement à la violence
des gangs.

Déja disponible sur www.fnac.comob_ab6caf_picture-10479-1418049216 (2)

Extrait du livre « le portail d’une dépression » (l’asile de la surconsommation)de Boel Souleymane

Résumé du livre : «Le portail d’une dépression »
Après avoir peu scrupuleusement falsifié les pré requis de ses compétences sur son cv ayant ajouté les connaissances de ses bases en psychologie après une rencontre avec une inconnu sur Paris en réalité  inexistantes pour tenter de s’en sortir à payer les pensions alimentaires de ses deux divorces.
Hector Bradd fini par accéder à un poste d’opérateur téléphonique au sein d’un centre d’appels de prévention au suicide pour les personnes dans le besoin d’écoute. Afin d’enlever leurs idées de passer à l’acte .A peine avoir commencé cette nouvelle activité salariale qu’il pense déjà à une rapide reconversion professionnelle. Déplu de prendre à la chaine mes appels à l’aide des personnes dépressifs qui lui dresse un portrait abjecte de la société actuelle. Tout va réellement se durcir lorsqu’il va prendre l’appel d’un supérieur en étant au bord du suicide. Un seul mensonge peut vous mettre dans le pire des embarras.

 11046283_1622157658022600_6497902608751314882_ndnews-files-2013-02-guns-suicide-660-jpg
Je pensais  être psychologiquement assez  solide  en rejoignant le Centre d’écoute de « suicide prévention »  Mais si je l’avais été,  je ne me serais jamais retrouvé face à vous dans cet hôpital psychiatrique. Des appels difficiles à recevoir dès le premier, après une brève  formation par la  » double écoute « .Pas évident  de dissuadé des  hommes qui vous appel de chez eux avec un flingue sur la tempe de réussir à trouver les bon mots alors que les chuchotements de notre société moderne les convie à pressé la gâchette.
Un footing dans un terrain de mines voilà à quoi ressemblait ce job cimenté par des situations menaçantes et déstabilisantes chronique à chaque sonnerie ou un candidat au suicide était au bout du fil :
Je me rappelle du dialogue de mon premier  appel comme si s’était hier :
« Prévention suicide bonsoir »
« Allo bonsoir j’aimerai savoir si vos appels sont enregistré ? Car j’ai décidé  de commettre un suicide en directe avec une personne en ligne pour lui expliquer en détail avant les raisons de mon geste »
« Tous nos appels sont enregistré je suis là pour vous aider à surmonté vos angoisses.
Dites-moi ce qu’il ne va pas ? »
« Je m’appelle Guy lagarigue j’ai travaillé douze ans pour le gouvernement français  je faisais parti d’ un des hommes des réseaux d’influence et des mécanismes politiques, économiques et militaires qui lient la France à ses anciennes colonies en Afrique. Je ne suis qu’une merdre !
Mon passé n’est qu’excrémentielle.
Ma vie se résume à avoir fabriqué des instabilités aux seins de  pays  Africain aux richesses si mal partagées pour le service des entreprises phares de l’Hexagone.
La semaine dernière je me suis fait renverser par un chauffard alors que j’allais voir un amis ayant travaillé pour le ministère publique des finances.
La seule personne qui m’a aidé était un Africain travaillant pour la mairie de Paris.
Depuis ce jour  les actes de mon passé me hante et je n’arrive plus à vivre avec  le fardeau des atrocités que  j’ai pu faire  »
« Très intéressant ! Ne pensez-vous  pas que si vous vous  tuez maintenant vous n’aurait pas eu le temps de vous racheter en dénonçant  les mécanismes des maillons dont vous avez fait partie ?
Laissant une famille en deuil avec la bande sonore de son suicide»
« Que feriez-vous à ma place ? »
« Pourquoi n’écrieriez-vous pas  un livre sur les mécanismes occultes dont vous avait fait partie ? »
« Mais c’est dangereux ils pourraient me tuer ? Ou s’en prendre à ma famille ? »
« Donc vous préférez vous suicidez en laissant les choses se répété  Mr Lagarigue ?»
« Je ne sais plus. Je pense que vous avez raisons je vais me mettre à écrire mon autobiographie »
 

extrait du livre « le portail d’une dépression » (l’asile de la surconsommation)
sortie courant 2016 inchaa ‘Allaah